Livret A à 1,5 % ou compte à terme à 2,5 % en 2026 : ce seuil caché qui peut vous faire perdre des centaines d'euros si vous basculez trop vite
En 2026, le Livret A tombe à 1,5 % net tandis que les comptes à terme promettent 2,5 % brut sur douze mois. À partir de quel taux, de quel montant et pour quelle durée ce pari sur votre épargne commence-t-il vraiment à valoir le risque ?

Depuis février 2026, l’épargne de précaution a changé de décor. Le Livret A et le LDDS, qui servaient 3 % nets pendant près de deux ans, ne rapportent plus que 1,5 % net, quand les meilleurs comptes à terme affichent 2,5 % bruts sur douze mois. Sur le papier, la tentation est grande de fermer son livret pour courir vers ces nouveaux taux mis en avant par les banques.
Entre un rendement net garanti à 1,5 % et un taux de 2,5 % soumis à la flat tax de 31,4 %, l’écart se réduit rapidement. Sur 10 000 euros placés un an, le compte à terme à 2,5 % brut ne rapporte qu’une vingtaine d’euros de plus que le Livret A ; sur cinq ans, un CAT à 3 % brut ne creuse l’avance que d’environ 300 euros pour la même somme. Reste une question simple, mais décisive pour 2026 : à partir de quel taux, quel montant et quel horizon ce basculement devient-il vraiment interressant ?
Livret A à 1,5 % et compte à terme à 2,5 % : le vrai rendement net en 2026
En 2026, le paysage des placements sans risque se résume à quelques grandes lignes. Le Livret A et le LDDS servent 1,5 % net, exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux, quand le LEP atteint 2,5 % net pour les foyers éligibles. Face à eux, un compte à terme à 2,5 % brut sur douze mois est soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % ; une fois la flat tax appliquée, son rendement tombe autour de 1,71-1,72 % net, soit environ 172 euros d’intérêts sur 10 000 euros, contre 150 euros pour le Livret A.
Sur des durées plus longues, l’écart se creuse un peu : un CAT à 3 % brut sur cinq ans correspond à environ 2,05-2,06 % net après flat tax, soit 1 075 euros d’intérêts sur 10 000 euros, contre 773 euros pour un Livret A resté à 1,5 % constant. Le gain net reste d’un ordre de grandeur de 300 euros sur cinq ans pour 10 000 euros placés, à mettre en regard du blocage intégral du capital pendant toute la durée du contrat.
Plafonds, livrets réglementés et sécurité : les étapes avant de quitter le Livret A
Les conseillers patrimoniaux répètent la même règle en 2026 : tant que les livrets réglementés ne sont pas pleins, les comptes à terme passent au second plan. Les plafonds sont connus : 22 950 euros sur le Livret A, 12 000 euros sur le LDDS et 10 000 euros sur le LEP, soit jusqu’à 44 950 euros d’épargne sans risque, disponible à tout moment et totalement exonérée d’impôt. « Je préconise à mes clients d’en ouvrir un CAT seulement une fois que le LDD et le livret A sont pleins », insiste Barbara Poncin, Agent Général Axa Prévoyance et Patrimoine, à Capital.
Se pose ensuite la question de la sécurité. Comme les livrets bancaires et les comptes courants, les comptes à terme sont couverts par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution jusqu’à 100 000 euros par client et par établissement. « Quelqu’un qui possède moins de 100 000 euros sur ses comptes peut considérer que ses dépôts bancaires sont protégés », explique Eliott Amsellem, conseiller en gestion de patrimoine. Le Livret A et le LDDS bénéficient en plus d’une garantie explicite de l’État, et pour les patrimoines plus élevés, « Répartir son épargne entre différentes banques peut constituer une stratégie supplémentaire de protection », souligne-t-il.
Quand basculer du Livret A vers un compte à terme en 2026 ?
Une fois les livrets réglementés saturés et le filet de sécurité en place, reste la question centrale : quand un compte à terme devient-il vraiment plus payant que le Livret A à 1,5 % net ? D’un point de vue purement mathématique, le seuil se situe autour de 2,2 % brut : en dessous, le rendement net d’un CAT fiscalisé au taux forfaitaire reste inférieur à celui du Livret A, au-dessus il le dépasse. Mais ce gain se voit surtout sur la durée et pour des sommes significatives, car « Je pense qu’au-delà de 36 mois, le CAT n’a plus d’intérêt. Si vous avez un horizon de placement à 3 ans ou plus, vous avez plus intérêt à partir sur un contrat de capitalisation, une assurance-vie ou même des actions, plutôt que sur un compte à terme qui ne rapporte pas énormément », tranche Barbara Poncin.
En pratique, le compte à terme s’adresse surtout à une épargne de projet sur 6 à 36 mois – achat immobilier, travaux, frais de notaire, succession – pour des sommes dont vous êtes sûr de ne pas avoir besoin avant l’échéance. Sur 10 000 euros placés un an, un CAT à 2,5 % brut ne génère qu’environ 21,50 euros de plus que le Livret A ; sur cinq ans à 3 % brut, le surplus approche 300 euros, ce qui devient sensible dès que les montants grossissent mais suppose d’accepter un capital bloqué. Avant de signer, il faut vérifier le ticket d’entrée (souvent entre 1 000 et 5 000 euros), le plafond du contrat (jusqu’à 1 million d’euros selon les établissements), les pénalités de sortie anticipée et les conditions de renouvellement automatique à l’échéance. La fiscalité joue aussi un rôle, avec la possibilité de choisir le barème progressif via la case 2OP si votre taux marginal est inférieur à 12,8 %, et la perspective d’une révision du taux du Livret A au 1er août 2026 qui pourrait le faire remonter vers 1,6 ou 1,7 % et réduire encore l’avantage apparent des comptes à terme.
En bref
- Depuis février 2026, le Livret A et le LDDS ne servent plus que 1,5 % net, tandis que les meilleurs comptes à terme montent à 2,5 % brut, dans un contexte d’inflation modérée et de plafonds réglementés proches de 45 000 euros défiscalisés.
- Une fois appliquée la flat tax de 31,4 %, un compte à terme à 2,5 % brut ne rapporte qu’un léger surplus face au Livret A et ne devient réellement plus performant qu’au-delà d’environ 2,2 % brut, pour des montants importants et sur 6 à 36 mois.
- Entre blocage du capital, garanties jusqu’à 100 000 euros par banque et prochaine révision du Livret A au 1er août 2026, l’arbitrage impose de passer au crible taux, durée, montant et fiscalité avant de déplacer son épargne.









