L'épargne record des Français en 2025 : comment le budget 2026 va impacter vos placements et votre portefeuille
Avec un taux d'épargne record de 18,9 % en 2025, l'État vise les économies des Français pour financer le budget 2026. Quels changements pour votre épargne?

Un magot inédit, des arbitrages décisifs. Avec un taux d’épargne grimpé à 18,9 % au deuxième trimestre 2025, niveau pas vu depuis les années 1970, et un patrimoine financier cumulé à 6.430 milliards d’euros, les ménages pèsent lourd dans la copie du Budget 2026. Et leur bas de laine n’est plus un simple indicateur de prudence.
Entre recettes à sécuriser et priorités à financer, l’exécutif et les députés ciblent une épargne record via la CSG sur les revenus du capital, un impôt sur la fortune dit « improductive » et un fléchage vers des besoins stratégiques. Le détail change tout.
Budget 2026 : pourquoi l’épargne record des Français est visée
Le niveau d’épargne a bondi dans un climat de chocs successifs. Cette hausse est « imputable à la montée de l’anxiété en lien avec les chocs et crises qui s’accumulent (Covid, guerre en Ukraine, inflation, guerre au Moyen Orient, tensions géopolitiques, crise politique en France) », note Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, cité par BFMTV.
Où va cet argent aujourd’hui ? L’assurance vie reste en tête avec 2.084 milliards d’euros d’encours, devant l’épargne réglementée, dont le Livret A et le LDDS à 606,8 milliards en septembre 2025, et le LEP à 80,7 milliards. Les dépôts à vue atteignaient 748,3 milliards au premier trimestre 2025. Côté usage, 63 % des encours d’assurance vie étaient investis en titres d’entreprises fin juin 2025, 24 % en obligations souveraines. Pour les livrets A, LDDS et LEP, environ 60 % des fonds sont centralisés à la Caisse des dépôts, moitié prêts de long terme au logement social et à la politique de la ville, moitié titres de dette et actions. Dans le même temps, Bpifrance a lancé en octobre un fonds défense ouvert aux particuliers.
CSG, « fortune improductive », PER : ce qui peut changer pour assurance vie, PEL et placements
Dans le cadre du PLFSS, les députés ont voté une hausse de la CSG sur les revenus du capital, censée rapporter 2,8 milliards d’euros en 2026, estimée autour de 3 milliards par d’autres sources. Cette hausse se répercutera sur la flat tax. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a chiffré la suspension partielle de la réforme des retraites « évaluée à 300 millions d’euros pour l’année prochaine, et 1,9 milliards en 2027 ». Concrètement, les produits d’épargne concernés sont l’assurance vie et le PEL, l’épargne salariale ou encore les placements en actions, pas le Livret A, le LDDS ni le LEP. Exemple donné : un PEL de 50.000 euros à 2 % rapporte 700 euros par an, il ne rapporterait plus que 686 euros avec la nouvelle CSG, soit 14 euros de moins. Un contrat d’assurance vie de 10.000 euros en fonds euros passerait de 248 à 244 euros de rendement annuel, soit 4 euros en moins. « Pour le seul contrat d’assurance-vie, c’est 40% des ménages français qui vont être impactés par cette hausse. Donc oui, ça peut faire des sommes importantes », explique Frédéric Puzin. Et côté justification budgétaire, le député Philippe Brun affirme : « On a augmenté un tout petit peu l’impôt sur le revenu du capital. Personne ne va mourir de l’augmentation de cela, mais ça permet d’obtenir 2,5 milliards pour financer la suspension de la réforme des retraites, et aussi pour financer des moyens supplémentaires pour l’hôpital. On a besoin d’un milliard de plus pour l’hôpital aujourd’hui ».
Autre point en débat au Parlement, un impôt sur la fortune improductive visant les patrimoines au-delà de 2 millions d’euros, incluant notamment les fonds euros de l’assurance vie. Réaction tranchée : « On est en plein délire », lance Daniel Baal, pour qui l’assurance vie est « un placement extrêmement populaire », qui sert « à financer des entreprises, mais aussi très largement la dette de la France et des collectivités publiques ». Pour Cyrille Chartier-Kastler, ce dispositif « ne tient pas la route », car les fonds euros sont investis « exactement de la même manière que les unités de comptes ». Et il met en garde : « il crée un risque systémique », « on aura une faillite du système ». En parallèle, le Plan d’Épargne Retraite (PER) obtient des assouplissements : le reliquat de déduction fiscale non utilisé pourrait être reporté sur cinq ans au lieu de trois, et l’idée de le clore automatiquement à l’âge de la retraite a été rejetée. De quoi encourager l’épargne longue, alors que 19 millions de Français détiennent déja une assurance vie.
- Placements affectés : assurance vie, PEL, épargne salariale, dividendes et intérêts.
- Épargnés : Livret A, LDDS, LEP.





