PER : ces 3 astuces légales pour exploser vos plafonds de défiscalisation (jusqu’à 276 000 €) sans tomber dans les pièges du fisc

Par Paul Graph - Publié le

En 2025, certains foyers peuvent effacer des dizaines de milliers d’euros d’impôts grâce au PER, à condition de bien manier les plafonds. Quelles stratégies fiscales permet ce levier pour les couples et leurs enfants majeurs ?

PER : ces 3 astuces légales pour exploser vos plafonds de défiscalisation (jusqu’à 276 000 €) sans tomber dans les pièges du fisc

Payer moins d’impôt tout en préparant sa retraite fait rêver beaucoup de contribuables. Avec le PER (plan d’épargne retraite), ce mélange est possible, à condition de bien comprendre comment fonctionne la défiscalisation liée à vos versements et surtout comment jouer avec les plafonds fiscaux.

Pour un expert interrogé dans un direct du Parisien, « Il est judicieux d’ouvrir un PER le plus tôt possible, dès 18 ans », en versant régulièrement de petites sommes plutôt que d’énormes montants juste avant la retraite. Mais quand on dispose déjà de revenus confortables et d’une capacité d’épargne élevée, il existe quelques leviers légaux très puissants pour pousser la défiscalisation au maximum. Et les montants en jeu peuvent surprendre.

Comment défiscaliser avec un PER en rattrapant trois ans de plafonds

Chaque année, vous disposez d’un plafond d’épargne retraite, affiché sur votre avis d’imposition. Si vous avez de très hauts revenus et que vous n’avez jamais versé un euro dans un produit d’épargne retraite, ce plafond atteint par exemple 37 094 euros pour 2025. Mais ce n’est pas tout : vous pouvez y additionner les plafonds non utilisés des trois années précédentes, là encore visibles sur votre avis d’imposition.

Dans ce cas extrême, vous pouvez utiliser entièrement vos plafonds 2025 (37 094 euros), 2024 (35 194 euros), 2023 (32 909 euros) et 2022 (32 909 euros), soit un total de 138 106 euros de versements déductibles. L’économie d’impôt grimpe alors à 56 623 euros si vous êtes dans la tranche à 41%, ou 62 148 euros en tranche à 45%, l’avantage étant proportionnel à votre tranche marginale (11%, 30%, 41% ou 45%). Et l’ordre d’utilisation des plafonds suit une règle précise : « C’est d’abord ce qu’il reste du plafond de l’année N-3 qui sera utilisé (celui qui est amené à disparaître l’année suivante s’il n’est pas consommé), puis celui de l’année N-2, etc. », explique David Rideau, agent général chez Axa, cité par Capital.

PER : profiter des plafonds du conjoint et des enfants pour maximiser la défiscalisation

Si vos propres plafonds ne suffisent pas, le fisc vous laisse aussi utiliser ceux de votre conjoint ou conjointe, à condition de faire une déclaration commune. Il suffit de cocher la case 6QR de la déclaration de revenus, appelée « mutualisation du plafond de déduction ». Si votre conjoint gagne lui aussi très bien sa vie et n’a jamais versé dans un PER, vous pouvez consommer tous ses plafonds et ajouter jusqu’à 138 106 euros de versements, soit au total jusqu’à 276 212 euros déductibles pour le foyer. Là encore, les plafonds les plus anciens sont utilisés d’abord.

Ce levier peut être complété par un troisième étage, plus méconnu : les plafonds de vos enfants. Depuis le 1er janvier 2024, il n’est plus possible d’ouvrir un PER pour un enfant mineur, mais les plans créés avant cette date continuent. Vous ne pouvez plus y verser, sauf si l’enfant est devenu majeur et reste rattaché à votre foyer fiscal. Dans ce cas, vous pouvez effectuer des versements sur son PER et profiter de son propre plafond, qui correspond cette année au plancher de 4 637 euros en l’absence de revenus professionnels, avec la possibilité d’utiliser aussi ses trois années de plafonds non entamés. L’argent placé restera affecté à sa future retraite, mais la réduction d’impôt profite aujourd’hui au foyer.

Comment éviter les pièges fiscaux quand on cherche à défiscaliser avec un PER ?

Avant de « charger » votre PER avec des dizaines de milliers d’euros, un point de vigilance s’impose : votre tranche marginale. Si vos revenus vous placent tout juste dans la tranche à 30%, « prenez garde à ce que les versements ne consomment que les revenus réellement dans cette tranche, et pas ceux qui sont dans la tranche du dessous de 11%, bien moins intéressante en termes d’économie d’impôt », prévient David Rideau. C’est pour cela que les spécialistes répètent qu’à partir d’une tranche à 30%, le PER devient vraiment interressant, alors que l’intérêt est beaucoup plus limité pour les contribuables peu ou pas imposés.

Dernier piège, plus administratif : même en ayant bien calculé vos versements, vous pouvez perdre l’avantage fiscal si la déclaration est mal remplie. Votre assureur transmet automatiquement à l’administration le total des montants versés sur votre PER ; « ce montant sera prérempli dans une case grisée, mais il ne faut pas oublier de le reporter à la main sous la case en dessous (6NS, 6NT, 6NU, pour déclarant 1, déclarant 2 et personne à charge) pour bénéficier de la réduction d’impôt », avertit encore David Rideau. Sans ce report manuel, pas de ristourne pour l’année. Entre le choix de supports plutôt sécurisés en fin de carrière (fonds euros, PER en points) conseillé par les experts, des tickets d’entrée souvent compris entre 100 et 500 euros, voire 50 euros chez quelques acteurs, et ces trois grandes astuces fiscales, le jeu consiste surtout à ajuster le montant et le calendrier de vos versements à votre situation réelle.