Retraite : avec la CSG en hausse et la flat tax à 31,4 %, voici les rares placements qui peuvent encore vous rapporter 1 000 € par mois
Entre pensions qui stagnent et CSG en hausse, beaucoup de Français cherchent comment compléter leur retraite sans se tromper de supports. Combien épargner, sur quels placements miser et avec quels risques fiscaux en 2026 ?

Compléter sa pension avec des revenus réguliers change vite le quotidien : payer un loyer, une aide à domicile, s’offrir quelques voyages. Pour atteindre 1 000 euros nets de plus par mois, beaucoup se tournent vers des placements financiers, sans toujours mesurer le capital à accumuler ni l’impact des règles fiscales récentes sur ces revenus.
Depuis le 1er janvier 2026, la CSG sur les revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 %, ce qui fait grimper les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % et la flat tax à 31,4 %. Cette hausse, issue de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, réduit le rendement net de nombreux supports de retraite : encore faut-il savoir sur quels placements miser.
Chiffrer son besoin et construire le capital avant la retraite
Pour sortir 12 000 euros par an, soit 1 000 euros nets par mois, sans entamer son épargne, les simulations montrent qu’il faut un capital compris entre 240 000 et 300 000 euros, avec un rendement net autour de 4 à 5 %. En épargnant 680 euros par mois placés à 6 % de rendement moyen pendant 20 ans, on atteint environ 300 000 euros ; sur 25 ans, l’effort tombe à 450 euros par mois grâce aux intérêts composés, dans l’exemple donné avec un ETF mondial type MSCI World.
Sur un horizon aussi long, la phase de constitution passe surtout par des placements dynamiques, via la Bourse, logés dans un PEA ou une assurance-vie, plutôt que par la recherche immédiate de revenus mensuels. Si votre pension couvre déjà vos dépenses courantes, multiplier les petites rentes dès aujourd’hui revient souvent à payer de l’impôt pour de l’argent qui restera sur le compte courant, au lieu de laisser le capital travailler et financer plus tard travaux, voyages et imprévus.
Assurance-vie, PER, PEA : les piliers pour améliorer sa retraite
L’assurance-vie reste le placement « couteau suisse » de la retraite : retraits possibles à tout moment et large choix de supports. On peut y combiner un fonds en euros, sans risque de perte en capital, avec des unités de compte plus risquées mais potentiellement plus rémunératrices : SCPI, fonds « équilibrés » ou « dynamiques » investis en actions et obligations, voire fonds obligataires « datés », conçus pour viser 4 % à 6 % de performance annuelle sur quatre ou cinq ans (objectif non garanti) avec un risque de perte limité. Après huit ans, les gains retirés bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple marié, et les prélèvements sociaux restent à 17,2 %, la hausse de 2026 ne touchant pas l’assurance-vie, ce qui rend ce support très interressant pour organiser des retraits programmés à la retraite.
Le Plan d’épargne retraite (PER) vise surtout les épargnants encore en activité et fortement imposés, au moins dans la tranche à 30 % de l’impôt sur le revenu, voire 41 %. Les versements sont déductibles du revenu imposable, mais l’épargne reste bloquée jusqu’à la retraite, sauf rares cas de déblocage. À la sortie, les retraits en capital sont imposables en totalité et les plus-values supportent désormais des prélèvements sociaux à 18,6 %. À savoir. « La fiscalité est attractive si vous prévoyez une forte chute de revenu qui fera baisser votre tranche marginale d’imposition à la retraite. Par exemple, vous versez l’argent sur votre PER aujourd’hui pour bénéficier d’une économie d’impôt de 41% sur la somme alors que vos retraits seront taxés à 30% quand vous serez retraité », a indiqué Julien Male, directeur général adjoint du groupe de conseil en gestion de patrimoine Laplace, cité par Notre Temps.
Comment combiner ses placements pour compléter sa pension ?
Le PEA permet d’investir en actions européennes ou en fonds investis majoritairement sur ces titres. Cinq ans après l’ouverture, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu : seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % s’appliquent. Dans un exemple de portefeuille spécial retraite, 120 000 euros placés en actions versant un dividende moyen de 6 % rapportent 7 200 euros de dividendes bruts par an ; après 18,6 % de prélèvements sociaux, il reste 5 861 euros nets, soit environ 488,4 euros par mois. En pratique, beaucoup d’épargnants complètent ce socle d’actions avec des revenus immobiliers délégués via des SCPI ou de l’immobilier locatif en direct.
Une simulation montre qu’un capital de 280 000 euros peut générer un peu plus de 1 000 euros nets par mois en diversifiant les supports :
- 120 000 euros sur un PEA d’actions à dividendes : environ 5 861 euros nets par an, soit 488,4 euros par mois ;
- 60 000 euros en parts de SCPI logées dans une assurance-vie, avec un rendement hypothétique de 5 % : 3 000 euros bruts, soit 2 484 euros nets après 17,2 % de prélèvements sociaux, environ 207 euros par mois ;
- 100 000 euros dans un bien d’immobilier locatif affichant un rendement brut moyen de 5,9 % : 5 900 euros de loyers bruts, dont on retire 1 000 euros de charges réelles, puis environ 15 % d’impôts selon le régime choisi, soit 4 015 euros nets par an, autour de 334,6 euros nets par mois.
Au total, ces 280 000 euros placés produisent environ 1 030 euros nets mensuels, soit un rendement net global proche de 4,41 %, avec des revenus répartis entre Bourse, immobilier papier et loyers physiques. La hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % sur les PER, PEA, comptes-titres et épargne salariale renchérit de 140 euros l’imposition sur 10 000 euros de gains (3 140 euros prélevés contre 3 000 auparavant), alors que les livrets réglementés, l’assurance-vie et les revenus fonciers restent à l’écart de cette hausse. D’où l’intérêt, avant de modifier vos placements, de faire l’inventaire de vos enveloppes, de votre tranche d’imposition actuelle et future, puis d’ajuster la part de PER, d’assurance-vie, de PEA, de SCPI et d’immobilier pour que votre stratégie colle vraiment à votre retraite.
En bref
- Depuis le 1er janvier 2026, la hausse de la CSG sur les revenus du capital oblige les épargnants français à revoir leurs placements pour la retraite.
- L’article détaille comment utiliser assurance-vie, PER, PEA, SCPI et immobilier locatif pour constituer 240 000 à 300 000 € et viser 1 000 € nets mensuels.
- Des exemples chiffrés de portefeuilles diversifiés et des conseils de combinaison de supports aident à ajuster sa stratégie selon son âge et sa fiscalité.





