PER : la CSG grimpe à 31,4 % dès 2026, pourquoi Benoît Perrin dénonce un « scandale absolu » qui menace l’épargne retraite de millions de Français

Par Paul Graph - Publié le

En pleine hausse de la CSG, les plans d’épargne retraite se retrouvent plus taxés et 12 millions d’épargnants s’interrogent. Pourquoi Benoît Perrin parle-t-il d’un « scandale absolu » visant un placement présenté comme la tirelire idéale pour la retraite ?

PER : la CSG grimpe à 31,4 % dès 2026, pourquoi Benoît Perrin dénonce un « scandale absolu » qui menace l’épargne retraite de millions de Français

Les Français qui ont rempli leur plan d’épargne retraite (PER) pour préparer leurs vieux jours découvrent en ce début d’année une bien mauvaise surprise fiscale. Longtemps présenté comme la « tirelire » idéale pour la retraite, ce produit d’épargne se retrouve au cœur d’un changement de règles qui concerne des millions de contrats et suscite déjà de fortes interogations.

Le budget 2026 prévoit en effet une hausse de la CSG de 1,4 point sur les revenus du capital, ce qui fait grimper la flat tax sur certains placements de 30 % à 31,4 %. D’après Boursorama, cette augmentation touche aussi les PER, y compris assurantiels, alors que près de 12 millions de Français ont déjà souscrit ce produit pour y bloquer leur argent jusqu’à la retraite. Pour Benoît Perrin, directeur général de Contribuables Associés, taxer davantage ces contrats relève d’un véritable scandale pour les épargnants.

Hausse de la CSG et flat tax : comment les PER se retrouvent plus taxés

Depuis le 1er janvier 2026, le Prélèvement forfaitaire unique (PFU), ou flat tax, appliqué à de nombreux revenus de l’épargne, atteint 31,4 %, rappelle Boursorama. Ce taux combine toujours 12,8 % d’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux passés de 17,2 % à 18,6 %. Lors de l’examen du budget 2026 de la Sécurité sociale, le gouvernement a fait voter un amendement n°1104 élargissant cette hausse de CSG à plusieurs placements. Interrogé par le site MoneyVox, Bercy a expliqué que l’amendement « qui concerne la CSG intègre le PER », selon des propos rapportés par Boursorama.

Un doute a pourtant longtemps plané sur le périmètre exact, certains spécialistes estimant que seuls les PER bancaires seraient concernés. Pour lever l’ambiguïté, la Direction générale des finances publiques a fini par trancher, affirmant que « tous les PER » étaient « concernés par la hausse de la CSG », toujours d’après Boursorama. Concrètement, pour un PER, la flat tax à 31,4 % vise les plus-values au moment de la sortie en capital lorsque l’épargnant n’a pas déduit ses versements de son revenu. S’il a choisi la déductibilité, les gains sont aussi taxés à 31,4 %, mais le capital récupéré est en plus soumis au barème de l’impôt sur le revenu. Dans le même temps, les contrats d’assurance-vie et l’épargne logement (PEL, CEL) restent, eux, soumis à un PFU global de 30 %.

Pour Benoît Perrin, taxer les PER est un scandale pour les épargnants

Pour Benoît Perrin, qui dirige Contribuables Associés, ce tour de vis fiscal sur les PER s’inscrit dans une longue dérive de la dépense publique. Ce nouveau budget n’est pour lui que « la prolongation des budgets qu’on a depuis 50 ans » avec une dépense déjà « la plus importante au monde ». « Nos députés votent des budgets avec encore plus de dépense publique et pour la financer ils votent des impôts alors qu’on est déjà les champions d’Europe », a-t-il déploré sur LCI, cité par Capital. Il rappelle que pour lever de nouveaux impôts, il faut « des cibles », et pointe le fait que Sébastien Lecornu avait, dans un premier temps, expliqué que tout le monde paierait. Benoît Perrin estime que le discours politique oublie ce qui a été voté « en décembre dernier, le budget de la Sécu, avec un certain nombre de hausses d’impôts, ceux qui ont des actions, ceux qui touchent des dividendes (…) la CSG est augmentée », y compris pour « tous les retraités également qui ont souscrit un PER ».

Aux yeux de Benoît Perrin, s’attaquer à ce produit d’épargne longue durée, alors que 12 millions de Français l’ont adopté comme « tirelire qui servira à la retraite », est « un scandale » et même « un coup de poignard dans le dos. On leur dit : ‘Cotisez pour vous-mêmes’ et on augmente leurs impôts ». Il voit dans cette mesure une façon de « trouver une solution pour financer » la « cruelle suspension de la réforme des retraites », qu’il juge par ailleurs « folle », car elle permet à des assurés de partir plus tôt, creusant selon lui le déficit d’un système où « aujourd’hui, on a 1,7 actif pour un retraité. Ça ne tient plus, le poids sur les travailleurs est trop lourd ». Pour Benoît Perrin, toucher aux PER, alors même qu’il s’agit d’un « succès populaire », c’est « scandaleux ». Il rappelle aussi que la CSG, créée en 1991 à 1,1 %, a vu son niveau grimper au fil des réformes : aujourd’hui, « l’impôt est à 10,4% » et « Et ce n’est pas près de se terminer ». Pour les défenseurs des contribuables, ce nouvel épisode confirme la fragilité de la promesse de stabilité fiscale faite aux épargnants qui préparent leur retraite.

En bref

  • Au 1er janvier 2026, la loi de financement de la Sécurité sociale relève la CSG sur les revenus du capital, touchant les plans d’épargne retraite détenus par près de 12 millions de Français.
  • Les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 %, la flat tax grimpe à 31,4 % sur les gains des PER et Benoît Perrin, de Contribuables Associés, dénonce une mesure qu’il juge « scandaleuse » et contradictoire avec le discours public sur la retraite.
  • Alors que l’assurance-vie reste au taux global de 30 %, cette surtaxation des PER relance les doutes sur la stabilité fiscale et sur la stratégie d’épargne à adopter pour préparer sa retraite.