Plan d’épargne retraite (PER) 2024 : ce calcul tout simple pour combler jusqu’à 50 % de revenus en moins et préparer une retraite vraiment sereine

Par Paul Graph - Publié le

À l’heure où la pension peut chuter de 30 à 50 %, le plan d’épargne retraite promet de sécuriser vos revenus futurs. Comment en faire un allié pour aborder l’après‑vie active sans angoisse financière ?

Plan d’épargne retraite (PER) 2024 : ce calcul tout simple pour combler jusqu’à 50 % de revenus en moins et préparer une retraite vraiment sereine

Se projeter dans l’après-vie active fait souvent remonter une même question : à quoi ressembleront concrètement vos revenus une fois la carrière derrière vous ? Entre l’envie de profiter davantage de son temps et la crainte de voir son budget se resserrer, la période qui précède la retraite peut être source de doutes, voire de stress financier latent.

Les chiffres montrent que, pour beaucoup d’actifs, la pension issue des régimes obligatoires ne suffira pas à maintenir le niveau de vie antérieur, surtout en cas de carrière hachée ou d’activité indépendante. Dans ce contexte, le plan d’épargne retraite (PER) s’est imposé comme un outil central pour se constituer un complément de revenus à long terme, tout en bénéficiant d’avantages fiscaux. Encore faut-il savoir l’utiliser pour transformer une épargne bloquée en vraie tranquillité d’esprit.

Plan d’épargne retraite : un rempart face à la baisse de revenus à la retraite

Le régime de retraite par répartition verse une pension calculée en fonction des trimestres cotisés et des revenus perçus au fil de la carrière. Pour un grand nombre d’assurés, la pension finale représente seulement une fraction du dernier salaire ou revenu d’activité : l’écart de niveau de vie peut dépasser 30 à 50 % selon les profils, en particulier pour les indépendants, les professions libérales ou les personnes ayant connu des périodes de chômage ou de reconversion. On le constate vite quand on met en regard ses dépenses fixes et la pension estimée.

Face à ce constat, constituer une épargne dédiée sur le long terme devient une façon de reprendre la main sur ses revenus futurs. Le PER, créé pour unifier et clarifier l’offre d’épargne retraite, connaît un succès croissant : les encours dépassent désormais 90 milliards d’euros pour près de 10 millions de Français, signe qu’il répond à une attente forte de sécurisation de la fin de carrière. Plus on commence tôt, même avec des versements modestes, plus l’effet de capitalisation joue en faveur d’un complément de revenus durable.

Comment le PER fonctionne pour préparer sereinement un complément de revenus

Concrètement, le plan d’épargne retraite regroupe dans une même enveloppe plusieurs anciens produits (PERP, Madelin, Perco, etc.) et existe sous trois formes : un PER individuel, ouvert à toute personne majeure, et deux PER d’entreprise, collectif ou obligatoire. Les versements sont libres, sans obligation de régularité, ce qui permet d’adapter l’effort d’épargne à chaque étape de vie. Depuis le 1er janvier 2024, il n’est en revanche plus possible d’ouvrir un PER au nom d’un enfant mineur, ce qui recentre ce dispositif sur la préparation de sa propre retraite.

Le grand atout du plan réside dans son traitement fiscal : les versements volontaires peuvent être déduits du revenu imposable, dans la limite d’un plafond global dit « plafond épargne retraite », égal à 10 % des revenus professionnels, avec un plancher de 4 114 € et un plafond qui tourne autour de 35 000 € selon les années. Plus la tranche marginale d’imposition est élevée au moment du versement, plus l’économie d’impôt immédiate est interressante, d’autant que cet avantage ne rentre pas dans le plafonnement global des niches fiscales à 10 000 €. À l’intérieur du contrat, l’épargne est répartie entre un fonds en euros sécurisé et des unités de compte investies sur les marchés, souvent via une gestion pilotée à horizon qui sécurise progressivement le capital à l’approche de la retraite.

Plan d’épargne retraite : quelles étapes pour organiser l’après-vie active en toute sérénité ?

Pour utiliser le PER comme un véritable outil de préparation de l’après-vie active, l’idée est d’abord de chiffrer l’écart entre votre pension future et le niveau de vie que vous souhaitez conserver, à l’aide des simulateurs publics ou des estimations fournies par vos caisses. Cet écart donne une cible de revenu complémentaire, que le plan d’épargne retraite viendra couvrir en partie sous forme de rente, de capital, ou d’un mélange des deux, selon les choix effectués au moment du départ.

Une fois cet objectif clarifié, quelques réflexes permettent de structurer son épargne sans se mettre en difficulté au quotidien :

  • commencer par sécuriser une épargne de précaution liquide avant d’alimenter son plan d’épargne retraite sur le long terme ;
  • adapter le montant des versements à sa capacité réelle, puis les augmenter lors des hausses de revenus ou des périodes plus favorables ;
  • choisir une gestion pilotée dynamique quand la retraite est lointaine, puis progressivement plus prudente à mesure que l’âge de départ approche ;
  • garder en tête les marges de manœuvre du PER : déblocage anticipé pour l’achat de la résidence principale ou dans six situations difficiles (invalidité, décès du conjoint ou partenaire de Pacs, fin de droits au chômage, surendettement, cessation d’activité non salariée, liquidation judiciaire), afin de ne pas vivre ce contrat comme un carcan.

En bref

  • Alors que la retraite par répartition peut faire baisser de 30 à 50 % le niveau de vie, le plan d’épargne retraite s’impose comme un outil clé pour les actifs français.
  • Le PER permet de verser librement une épargne investie sur fonds en euros et unités de compte, avec avantage fiscal à l’entrée et sorties flexibles en capital ou en rente.
  • En chiffrant l’écart entre pension et revenus souhaités, puis en structurant ses versements et son allocation, le PER devient un levier concret pour une retraite plus sereine.