Impôt 2026 : ce changement discret sur le PER (report à 5 ans, fin de la déduction après 70 ans) peut coûter cher ou faire gagner gros aux retraités

Par Paul Graph - Publié le

En 2026, une réforme discrète du Plan d’Épargne Retraite change la donne pour les contribuables proches de la retraite. Entre fin de la déduction après 70 ans et report des plafonds sur cinq ans, une fenêtre fiscale s’ouvre avant qu’il ne soit trop tard.

Impôt 2026 : ce changement discret sur le PER (report à 5 ans, fin de la déduction après 70 ans) peut coûter cher ou faire gagner gros aux retraités

Entre la déclaration de revenus 2025 et la préparation de l’impôt sur le revenu 2026, un changement discret touche le plan d’épargne retraite. La loi de finances pour 2026 rebat les cartes : elle modifie en profondeur la façon dont les versements sur un PER allègent l’impôt. Pour les ménages déjà retraités ou proches de l’être, ce tournant fiscal arrive au moment où la pression fiscale reste forte. Et derrière la suppression d’un ancien avantage se cache un mécanisme capable de peser lourd sur la facture finale.

La réforme met en effet fin à la déductibilité des versements après 70 ans, tout en allongeant le délai pour utiliser les plafonds de déduction non consommés. Jusqu’ici, ces droits étaient perdus au bout de trois ans ; à partir des plafonds générés en 2026, ils resteront mobilisables pendant cinq ans. Ce report prolongé devient un levier précieux pour ceux dont les revenus varient d’une année sur l’autre. Pour les retraités et futurs retraités, la marge de manœuvre se joue là.

Impôt 2026 : ce que change le nouveau report des plafonds PER

Le fonctionnement du Plan d’Épargne Retraite reste encadré par l’article 163 quatervicies du Code général des impôts. Chaque année, les versements volontaires sont déductibles dans la limite de 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, ou de 10 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale si ce calcul est plus avantageux. Pour les versements 2026 déclarés en 2027, le plafond minimum de déduction atteint 4 806 € et le maximum 38 448 €. Avant la réforme, toute fraction de cette enveloppe non utilisée disparaissait au bout de trois ans.

Selon Les Échos, « la possibilité de reporter les plafonds de déduction non utilisés est portée à cinq ans pour les plafonds générés à compter du 1er janvier 2026 », une règle qui permet de lisser les versements sur une période plus longue. Mais attention : ce report des plafonds PER à cinq ans n’est pas rétroactif, les soldes non consommés des années 2023, 2024 et 2025 restant soumis à la limite triennale. En pratique, seuls les droits nés à partir de 2026 profiteront de cinq années de vie fiscale, une souplesse appréciée des contribuables aux revenus irréguliers.

Retraités et futurs retraités : comment profiter des cinq ans de report PER

La contrepartie de cet assouplissement vise directement les seniors : depuis le 1er janvier 2026, tout versement effectué sur un PER après le 70e anniversaire ne donne plus droit à aucune déduction fiscale à l’entrée. Jusqu’alors, un retraité encore en activité, ou percevant de forts revenus fonciers, pouvait continuer à alimenter son contrat uniquement pour réduire son impôt. Désormais, les épargnants doivent anticiper leurs versements avant ce cap ; la stratégie la plus efficace consiste à utiliser les plafonds reportés en effectuant des dépôts conséquents dans les toutes dernières années précédant les 70 ans. L’avis d’imposition devient alors la feuille de route, puisqu’il recense année par année les plafonds encore mobilisables, à commencer par les plus anciens.

Un exemple chiffré montre l’impact de cette réforme. Un cadre au salaire brut annuel de 80 000 €, soit 72 000 € de revenu imposable après abattement de 10 %, dispose d’un plafond de déduction PER de 7 200 € par an ; en regroupant en 2032 cinq années de plafonds non utilisés, il peut déduire jusqu’à 43 200 € d’un seul coup. Avec une tranche marginale à 30 %, l’économie d’impôt dépasse alors 12 960 €, contre 8 640 € avec l’ancien système limité à trois années de report, soit plus de 4 300 € d’impôt en moins. Même à une échelle plus modeste, un couple déclarant 45 000 € de revenus annuels obtient déjà autour de 110 € de réduction en versant 1 000 € sur son PER, un levier interressant pour les retraités des tranches à 30 % ou 41 %.

En bref

  • Depuis la loi de finances 2026, le Plan d’Épargne Retraite voit ses règles de déduction évoluer pour les actifs et retraités proches de 70 ans.
  • Les plafonds PER non utilisés générés à partir de 2026 sont reportables cinq ans tandis que les versements après 70 ans ne sont plus déductibles, ce qui renforce l’intérêt des versements massifs avant cet âge.
  • Entre lecture attentive de l’avis d’imposition et plan de versements ciblés entre 60 et 69 ans, une stratégie fine peut encore transformer cette réforme en atout pour votre impôt.