Hausse de TVA, micro-entrepreneurs ciblés, livrets en chute : ce qui vous attend en 2026 et comment protéger vos impôts et votre épargne

Par Paul Graph - Publié le

Le 9 décembre, l’État cherche des milliards et la hausse de la TVA 2026 s’invite dans le débat tandis que micro‑entrepreneurs et ménages français redoutent la facture. Entre impôts gelés et épargne en baisse de rendement, quels gestes restent à enclencher avant 31 décembre ?

Hausse de TVA, micro-entrepreneurs ciblés, livrets en chute : ce qui vous attend en 2026 et comment protéger vos impôts et votre épargne

Entre les annonces de déficit jugé abyssal, les recettes de TVA en berne et les signaux d’alerte sur le pouvoir d’achat, l’horizon fiscal de 2026 ressemble à un champ de mines pour les ménages comme pour les petites entreprises. La question qui revient partout : la France va-t-elle vraiment connaître une hausse de TVA en 2026 alors que les prix du quotidien pèsent déjà lourd sur le budget.

Au 9 décembre, une augmentation générale des taux n’est pas votée, mais elle reste une option sérieuse portée par le think tank Terra Nova, pendant que le Projet de loi de finances 2026 prépare une réforme bien concrète de la TVA des micro‑entrepreneurs et qu’un alourdissement global de l’impôt se profile. Et les chiffres donnent déjà le tournis.

Hausse TVA 2026 : ce qui est vraiment envisagé pour votre pouvoir d’achat

Terra Nova propose une solution radicale : augmenter la TVA, un impôt qui a rapporté 210,7 milliards d’euros en 2024. Une hausse uniforme d’1 point ferait bondir les recettes de l’État d’environ 11,4 milliards d’euros, et si seul le taux normal passait de 20 % à 21 %, le gain serait ramené à 7 milliards d’euros. Une étude de l’Insee montre pourtant combien cette piste frapperait plus fort les ménages modestes : un couple avec deux enfants verrait son niveau de vie reculer de 0,6 % si le taux normal montait à 23 %, l’impact grimperait à -0,7 % pour les 25 % les plus modestes, contre -0,4 % pour les 25 % les plus aisés.

Dans le même temps, les recettes de TVA 2025 sont nettement inférieures aux prévisions, avec un trou de 5 milliards d’euros pour l’État, et même de « 10 milliards » au total selon les oppositions, qui dénoncent une prévision jugée « trop optimiste« . Amélie de Montchalin a promis qu’un « rapport me sera remis, il sera rendu public » pour expliquer ces écarts. Pour la ministre, « Ce qu’il se passe sur la TVA c’est qu’il y a beaucoup d’épargne, donc moins de consommation, on le voit (…) Les petits colis qui arrivent de Chine complètement sous-valorisés engendrent une forte baisse de recettes de TVA, il faut qu’on arrive à le chiffrer », et « il y a toujours la fraude et aussi des gens qui optimisent », a indiqué Amélie de Montchalin sur LCI/Le Parisien, selon BFMTV. Pour y remédier, elle met en avant la « facturation électronique » obligatoire à compter de septembre 2026, présentée comme un outil de lutte contre la fraude.

Impôts 2026 et épargne : vos leviers face à la TVA et au budget serré

Dans le Projet de loi de finances 2026, aucune hausse générale des taux de TVA n’est inscrite, mais la vraie rupture se joue sur la franchise en base de TVA des micro‑entreprises. Le seuil de droit commun doit être relevé à 37 500 € de chiffre d’affaires annuel, avec un seuil spécifique maintenu à 25 000 € pour les travaux immobiliers. Surtout, la tolérance de dépassement sur deux ans disparaît : le passage au régime réel interviendra beaucoup plus vite, obligeant de nombreux auto‑entrepreneurs à facturer la TVA et à assumer de nouvelles contraintes comptables, tout en revoyant dès maintenant leur grille tarifaire.

Au delà de la TVA, le budget 2026 prévoit un gel du barème de l’impôt sur le revenu, c’est à dire des tranches qui ne suivent plus l’inflation. Même avec un salaire qui progresse seulement au rythme des prix, certains contribuables paieront davantage d’impôts, d’autres basculeront dans une tranche supérieure. Le gouvernement annonce aussi la suppression de 23 niches fiscales pour récupérer environ 5 milliards d’euros : disparaîtraient par exemple la réduction d’impôt pour frais de scolarité au collège, au lycée ou dans le supérieur, ainsi que l’exonération d’impôt sur les indemnités journalières perçues en cas d’affection de longue durée.

Face à ce durcissement, deux leviers restent accessibles pour alléger votre impôt 2026 si vous agissez avant le 31 décembre 2025. Les dons aux associations d’aide aux personnes en difficulté ouvrent droit à une réduction de 75 %, avec un plafond porté de 1 000 € à 2 000 € en 2026 dans le cadre du dispositif Coluche, tandis que les dons aux autres organismes d’intérêt général conservent une réduction de 66 %. Le Plan d’Épargne Retraite (PER) reste l’autre outil clé : vos versements sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite de 10 % de votre salaire net annuel, et l’avantage devient d’autant plus fort que votre tranche marginale d’imposition est élevée.

Dernier pilier dans ce contexte : l’épargne. Certaines banques en ligne affichent déjà une estimation de vos interets de fin d’année, mais pour connaître exactement ce que rapportent vos livrets réglementés, il faut appliquer la règle des quinzaines. L’argent déposé entre le 1er et le 15 du mois commence à produire des intérêts à partir du 16, un versement entre le 16 et la fin du mois ne rapporte qu’à partir du 1er du mois suivant, et un retrait fait perdre les intérêts de la quinzaine en cours sur le montant retiré. Depuis le 1er août 2025, les rendements ont reculé : le Livret A et le LDDS affichent 1,7 %, le LEP 2,7 %, avec une nouvelle baisse attendue en février 2026, alors que le PEL pourrait remonter à 2 % pour les plans ouverts en 2026, de quoi ajuster le placement de votre épargne en fonction de chaque support.

En bref

  • Au 9 décembre, la France fait face à un déficit public élevé, des recettes de TVA en retrait et un débat vif sur une possible hausse de la TVA en 2026.
  • Parallèlement, le budget 2026 combine réforme de la franchise en base de TVA, gel du barème de l’impôt sur le revenu et suppression de 23 niches fiscales.
  • Entre dons défiscalisés, versements sur PER et arbitrages d’épargne, plusieurs stratégies restent à actionner d’ici fin 2025 pour limiter l’impact sur votre budget.