Réforme des retraites suspendue : ce que cela change pour les personnes nées en 1965, âge légal et trimestres ajustés

Par Paul Graph - Publié le

La suspension de la réforme des retraites bouleverse les plans des natifs de 1965. Quels sont les nouveaux âges légaux et trimestres requis pour partir à la retraite ?

Réforme des retraites suspendue : ce que cela change pour les personnes nées en 1965, âge légal et trimestres ajustés

Vous êtes né en 1965 et vous attendez de savoir quand vous pourrez partir à la retraite ? La suspension de la réforme de 2023, adoptée à l’Assemblée nationale, rebat les cartes pour votre génération, mais pas de la même manière selon votre mois de naissance.

Au cœur du dispositif, l’article 45 bis du PLFSS 2026 et un amendement 2686 du 12 novembre qui fixent le cadre, avec une entrée en vigueur technique visée au 1er septembre 2026 et une borne de suspension jusqu’au 1er janvier 2028. Reste la navette parlementaire, encore décisive. La différence se joue à trois mois.

1965 : âge légal et trimestres avec la suspension

« Je proposerai au Parlement que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle. Aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’en janvier 2028 », a déclaré Sébastien Lecornu le 14 octobre, selon la CFDT Retraités.

Le Premier ministre a également précisé : « en complément, la durée d’assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu’à janvier 2028 ».

Concrètement pour les personnes nées en 1965, l’amendement gouvernemental du 12 novembre élargit la suspension aux premiers mois de l’année et revalorise la clarté des règles. Voici ce que cela change pour votre âge légal et la durée d’assurance requise pour le taux plein.

  • Nés en janvier à mars 1965 : âge légal 62 ans et 9 mois ; durée d’assurance exigée 170 trimestres.
  • Nés d’avril à décembre 1965 : âge légal 63 ans ; durée d’assurance exigée 171 trimestres.

Ces paramètres s’appliqueraient à partir du 1er septembre 2026 (et non dès la publication de la loi), selon l’amendement déposé le 12 novembre. La loi devra être modifiée avant fin 2027 pour maintenir un âge d’ouverture des droits à 62 ans et 9 mois en 2028.

À noter que les générations voisines restent alignées sur la trajectoire suspendue : 1964 à 62 ans et 9 mois et 170 trimestres ; 1966 à 63 ans et 3 mois et 172 trimestres, etc., comme l’indiquent les tableaux de référence.

Carrières longues, fonction publique, finances : les effets concrets pour 1965

Les règles des carrières longues issues de 2023 restent en place. Les paliers 16 ans, 18 ans et 21 ans demeurent inchangés, l’âge d’ouverture du droit fixé en 2023 n’étant pas suspendu. Pour le palier 20 ans, l’ouverture du droit se cale deux ans et six mois avant l’âge légal, ce qui entraîne, pour les années 1964 à 1968, une ouverture un trimestre plus tôt que prévu. À partir de septembre 2026, deux trimestres supplémentaires pris dans la majoration pour enfant seront réputés cotisés pour la carrière longue, s’ajoutant aux trimestres déjà pris en compte.

Côté fonction publique, l’amendement étend la suspension aux catégories actives et super actives, avec un ajustement des âges et des trimestres exigés. L’objectif est d’aligner l’ouverture des droits de ces régimes sur la suspension générale, à la même date d’effet. Parmis les autres mesures étudiées, un trimestre de bonification par enfant né à partir de 2004 comptera désormais pour la pension des fonctionnaires, tout en conservant les deux trimestres de majoration de durée d’assurance.

Sur le plan budgétaire, la suspension adoptée à l’Assemblée le 12 novembre (255 voix pour, 146 contre) a été chiffrée à 300 millions d’euros en 2026 et 1,9 milliard en 2027, d’après le rapporteur Thibault Bazin. Le même jour, les députés ont supprimé l’article 44 qui instaurait une « année blanche » de revalorisation en 2026 pour les prestations sociales, dont les pensions (308 voix pour, 99 contre).

Les modalités de financement proposées par le gouvernement ont suscité des réactions syndicales. « Pour la CFDT, il n’est pas possible que la désindexation des pensions prévoie quasiment deux années blanches pour les retraités en 2026 et 2027 », a réagi Yvan Ricordeau. La CGT a aussi dénoncé la hausse de la contribution des complémentaires santé, estimant qu’elle « va encore se répercuter sur les salariés et encore plus sur les retraités », selon Denis Gravouil. Le périmètre de la suspension a par ailleurs été élargi le 12 novembre aux carrières longues, aux catégories actives et super actives, et la date d’application fixée au 1er septembre 2026, avant la borne du 1er janvier 2028.