Cumul emploi-retraite : ce plafond à 7 000 € en 2027 pourrait signer la fin des vrais avantages si vous ne partez pas avant le 31 décembre 2026
À partir de 2027, le cumul emploi-retraite sera bien moins généreux pour ceux qui liquideront leur pension après cette date. Qui peut encore profiter des règles actuelles en agissant avant le 31 décembre 2026 ?

Pour beaucoup de futurs retraités, le cumul emploi-retraite était devenu une manière discrète mais efficace de gonfler ses revenus sans trop de contraintes. À compter du 1er janvier 2027, le dispositif va changer de visage : nouveaux plafonds, écrêtement des pensions, fin de certains droits pour ceux qui retravaillent avant 67 ans. De quoi se demander si les avantages n’ont pas tout simplement vécu.
Le changement est inscrit dans l’article 102 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, avec un principe simple : à partir de 2027, le cumul emploi-retraite 2027 sera piloté uniquement par l’âge, avec un plafond évoqué autour de 7 000 € bruts par an entre l’âge légal et 67 ans. Une réforme présentée comme non rétroactive, qui crée une frontière nette entre ceux qui liquideront leur retraite avant le 31 décembre 2026 et les autres.
Cumul emploi-retraite : ce que permettent encore les règles actuelles
Dans le système actuel, le dispositif se décline en deux régimes. Le plus recherché reste le cumul intégral : dès lors que le retraité a atteint l’âge légal de départ, validé la durée d’assurance requise pour le taux plein et liquidé toutes ses pensions de base et complémentaires, il peut reprendre une activité sans aucun plafond de revenus. Son salaire vient alors simplement s’ajouter à sa pension, comme c’est le cas aujourd’hui pour environ 600 000 personnes.
Quand ces conditions ne sont pas toutes réunies, le retraité se retrouve dans le cumul plafonné. La caisse compare 1,6 fois le Smic à la moyenne des derniers salaires et retient le montant le plus favorable. En cas de dépassement, le surplus est déduit de la pension, euro pour euro. Depuis la réforme de 2023, ceux qui sont au cumul intégral peuvent en parallèle acquérir une seconde pension, plafonnée à 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 2 403 € bruts par an en 2026, à condition d’en faire la demande.
Cumul emploi-retraite 2027 : un plafond à 7 000 € et trois cas de figure
Pour les personnes qui liquideront leurs droits à partir du 1er janvier 2027, la logique change. Avant l’âge légal (carrière longue, inaptitude…), chaque euro de revenu d’activité sera retranché de la pension : un retraité avec 2 000 € bruts de pension et 1 000 € bruts de salaire verrait sa pension ramenée à 1 000 €, pour un revenu total inchangé. Entre l’âge légal et 67 ans, le cumul restera possible, mais dans la limite d’un plafond annuel annoncé autour de 7 000 € bruts par an.
Au‑delà de ce plafond, la moitié du dépassement serait soustraite à la pension. Dans l’exemple repris par Que Choisir, un retraité percevant 2 000 € bruts de pension et 1 000 € bruts de salaire, soit 12 000 € annuels de nouveaux revenus, subirait une réduction de pension de 2 500 € bruts par an si le plafond est fixé à 7 000 €. Autre changement discret mais lourd : entre l’âge légal et 67 ans, les cotisations versées sur ces revenus ne donneraient plus droit à une seconde pension. Le cumul intégral, avec création de nouveaux droits, ne redeviendrait possible qu’après 67 ans.
Cumul emploi-retraite : que faire avant le 31 décembre 2026 ?
La réforme ne s’appliquera qu’aux personnes qui feront valoir leur première pension de base à partir de 2027. Ceux qui sont déjà retraités, ou qui liquideront leurs droits avant le 31 décembre 2026, conserveront donc les règles actuelles : possibilité de cumul intégral dès l’âge légal avec taux plein, et accès à la seconde pension dans ce cadre. Les assurés en carrière longue, qui perdaient avec la réforme leur privilège de cumul intégral avant 67 ans, figurent parmi ceux qui ont le plus intérêt à rapeller leur calendrier de départ.
Les experts en retraite mettent en avant plusieurs pistes : vérifier si un départ en 2026 est possible, envisager un rachat de trimestres pour atteindre le taux plein, ou, si ce n’est pas jouable, préparer une autre stratégie (retraite progressive, activité réduite pour rester sous les futurs plafonds). « Attention toutefois à réagir rapidement car les délais administratifs pour les rachats de trimestres sont toujours très longs », a souligné Pascale Gauthier, directrice associée chez Novelvy retraite, citée par Que Choisir.
- Faire un bilan précis de vos droits pour savoir si une liquidation en 2026 est envisageable.
- Étudier le coût d’un rachat de trimestres au regard des revenus que permettrait un cumul intégral sans plafond.
- Si un départ avant 2027 est exclu, anticiper le futur cadre en calibrant vos revenus d’activité ou en regardant la retraite progressive.
En bref
- À compter du 1er janvier 2027, de nouvelles règles de cumul emploi-retraite s’appliqueront selon l’âge, avec un plafond annuel autour de 7 000 € entre âge légal et 67 ans.
- Ces règles rendent le dispositif beaucoup moins avantageux avant 67 ans, avec écrêtement des pensions, fin de la seconde pension sur cette tranche d’âge et impact fort pour les carrières longues.
- Liquider ses droits avant le 31 décembre 2026, racheter des trimestres ou viser d’autres solutions comme la retraite progressive devient une stratégie clé à examiner sans tarder.





