Prime médaille du travail : ce bonus de fin de carrière sera désormais taxé dès 2026, et que le fisc surveillera de près sur votre prochaine déclaration
Une simple ligne de la loi de finances 2026 met fin à l’exonération de la prime liée à la médaille d’honneur du travail. Dès les revenus 2026, ce bonus d’ancienneté devra figurer dans votre déclaration, sous l’œil attentif du fisc.

Une ligne discrète dans la dernière loi de finances 2026 pourrait bien changer la manière dont certains salariés regardent la récompense de toute une carrière. Une prime de fidélité longtemps vue comme un simple bonus de fin de parcours, presque symbolique, s’apprête à entrer dans le radar de l’administration fiscale.
Au milieu des débats sur le budget 2026, un article publié au Journal officiel le 19 février a entériné la fin d’un avantage fiscal accordé à une gratification très particulière : celle qui accompagne la médaille d’honneur du travail. Derrière cette médaille se cachent des montants parfois élevés, liés à l’ancienneté, que le fisc ne laissera plus passer sans s’y intéresser. Le changement est loin d’être anodin.
Médaille d’honneur du travail : une gratification désormais imposable
La médaille d’honneur du travail distingue les salariés justifiant d’une longue ancienneté de service. Les services pris en compte pour le calcul de l’ancienneté peuvent avoir été effectués auprès d’un nombre illimité d’employeurs, à l’exception des périodes de chômage qui ne comptent pas dans ce calcul. Cette médaille comprend quatre échelons selon l’ancienneté : la médaille d’argent après vingt ans, la médaille de vermeil après trente ans, la médaille d’or après trente-cinq ans et la grande médaille d’or après quarante ans de carrière. Le Code du travail ne prévoit pas le versement obligatoire d’une prime, mais, très souvent, la convention collective applicable à l’entreprise, un accord d’entreprise ou un usage dans l’entreprise prévoient le versement d’une somme d’argent et parfois l’attribution d’un jour de congé.
Jusqu’ici, cette somme bénéficiait d’un traitement de faveur du côté de l’impôt sur le revenu. Le fameux 6° de l’article 157 du Code général des impôts prévoyait que n’entraient pas en compte pour la détermination du revenu net global « les gratifications allouées aux vieux travailleurs à l’occasion de la délivrance de la médaille d’honneur par le ministère des affaires sociales », rappelle le Code général des impôts. La même loi de finances 2026 acte désormais la fin de cette exonération : dans son article 17 tel que publié au Journal officiel, on peut lire la mention suivante : Article 17, « Le code général des impôts est ainsi modifié : Le 6° de l’article 157 est abrogé ». Concrètement, la gratification versée à l’occasion de la médaille d’honneur du travail est soumise à l’impôt sur le revenu à compter de 2026, et toute prime de ce type devient imposable dès le premier euro versé, même si les tranches du barème de l’impôt restent indexées sur l’inflation, entre +0,9 % et +1,1 %.
Prime médaille du travail : montants, salariés concernés et déclaration en 2026
Contrairement aux primes exceptionnelles, aux primes annuelles, au 13e mois ou aux dispositifs d’intéressement et de participation, déjà soumis à l’impôt, cette gratification reste plus méconnue. Elle est souvent versée une seule fois dans la carrière, au moment où le salarié obtient un des échelons de la médaille d’honneur du travail, et apparaît comme une récompense plus individuelle, presque personellement adressée à celui ou celle qui a fait preuve d’une grande fidélité professionnelle. Tout salarié qui remplit les conditions d’ancienneté peut en faire la demande, en cumulant les années passées auprès d’un nombre illimité d’employeurs, à l’exception des périodes de chômage qui ne sont pas prises en compte.
Le montant de cette prime médaille du travail dépend largement du secteur d’activité et de la convention collective de l’entreprise. Dans la métallurgie, les salariés qui obtiennent le troisième niveau de la médaille du travail perçoivent généralement un douzième du salaire annuel, tandis que dans le BTP, la prime représente 50 % d’un salaire mensuel. Les pratiques usuelles oscillent généralement entre 350 euros et trois mois de salaires selon l’échelon de la médaille obtenue. Désormais, toutes ces sommes sont intégrées au revenu imposable : à partir de 2026, ces gratifications devront être minutieusement déclarées au fisc, qui surveillera de près que cette nouvelle ligne ne lui échappe pas.
En bref
- Adoptée pour le budget 2026 et publiée au Journal officiel du 19 février, la loi de finances modifie le régime fiscal de la gratification liée à la médaille d’honneur du travail.
- L’abrogation du 6° de l’article 157 du CGI rend la prime médaille du travail imposable dès le premier euro à partir des revenus 2026, avec des montants pouvant aller de 350 € à plusieurs mois de salaire.
- Entre salariés concernés, conventions collectives et risque de contrôle si la prime n’apparaît pas correctement sur la déclaration, les enjeux pratiques de cette nouvelle imposition sont nombreux.





