LEP 2026 : ce changement de conditions d'accès pourrait bouleverser les choix d'épargne des Français

Par Paul Graph - Publié le

En 2026, les plafonds de revenus pour le LEP seront revalorisés, élargissant l'éligibilité. Pourtant, seulement 38 % des éligibles détiennent ce livret. Quel impact sur le comportement des épargnants ?

LEP 2026 : ce changement de conditions d’accès pourrait bouleverser les choix d’épargne des Français

Plus rémunérateur que le Livret A, le LEP 2026 revient au centre du jeu. Avec une rémunération annuelle de 2,7 % net, soit 1 point de plus que le Livret A, ce placement défiscalisé reste attractif. Environ 12 millions de personnes en détiennent un, alors que 19 millions y ont droit sans en avoir. Seules 38 % des personnes éligibles ont ouvert un LEP.

En 2026, les plafonds de revenus seront revalorisés avec le barème de l’impôt sur le revenu. Les nouveaux seuils ne sont pas encore officialisés, mais ils peuvent déjà être estimés après la hausse de 1,1 % votée à l’Assemblée. Le revenu à regarder est le RFR 2024 indiqué sur l’avis d’imposition reçu à l’été 2025. Et c’est là que tout peut bouger.

LEP 2026 : plafonds de revenus et conditions d’accès, ce qui change

Les plafonds 2026 devraient évoluer à la hausse. Pour une part de quotient familial, le seuil d’accès serait de 23 052 € de RFR. Pour deux parts, 35 494 €. Un couple avec un enfant, 41 331 €. Un couple avec deux enfants, 47 421 €. Un couple avec trois enfants, 59 778 €. Par demi part supplémentaire, ajoutez 6 151 €. Ces valeurs sont des estimations en attendant l’officialisation au 1er janvier.

Le LEP reste plafonné à 10 000 € de dépôts hors intérêts et ses intérêts sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. Point pratique souvent mal connu : si votre RFR dépasse le plafond une seule année, vous n’avez pas à le clôturer si votre revenu repasse sous le seuil l’année suivante. En parallèle, le différentiel de taux avec le Livret A et le LDDS demeure, ce qui maintient l’attrait du LEP pour l’épargne de précaution.

Quel impact sur le comportement des épargnants et leurs arbitrages

La revalorisation élargit mécaniquement le vivier de ménages éligibles. Des foyers au ras des seuils 2025 basculent dans l’accès en 2026, ce qui peut relancer les ouvertures parmis les éligibles encore non équipés. Le mouvement restera encadré par deux réalités : un taux qui a baissé ces derniers semestres, et un avantage qui subsiste avec 2,7 % net, soit 1 point au dessus du Livret A. Bref, l’incitation existe, surtout pour les budgets au seuil des nouveaux plafonds.

Côté détenteurs, le message est simple. Inutile de fermer un LEP après un seul dépassement annuel du plafond d’éligibilité. Une fois le plafond de dépôts atteint, les versements s’arrêtent mais les intérêts peuvent continuer à faire dépasser la limite. Pour l’arbitrage, les pratiques s’organisent souvent en paliers :

  • Compléter d’abord avec Livret A et LDDS pour l’épargne défiscalisée disponible.
  • Au delà des plafonds, envisager une assurance vie, un compte à terme, ou à plus long terme un PEA ou un PER selon l’horizon et le risque accepté.