Plan épargne retraite (PER) après 70 ans : ce que la loi de finances 2026 change pour votre déduction fiscale (et comment sauver vos avantages) ?
Depuis la loi de finances 2026, le cap des 70 ans marque un tournant pour la fiscalité du plan d’épargne retraite. Qui gagne encore à verser sur son PER, et avec quelle stratégie avant ou après cet âge clé ?

Pendant des années, le plan d’épargne retraite a servi de refuge fiscal aux contribuables approchant, puis dépassant largement l’âge de la retraite. Verser un gros montant en fin d’année permettait de réduire le revenu imposable, et la pratique restait possible même à 72 ou 75 ans. Avec la loi de finances 2026, ce fonctionnement a été revu, et les épargnants les plus âgés s’interrogent sur ce qu’ils peuvent encore faire.
Depuis le 1er janvier 2026, la fiscalité du plan d’épargne retraite (PER) tourne autour d’un âge clé : 70 ans. Les versements restent autorisés à tout moment, mais la manière dont ils sont traités par le fisc n’est plus la même, ce qui bouscule les habitudes des retraités comme de ceux qui s’en approchent. Les plus de 70 ans ne savent plus très bien à quoi s’en tenir.
PER et déduction fiscale : comment ça marche avant 70 ans
Le principe de la déduction fiscale sur un PER reste simple : les versements volontaires viennent en diminution du revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. L’économie d’impôt dépend alors directement du taux marginal d’imposition (TMI) de l’épargnant. Sur un versement annuel de 10 000 €, cela représente 3 000 € d’impôt en moins à un TMI de 30 %, 4 100 € à un TMI de 41 % et 1 100 € à un TMI de 11 %, d’après les calculs mis en avant pour illustrer l’impact concret de la mesure.
En 2026, le plafond de déduction pour les moins de 70 ans est fixé à 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, avec un maximum de 38 448 €. Quand ce calcul aboutit à un montant plus faible, un plancher de 4 806 € s’applique. Autre évolution apportée par la loi de finances 2026 : le délai de report des droits de déduction non utilisés passe de 3 à 5 ans, ce qui permet de rattraper des versements non effectués sur les cinq exercices suivants.
PER après 70 ans : plus de déduction à l’entrée, mais une sortie plus douce
Jusqu’au 31 décembre 2025, aucune limite d’âge ne conditionnait la déductibilité des versements volontaires sur un PER : un retraité de 75 ans pouvait par exemple verser 10 000 € et les déduire intégralement, soit 3 000 € d’impôt en moins à TMI 30 % ou 4 100 € à 41 %. Depuis le 1er janvier 2026, ce n’est plus le cas : la loi de finances 2026 supprime la déduction des versements volontaires effectués après 70 ans, qu’il s’agisse d’un PER individuel ou collectif. Les versements restent autorisés mais sont désormais traités comme des versements non déductibles, avec la fiscalité correspondante à la sortie. Sur la base de 10 000 € versés, la suppression de la déduction revient à perdre 3 000 € d’économie d’impôt à un TMI de 30 %, 4 100 € à 41 %, ou 1 100 € à 11 %.
La contrepartie de cette absence d’avantage à l’entrée, c’est une fiscalité plus légère à la sortie pour ces versements non déduits. En cas de sortie en capital, la part correspondant au capital versé est totalement exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux : seules les plus-values sont taxées au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux). Sur un versement de 10 000 € ayant généré 3 000 € de gains, l’impôt se limite à 942 € (31,4 % × 3 000), les 10 000 € de capital sortant intégralement nets. En cas de sortie en rente viagère, ces versements relèvent du régime de la rente viagère à titre onéreux : seule une fraction de la rente est imposable, déterminée par l’âge au moment du départ en rente, soit 70 % avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans et seulement 30 % à partir de 70 ans, quand une rente issue de versements déduits est imposée comme une pension de retraite à hauteur de 90 % après l’abattement de 10 %.
Faut-il encore alimenter son PER après 70 ans ?
Pour les épargnants qui ont franchi le cap des 70 ans, le PER garde un réel interet, mais plus du tout pour les mêmes raisons. Sans déduction à l’entrée, le produit devient avant tout une enveloppe de capitalisation : l’argent versé continue de fructifier sans imposition annuelle, et la sortie en capital profite de l’exonération de la part correspondant aux versements, seules les plus-values étant taxées. En cas de sortie en rente, la fraction imposable limitée à 30 % après 70 ans rend la ponction fiscale moins lourde que sur une rente issue de versements déduits.
Pour ceux qui ont encore entre 65 et 69 ans, l’enjeu est différent : ils ont intérêt à passer en revue leurs droits de déduction non utilisés des années précédentes et à envisager, si leur situation le permet, des versements plus importants avant l’extinction du droit à déduction à 70 ans. Cumuler ces droits disponibles avec le plafond de l’année en cours peut permettre de concentrer un effort d’épargne important juste avant la date butoir, tout en laissant la possibilité, plus tard, de continuer à utiliser le PER comme outil de capitalisation et, pour la transmission, de comparer son intérêt avec celui de l’assurance-vie et de son abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur les versements réalisés avant 70 ans.
En bref
- Depuis le 1er janvier 2026, la loi de finances fixe à 70 ans la limite d’âge au-delà de laquelle les versements sur un plan d’épargne retraite ne sont plus fiscalement déductibles.
- Les versements effectués après 70 ans restent possibles mais sont traités comme non déductibles, avec exonération du capital à la sortie, taxation des gains au PFU de 31,4 % ou rente imposée selon le régime des rentes viagères à titre onéreux.
- Entre 65 et 69 ans, l’enjeu devient d’utiliser au mieux les plafonds de déduction avant la date butoir, puis d’arbitrer après 70 ans entre PER, assurance-vie et autres contrats pour optimiser capitalisation, revenu et transmission.







