PEL : 3,2 millions de plans seront fermés d’office en 2026, ce geste simple pour éviter la clôture automatique et un placement bien moins rémunérateur
À partir de mars 2026, 3,2 millions de PEL ouverts après 2011 seront clôturés automatiquement, sans que vous ayez votre mot à dire. Comment éviter que votre épargne bascule alors vers un livret faiblement rémunéré ?

À partir de mars 2026, une vague de fermetures va toucher les Plans d’épargne logement : environ 3,2 millions de PEL ouverts après le 1er mars 2011 vont arriver au terme de leur durée maximale et être clos d’office par les banques. De nombreux épargnants découvrent déjà, parfois avec surprise, les courriers annonçant la clôture automatique de leur contrat.
Cette échéance ne relève pas d’un choix commercial, mais d’une réforme entrée en vigueur en 2011 qui limite désormais la vie d’un PEL à 15 ans. Les plans ouverts avant cette date restent, eux, à durée illimitée. Ce qui inquiète surtout, c’est le devenir de l’épargne une fois le plan fermé et le risque de voir son argent transféré sur un support beaucoup moins rémunérateur. La question est simple : comment reprendre la main avant 2026.
Clôture automatique des PEL en 2026 : qui est vraiment concerné ?
Deux générations de PEL coexistent. Ceux ouverts avant le 1er mars 2011 bénéficient d’un statut à part : aucune limite de durée, mais impossibilité de verser après dix ans, avec un taux contractuel qui continue de s’appliquer et un rendement garanti par l’État. Les plans ouverts à partir du 1er mars 2011, eux, sont soumis à une durée maximale de quinze ans fixée par la loi du 29 décembre 2010, sans possibilité de dérogation ni de recours pour prolonger.
En 2026, ce sont les PEL ouverts entre le 1er mars 2011 et le 29 février 2012 qui arrivent à échéance. La fermeture intervient exactement à la date du quinzième anniversaire, entre mars et décembre 2026. Les banques doivent alors clore le plan et appliquent cette obligation de manière automatique. Pour savoir si vous êtes concerné, il faut repérer la date d’ouverture sur votre contrat ou votre dernier relevé, les établissements prévenant en principe leurs clients quelques mois à l’avance.
Que se passe-t-il si votre PEL est clôturé sans intervention ?
À la date prévue, la banque ferme le plan et transfère la totalité du capital épargné ainsi que les interets acquis. L’argent n’est pas perdu : il est basculé, selon les pratiques de chaque établissement, vers un compte courant, un compte sur livret interne ou un autre livret bancaire « classique ». Le tout se fait sans délai de grâce particulier, et sans que le titulaire ait forcément choisi à l’avance le nouveau support.
Le vrai sujet se situe côté rendement et fiscalité. Un PEL ouvert il y a plusieurs années affiche souvent un taux de 2,5 % brut, quand les livrets bancaires ordinaires tournent en moyenne autour de 0,75 % brut, avec un taux d’environ 0,37 % dans les grandes banques. Le manque à gagner peut dépasser plusieurs centaines d’euros par an pour un plan au plafond de 61 200 €. Les intérêts d’un livret classique sont en plus soumis à un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026, quand la fiscalité des PEL reste à 30 %, l’épargne logement étant épargnée par la hausse de CSG.
PEL : comment anticiper 2026 et éviter un transfert défavorable ?
La durée maximale de quinze ans étant inscrite dans les textes, il n’est pas possible d’empêcher la fermeture juridique du plan. En revanche, vous pouvez éviter de subir un transfert par défaut vers un livret faiblement rémunéré en préparant la sortie plusieurs mois avant la date d’échéance. Le principe consiste à décider vous-même, à l’avance, où seront replacées les sommes issues du PEL.
- Vérifier dès maintenant la date d’ouverture de votre PEL et son taux (2,5 %, 2 % pour les plans ouverts depuis le 1er janvier 2026, ou autre).
- Demander à votre banque quel support est prévu par défaut à la fermeture (compte courant, livret interne, autre produit maison).
- Comparer ce scénario avec les alternatives sans risque : Livret A ou LDDS à 1,5 %, LEP à 2,5 % nets d’impôt, assurance-vie en fonds en euros autour de 2,65 % brut, soit environ 2,15 % après prélèvements sociaux.
- Donner des instructions écrites avant la date anniversaire pour faire virer les fonds sur le ou les placements choisis (livrets réglementés, contrat d’assurance-vie, voire plan d’épargne retraite ou PEA si vous acceptez une part de risque).
Reste la question du droit à prêt. Les PEL récents donnent accès à un crédit immobilier à 4,20 % et à une prime d’État plafonnée à 1 525 €, sous réserve de réaliser effectivement un emprunt lié au plan. Ce taux de prêt s’avère souvent peu compétitif face aux offres de marché observées en 2026, ce qui limite l’intérêt de conserver un PEL uniquement pour cette raison, surtout en l’absence de projet immobilier immédiat. Entre sécurité, rendement et fiscalité, l’enjeu est alors de répartir intelligemment l’épargne libérée entre épargne de précaution sur livrets réglementés et placements de long terme comme l’assurance-vie ou le plan d’épargne retraite, en cohérence avec votre horizon et vos objectifs patrimoniaux.
En bref
- À partir de mars 2026, environ 3,2 millions de PEL ouverts après le 1er mars 2011 atteindront la limite légale de 15 ans et seront automatiquement fermés par les banques.
- Sans intervention, les sommes seront transférées par défaut vers un compte courant ou un livret bancaire ordinaire, avec un rendement très inférieur et une fiscalité moins avantageuse que sur le PEL.
- En vérifiant dès maintenant la date d’ouverture et le taux de son PEL, puis en donnant des instructions écrites pour réorienter les fonds vers livrets réglementés, assurance-vie ou PER, l’épargnant garde la main sur son rendement.





