Réformes des retraites 2026 : qui gagne et qui perd avec les nouvelles règles sur la réversion et les trimestres pour enfants ?

Par Paul Graph - Publié le

Les réformes proposées par le Conseil d'orientation des retraites pourraient bouleverser les pensions de réversion et les trimestres pour enfants dès 2026. Quels seront les impacts pour les familles et les retraités ?

Réformes des retraites 2026 : qui gagne et qui perd avec les nouvelles règles sur la réversion et les trimestres pour enfants ?

Réversion et trimestres pour enfants prennent le devant de la scène : ce sont eux qui pourraient rebattre les cartes des retraites à partir de 2026. Sollicité pour proposer une refonte des droits conjugaux et familiaux, le Conseil d’orientation des retraites a avancé plusieurs scénarios. Il rappelle que ses travaux « ne préjugent pas des décisions à venir », a précisé le Conseil d’orientation des retraites, selon Notre Temps.

Au menu, deux leviers clés agissant en sens inverse selon les profils : une harmonisation des trimestres pour enfants et de l’AVPF d’un côté, une pension de réversion recalibrée de l’autre. Gagnants et perdants ne seraient pas les mêmes.

Trimestres pour enfants et AVPF : qui gagnerait, qui perdrait

Le cadrage étudié : attribuer 4 + 4 trimestres aux mères, avec quatre trimestres pour la naissance ou l’adoption, puis quatre autres uniquement si l’activité a été interrompue dans les trois ans suivant l’arrivée de l’enfant. L’AVPF serait bornée aux trois ans du plus jeune, alors qu’elle peut aujourd’hui aller, dans certains cas, jusqu’aux 21 ans. En parallèle, des majorations de pension viendraient compenser les carrières hachées, à hauteur de 3 % pour un enfant, 6 % pour deux et 20 % à partir de trois, avec un plafonnement à 3 000 € par an dès 2026. Les pères de trois enfants ou plus perdraient la majoration de 10 % qui existe aujourd’hui.

Les effets distributifs sont marqués. Chez les pères nés en 2000 ayant au moins trois enfants, « parmi ceux nés en 2000, 94% verraient leur pension diminuer de 5 à 10% et 4% de plus de 10% », a chiffré le Conseil d’orientation des retraites. Côté mères nées en 2000, 70 % de celles avec un enfant verraient leur pension progresser, 88 % avec deux enfants, contre seulement 57 % au-delà de trois enfants, pénalisées par la restriction de l’AVPF et la baisse des trimestres dans le privé. Autrement dit, mères d’un ou deux enfants plutôt gagnantes, familles nombreuses plus exposées ; et, dans la Fonction publique, l’harmonisation ferait plutôt basculer les mères vers le mieux que dans le régime général.

Pension de réversion : la formule 2/3 moins 1/3 et un recentrage possible

Une piste vise une réversion unifiée, sans condition de ressources, calculée comme les deux tiers de la pension du défunt moins un tiers de la pension du conjoint survivant. Les bénéficiaires aux revenus les plus modestes – majoritairement des femmes – y gagneraient. « Près de 30% des femmes nées en 2000 verraient leur pension sur cycle de vie augmenter, contre 17% des hommes », détaille le rapport. A l’inverse, des revenus intermédiaires pourraient être moins bien servis. Autre option évoquée dans le débat : réserver la réversion à ceux sous un seuil d’environ 2 000 euros mensuels, ce qui réduirait nettement la dépense mais exclurait davantage de ménages aisés.

Un troisième scénario combine droits familiaux renforcés pour les mères, avec des majorations portées à 5 % pour un enfant, 10 % pour deux et 20 % pour trois et plus, et réversion ouverte à tous les couples mais fortement abaissée. Elle serait plafonnée à 3 000 euros par mois en 2026, puis diminuerait graduellement pour se rapprocher du Minimum contributif à l’horizon 2050. Dans cette configuration, la moitié des hommes et 43 % des femmes perdraient le droit à réversion, avec, en contrepartie, une hausse de leur pension personnelle. Le Conseil pointe que les personnes aux revenus modestes « compteraient la part la plus élevée d’assurés exclus du dispositif de la réversion ». Les divorcés non remariés, nombreux parmi les plus faibles revenus, seraient aussi exclus si la réversion était réservée au couple uni au moment du décès. Pour repère 2025, au régime général la réversion reste soumise à ressources avec des plafonds de 24 710,40 € par an pour une personne seule et 39 536,64 € pour un couple, un taux de 54 %, un minimum mensuel de 331,94 € et un maximum de 1 059,75 € hors complémentaires, PACS et concubinage exclus, âge minimal 55 ans.