PER : ce changement discret du budget 2026 peut vous faire économiser des milliers d'euros d'impôts si vous gérez bien vos plafonds sur 5 ans

Par Paul Graph - Publié le

À partir de 2026, le report des plafonds de déduction du PER passe discrètement de trois à cinq ans pour des millions de contribuables. Comment transformer cette règle technique en économies d’impôt sans rater le bon timing ?

PER : ce changement discret du budget 2026 peut vous faire économiser des milliers d’euros d’impôts si vous gérez bien vos plafonds sur 5 ans

Le plan d’épargne retraite vient de se voir offrir un coup de pouce fiscal discret mais potentiellement puissant. Avec le budget 2026, le gouvernement allonge la durée pendant laquelle vous pouvez utiliser vos plafonds de déduction non consommés, une règle technique qui peut, bien gérée, faire baisser sensiblement votre impôt sur le revenu sur plusieurs années.

Cette évolution touche au cœur du mécanisme du PER : la possibilité de déduire vos versements de vos revenus imposables, dans certaines limites, et désormais sur un délai de report plus long. Officiellement, le report passe de trois à cinq ans, mais avec des conditions et un calendrier précis qui rendent l’avantage moins immédiat qu’il n’y paraît à première vue.

PER : ce que change le nouveau report sur 5 ans

La nouveauté figure dans l’évolution de l’article 163 quatervicies du Code général des impôts : le délai de report de la déduction des versements réalisés sur un PER augmente de trois à cinq ans à compter des revenus 2026. Cette interprétation a été confirmée par la Direction générale des finances publiques. Concrètement, si vous ne consommez pas tout votre plafond de déduction une année donnée, vous disposerez de cinq ans, et non plus trois, pour l’utiliser via de futurs versements sur votre plan.

En revanche, la règle ne s’applique pas aux années passées. L’administration a acté le caractère non rétroactif du dispositif. La part non utilisée des plafonds de l’année 2025 reste donc reportable seulement sur trois ans, jusqu’en 2028, comme le rappelle aussi MoneyVox. À l’inverse, le plafond de déduction généré pour l’imposition des revenus de 2026 pourra être mobilisé pour augmenter celui des revenus 2027, 2028, 2029, 2030 ou 2031. D’où la mise en garde de Benoît Berchebru, directeur de l’Ingénierie Patrimoniale du groupe Astoria : « il ne s’agit pas d’un élargissement rétroactif », mais bien d’un « allongement du report futur », précise-t-il, cité par Capital.

Plafond de déduction du PER : comment fonctionne l’avantage fiscal en 2026

Le principe de base, lui, ne bouge pas. Avec un PER, vous pouvez déduire de vos revenus imposables de l’année N les sommes versées sur le plan, dans la limite de 10 % de vos revenus professionnels annuels. Pour 2026, Capital rappelle qu’un plafond maximal de 37 680 euros est fixé. Si vous versez moins que ce plafond, la fraction non utilisée constitue un stock de « plafond disponible » reportable sur les années suivantes, désormais jusqu’à cinq ans pour les plafonds générés à partir de 2026.

Les spécialistes soulignent que le dispositif devient surtout interéssant dans une logique de temps long. Le PER reste un outil privilégié pour les contribuables fortement imposés, puisqu’une déduction aujourd’hui signifie une baisse immédiate d’impôt sur le revenu. Mais l’allongement du report donne davantage de souplesse pour caler de gros versements sur les années où vos revenus – salaire, bonus, primes, bénéfices professionnels – seront les plus élevés. « L’effet concret de la mesure ne se fera sentir… que dans plusieurs années », explique « L’effet concret de la mesure ne se fera sentir… que dans plusieurs années », explique Benoît Berchebru.

PER : comment profiter concrètement du nouvel avantage fiscal ?

Pour transformer ce nouveau délai en économies d’impôt, la première étape consiste à faire le point sur vos plafonds disponibles. Ils figurent sur votre dernier avis d’impôt sur le revenu et dans votre espace personnel sur le site des impôts. L’idée est simple : repérer ce que vous n’avez pas utilisé en 2025 (encore soumis au report sur trois ans), puis ce que vous commencerez à accumuler à partir de 2026, cette fois avec un report sur cinq ans.

Ensuite, tout se joue dans le calendrier de vos versements. Un salarié qui anticipe une grosse prime, ou un indépendant qui connaît des revenus très fluctuants, aura intérêt à conserver une partie de ses plafonds « en réserve » pour les années où son revenu imposable grimpe. Le jour venu, il pourra concentrer un versement important sur son PER, en utilisant à la fois le plafond de l’année en cours et ceux reportés, afin de maximiser la baisse d’impôt.

Ce jeu de report profite aussi aux personnes ayant ouvert leur PER tard, ou proches de la retraite, qui disposent encore de quelques années pour rattraper le temps perdu. Sous réserve de rester dans les limites fixées par la loi, l’allongement du report de trois à cinq ans leur laisse plus de marge pour regrouper plusieurs années de plafonds et effectuer un versement conséquent juste avant de liquider leurs droits, tout en allégeant la facture fiscale de l’année concernée.

Enfin, beaucoup d’experts conseillent de garder un œil sur votre tranche marginale d’imposition avant chaque versement important. L’avantage du PER vient du fait que vous déduisez vos cotisations quand vous êtes dans une tranche d’imposition relativement élevée. L’objectif, avec ce nouvel avantage fiscal du report sur cinq ans, est donc d’utiliser vos plafonds les années où cette tranche est au plus haut, afin de tirer le meilleur parti de la souplesse offerte par le budget 2026.

En bref

  • À partir du budget 2026, le report des plafonds de déduction du plan d’épargne retraite passe de trois à cinq ans, sans effet rétroactif sur les années précédentes.
  • Ce nouvel avantage fiscal permet de déduire jusqu’à 10 % des revenus professionnels (plafond autour de 37 680 € en 2026) en étalant les plafonds non utilisés sur une période allongée.
  • Entre salariés à fortes primes, indépendants aux revenus irréguliers et épargnants proches de la retraite, quels versements cibler pour utiliser au mieux ces cinq années et alléger la facture d’impôt ?