Retraite 2026 : cette majoration pour conjoint à charge de 50,81 € par mois échappe déjà à la plupart des couples, faites le test en 4 questions

Par Paul Graph - Publié le

Fermée aux nouveaux retraités depuis 2011, la majoration pour conjoint à charge ne subsiste en 2026 que pour une infime minorité. Êtes-vous encore concerné ou devez-vous miser sur d’autres aides pour votre couple ?

Retraite 2026 : cette majoration pour conjoint à charge de 50,81 € par mois échappe déjà à la plupart des couples, faites le test en 4 questions

Sur votre relevé de pension, une ligne mystérieuse peut intriguer : « majoration pour conjoint à charge ». En 2026, certains articles la présentent encore comme un coup de pouce à réclamer pour améliorer sa retraite, ce qui entretient l’espoir chez de nombreux couples dont l’un des deux dispose de très faibles ressources.

En réalité, cette aide est un vieux mécanisme de solidarité, financé par la collectivité et intégré à la retraite de base, dont le sort se joue entre règles juridiques figées, plafonds de ressources et exceptions de régimes spéciaux. Pour beaucoup, la réponse tient en trois dates et quelques chiffres.

Majoration pour conjoint à charge 2026 : un vieux droit en voie d’extinction

La majoration pour conjoint à charge 2026 reste, sur le papier, un complément destiné aux retraités dont le conjoint n’a que peu ou pas de revenus personnels. Elle s’ajoute à la pension de base comme un complément mensuel tant que les conditions sont remplies, à condition d’être marié, avec un conjoint âgé d’au moins 65 ans, ou 62 ans en cas d’inaptitude reconnue, et dont les ressources n’excèdent pas un plafond voisin du minimum vieillesse. À ne surtout pas confondre avec la majoration de 10 % pour trois enfants ou plus, qui récompense le parcours familial, quand la majoration pour conjoint à charge vise la situation économique actuelle du couple.

Derrière ce dispositif, on retrouve le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), chargé de financer plusieurs mécanismes de solidarité. Un rapport du Sénat rappelle que, pour les prestations qu’il prend en charge, les remboursements aux régimes de base s’effectuent « au centime d’euros » près en fonction des dépenses réellement versées. La même architecture a longtemps soutenu la majoration pour conjoint à charge dans le régime général, jusqu’à ce que la réforme des retraites de 2010 vienne la geler : depuis le 1er janvier 2011, plus aucune nouvelle majoration de ce type n’est attribuée dans le régime général et les régimes alignés, seuls les retraités qui en étaient déjà titulaires au 31 décembre 2010 peuvent continuer à la percevoir.

Retraite 2026 : qui touche encore la majoration pour conjoint à charge et à quelles conditions ?

Cette fermeture progressive se voit dans les chiffres. Au 31 décembre 2024, environ 39 700 retraités du régime général perçoivent encore la majoration pour conjoint à charge, soit seulement 0,3 % des retraités de droit direct. Ils étaient 46 091 un an plus tôt, soit une baisse de 13,9 % en un an, et près de quatre fois plus au début des années 2000, quand cette majoration concernait autour de 2 % des retraités. Le profil type en 2026 : un retraité parti avant 2011, dont le conjoint a peu de revenus personnels et pour lequel la demande avait été faite à l’époque.

Pour ces bénéficiaires résiduels, le montant reste modeste mais régulier : la majoration atteint 609,80 € par an en 2026, soit 50,81 € par mois, versés en plus de la pension de base. Le conjoint doit toujours remplir les conditions d’âge et de ressources, avec un plafond fixé autour de 11 913,34 € de revenus personnels par an, soit 992,77 € par mois, sans tenir compte de la retraite du conjoint qui perçoit la majoration. Le dispositif ne concerne que les régimes de base (Assurance retraite, MSA, ex-RSI), jamais les régimes complémentaires comme l’Agirc-Arrco. Dans certains régimes spéciaux, par exemple la retraite des mines, une majoration pour conjoint à charge peut encore être attribuée en 2026 sur demande via un formulaire spécifique signé par les deux conjoints. Et, comme le résume un article du Journal des Seniors, « C’est un droit « quérable » : il faut aller le chercher ».

Si la majoration pour conjoint à charge 2026 vous échappe, quels autres recours ?

Pour la grande majorité des assurés du régime général, la réponse est désormais tranchée : si votre retraite de base a été liquidée après le 1er janvier 2011, la majoration pour conjoint à charge ne fait plus partie de vos droits possibles. Elle peut encore être ajustée ou contrôlée pour les anciens bénéficiaires, ou exister dans quelques régimes spéciaux comme celui des mines, mais elle ne s’ouvre plus à de nouveaux retraités. Un moyen rapide de se situer consiste à passer sa situation au crible de quelques questions simples :

  • Votre retraite de base (régime général, MSA, ex-RSI) a-t-elle été liquidée avant 2011 ?
  • Votre conjoint a-t-il au moins 65 ans, ou 62 ans avec une inaptitude reconnue au travail ?
  • Ses ressources personnelles restent-elles en dessous d’environ 992,77 € par mois ?
  • Dépendez-vous d’un régime qui prévoit encore explicitement une majoration pour conjoint à charge, comme certains régimes spéciaux ?

Si la réponse est non dès la première question, la majoration pour conjoint à charge vous a déjà échappé et il devient plus utile de regarder d’autres filets de sécurité. Le principal, pour les couples modestes, reste l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), ancien minimum vieillesse, dont les plafonds atteignent en 2026 environ 12 523,14 € par an pour une personne seule et 19 442,21 € pour un couple. À côté, la majoration de 10 % pour au moins trois enfants, les pensions de réversion majorées ou certains compléments d’invalidité peuvent jouer sur le niveau global de ressources du ménage. Dans le même rapport sur le FSV, on peut lire que « Comme en 2014, votre commission s’oppose à un élargissement du périmètre du FSV qui ne prenne pas la forme d’une disposition spécifique en loi de financement. Déjà fortement déficitaire, le FSV a dû financer (…) d’un alourdissement de son déficit la prime pour les retraités modestes sur l’exercice 2014 (…). Il ne semble pas opportun que de nouvelles charges puissent être décidées par décret ». Ces débats illustrent à quel point chaque euro de solidarité vieillesse, de la retraite de base à l’ASPA en passant par les anciennes majorations pour conjoint, reste compté « au centime d’euros » près en 2026, ce qui impose de vérifier au cas par cas tous les dispositifs mobilisables plutôt que d’espérer un suplement caché.

En bref

  • Depuis la fermeture du dispositif aux nouveaux droits en 2011, la majoration pour conjoint à charge ne concerne plus qu’une poignée de retraités du régime général et quelques régimes spéciaux en 2026.
  • Le texte précise le montant 2026, les conditions d’âge et de ressources du conjoint, ainsi que les rares cas où la majoration peut encore être attribuée ou maintenue.
  • Pour tous les autres, il propose une check-list rapide et des pistes comme l’ASPA afin de ne pas laisser de droits de retraite inutilisés.