PER 2026 : ce qui change vraiment pour votre épargne retraite, entre plafonds boostés, fin des avantages après 70 ans, prélèvements en hausse et pièges à éviter
Entre plafonds relevés et coups de frein fiscaux, le PER 2026 rebat les cartes pour plus de 12 millions d’épargnants français. Qui y gagne, qui y perd, et comment ajuster ses versements sans se tromper ?

En seulement six ans, le Plan d’épargne retraite (PER) s’est imposé comme un réflexe pour préparer sa retraite. Fin 2025, la France comptait 7,9 millions de PER assurantiels, soit un million de contrats supplémentaires en un an, et plus de 12,4 millions de plans toutes catégories confondues pour un encours de 136 milliards d’euros. Autant dire que la moindre évolution des règles a un impact massif sur les portefeuilles des ménages.
À compter de 2026, le cadre fiscal du PER 2026 bouge sur deux fronts favorables et deux moins favorables pour les épargnants. Les plafonds de déduction augmentent, les droits non utilisés pourront être reportés plus longtemps, mais la déductibilité s’arrête après 70 ans et les prélèvements sociaux grimpent sur les gains. Reste à comprendre comment ces ajustements se combinent concrètement pour chaque détenteur de PER.
PER 2026 : plafonds relevés et report fiscal allongé
Première bonne nouvelle : les plafonds de déduction augmentent encore en 2026. Le PASS 2026 est fixé à 48 060 euros, soit une revalorisation de 2 % par rapport à l’année précédente, et sert de base de calcul à l’enveloppe fiscale du PER. Pour les actifs dont les revenus sont inférieurs au PASS, mais aussi pour les personnes sans activité, au foyer ou déjà retraitées, le calcul se fait sur le PASS de l’année précédente : le plancher de déduction atteint 4 710 euros, pour un plafond théorique de 37 680 euros. Pour les travailleurs non salariés, qui utilisent le PASS de l’année en cours et bénéficient d’une majoration de 15 % au-delà du PASS, le plafond global de déduction grimpe jusqu’à 88 911 euros, avec un minimum de 4 806 euros.
Autre amélioration interressante en 2026 : les plafonds de déduction non utilisés ne se perdent plus au bout de trois ans, mais peuvent désormais être reportés sur cinq ans, comme l’a prévu le budget 2026. Un épargnant qui n’a pas encore ouvert de PER ou qui n’a pas utilisé ses droits passés pourra ainsi cumuler jusqu’à cinq années de droits à déduction et effectuer ponctuellement un versement important en profitant d’un avantage fiscal renforcé. Ces plafonds disponibles seront indiqués directement sur la déclaration de revenus adressée au printemps, ce qui évite aux contribuables de faire eux-mêmes des calculs complexes.
PER 2026 : après 70 ans et à la sortie, des règles moins favorables
Le revers de la médaille apparaît surtout pour les épargnants les plus âgés. Une mesure du budget 2026 met fin à la déductibilité des versements sur un PER à partir de 70 ans : au-delà de cet âge, les sommes versées ne peuvent plus être retranchées du revenu imposable et sont traitées comme des versements non déductibles. La logique affichée est d’éviter des stratégies fiscales jugées trop éloignées de la vocation première du PER, qui est de permettre de se constituer une épargne retraite, tout en laissant la possibilité de conserver un plan existant même après 70 ans.
Autre changement important : les prélèvements sociaux sur les gains réalisés dans un PER passent de 17,2 % à 18,6 %, en raison de la hausse de 1,4 point de la contribution sociale généralisée décidée pour 2026 sur les revenus du capital. Ce nouveau taux s’applique à toutes les situations de sortie, que le plan soit débloqué en capital en une fois, en capital fractionné ou sous forme de rente, et que les versements aient été déduits ou non à l’entrée. Contrairement à l’assurance vie, le PER n’a pas échappé à cette augmentation, ce qui peut conduire les épargnants à refaire leurs calculs comparatifs entre ces deux enveloppes pour organiser leur retraite.
En bref
- Fin 2025, plus de 12 millions de PER totalisent 136 milliards d’euros, alors que la loi de finances 2026 modifie en profondeur leur cadre fiscal.
- En 2026, les plafonds de déduction sont relevés, le report des droits passe à cinq ans, mais la déductibilité s’arrête à 70 ans et les prélèvements sociaux montent à 18,6 %.
- L’article détaille l’impact de ces quatre mesures selon l’âge, le profil fiscal et l’arbitrage entre PER et assurance vie pour optimiser son épargne retraite.





