Livret A à 1,5 % au 1er février 2026 : ce calcul glaçant sur les années pour doubler votre épargne, et l'avantage caché du LEP
Avec un Livret A ramené à 1,5 % au 1er février 2026, il faut désormais près de 48 ans pour voir 10 000 € devenir 20 000 €. Faut‑il accepter ce rythme ou réorganiser son épargne vers LEP, LDDS et assurance vie pour aller plus vite ?

Le 1er février 2026, le taux du Livret A va encore baisser : de 1,7 % il passera à 1,5 %. Dans le même mouvement, le Livret d’Épargne Populaire (LEP) reculera de 2,7 % à 2,5 %, tout en conservant un point de plus que le Livret A. Derrière ces décimales se cache une question très concrète : en combien d’années votre argent finit-il par doubler.
Pour un placement d’épargne de précaution, ce délai compte autant que le taux lui-même. Avec 1,5 % par an, le Livret A reste totalement liquide et défiscalisé, mais la mécanique des intérêts composés devient très lente. Jusqu’où exactement ? La réponse donne le vertige.
Livret A à 1,5 % : comment se calcule le temps pour doubler votre épargne
Pour estimer en quelques secondes au bout de combien d’années un capital double, les épargnants utilisent la règle de 72. Le principe est simple : on divise 72 par le taux d’intérêt annuel. Le résultat donne une approximation du nombre d’années nécessaires pour que le capital soit multiplié par deux, à condition que le taux reste stable et que les intérêts soient systématiquement capitalisés.
Appliquée au nouveau taux du Livret A à 1,5 %, cette règle donne 72 ÷ 1,5, soit environ 48 ans pour doubler son épargne. Un exemple concret permet de se rendre compte : 10 000 euros placés en 2026 finiraient par atteindre autour de 20 000 euros vers 2074, si le taux restait inchangé. Avec une inflation tombée à 0,8 % en décembre 2025, le gain de pouvoir d’achat reste limité, et un retour de la hausse des prix pourrait même grignoter ce maigre avantage réel.
LEP, LDDS, assurance vie, PEL : en combien d’années votre capital double-t-il ?
Face à cette lenteur, le Livret d’Épargne Populaire tient un tout autre rôle. À 2,5 % net à partir du 1er février 2026, la règle de 72 donne 72 ÷ 2,5, soit environ 29 ans pour doubler la mise, presque deux décennies de moins que le Livret A. Sur un horizon de 100 ans, 10 000 euros placés à 1,5 % atteignent 44 320 euros, contre 118 137 euros à 2,5 %. Ce n’est pas un hasard si François Villeroy de Galhau a décrit le LEP comme un « vrai produit, le plus avantageux, d’épargne populaire », a-t-il souligné, cité par franceinfo. Sans coup de pouce politique, la formule de calcul aurait même fait tomber son taux autour de 1,9 %, mais l’État a choisi de le maintenir à 2,5 % et de préserver un écart d’un point avec le Livret A.
Les autres placements sécurisés sont moins tranchés. Le LDDS est un clone du Livret A : même taux de 1,5 % et donc le même délai d’environ 48 ans pour doubler, simplement avec un plafond de 12 000 euros pour étendre son épargne de précaution défiscalisée. L’assurance vie en fonds euros vise un rendement autour de 2,5 % annoncé pour 2025/2026, mais ce chiffre est brut : après 17,2 % de prélèvements sociaux, le taux net tourne autour de 2,1 %, ce qui repousse le doublement à environ 34 ans. Pour le PEL nouvelle génération, le taux de 2 % brut tombe à 1,4 % net après flat tax de 30 %, soit près de 50 ans avant de doubler, plus long encore que le Livret A. Un épargnant éligible qui laisse 10 000 euros sur le Livret A plutôt que sur un LEP renonce déjà à plus de 1 000 euros d’intérêts en dix ans, ce qui rend ce choix franchement moins interressant.
Comment éviter d’attendre 48 ans : miser sur le LEP et ajuster sa stratégie
Le paradoxe, c’est que ce LEP reste encore sous-utilisé. Créé en 1982 « dans un contexte de forte inflation et de perte du pouvoir d’achat », rappelle la Banque de France, citée par franceinfo, il est réservé aux ménages modestes, avec des plafonds de revenus d’environ 22 823 euros pour une personne seule et 35 013 euros pour un couple imposé conjointement, ou 47 203 euros pour un couple avec deux enfants à charge. L’institution estime à 31 millions le nombre de personnes éligibles en 2024, mais seules 38 % en détiennent effectivement un, soit 11,9 millions de LEP. « Bien entendu, tous les contribuables ayant des revenus inférieurs au plafond sont éligibles, mais tous n’ont pas forcément une capacité d’épargne suffisante pour l’alimenter », précise l’organisme. Malgré la récente baisse de 2,7 % à 2,5 %, la perte annuelle reste limitée à 13,80 euros pour un solde moyen de 6 912 euros, et à 20 euros pour un livret au plafond de 10 000 euros.
Sur le terrain, la capacité d’épargne joue un rôle central. « Les personnes les plus modestes ont peu de capacité d’épargne, et donc peu de capacité d’ouvrir un LEP », a rappelé Philippe Crevel, cité par franceinfo. L’économiste pointe aussi un problème d’information : « La méconnaissance joue pour beaucoup : de nombreux foyers ne savent pas qu’ils peuvent avoir un PEL et qu’il est plus intéressant que le Livret A. Ils se contentent donc de la deuxième option », constate l’économiste. La Banque de France s’était pourtant félicitée en 2023 d’une « percée historique » du nombre de LEP ouverts, tout en estimant que « Les banques et les pouvoirs publics doivent poursuivre pour augmenter encore ce taux de détention au sein de l’ensemble de la population éligible », jugeait le gouverneur de la Banque de France. Le ministre de l’Économie Roland Lescure insiste lui aussi : « J’engage les Français qui sont éligibles, qui sont en dessous des conditions de revenus qui permettent d’y avoir accès (…), à se rapprocher de leur banque pour ouvrir ce type de livret », a-t-il déclaré, cité par franceinfo. Avec un LEP à 2,5 % offrant un rendement réel positif face à l’inflation et divisant presque par deux le temps nécessaire pour voir son capital doubler, la priorité pour les épargnants éligibles est claire avant de se contenter d’un Livret A à 1,5 % ou de son jumeau LDDS.
En bref
- Au 1er février 2026, le taux du Livret A passe de 1,7 % à 1,5 %, tandis que le LEP recule à 2,5 % tout en conservant un point d’avance pour l’épargne populaire.
- En appliquant la règle de 72, il faut environ 48 ans pour doubler son capital sur Livret A contre 29 ans sur un LEP, avec de forts écarts d’intérêts sur 10, 30 ou 100 ans.
- Entre inflation, intérêts composés et sous‑utilisation massive du LEP, l’article détaille quelles combinaisons de livrets et fonds euros permettent de gagner de précieuses années.





