Retraite : ce plan d’épargne discret, entre Livret A, assurance-vie et PER, que de plus en plus de Français utilisent pour souffler malgré l’inflation
Entre pensions sous pression et inflation persistante, de plus en plus de retraités revoient en urgence leur stratégie d’épargne à la retraite. Quels arbitrages simples permettent de renforcer le budget sans mettre en péril le capital ?

À la retraite, chaque passage en caisse, chaque facture d’électricité, chaque soutien à un enfant adulte rappelle la même chose : chaque euro compte. Entre des pensions parfois en recul et une inflation qui rogne le budget, beaucoup de nouveaux retraités découvrent que laisser dormir leur épargne comme pendant la vie active ne suffit plus. Ils doivent pourtant continuer à se projeter, sans pour autant prendre des risques qui les empêcheraient de dormir.
Dans ce contexte, beaucoup de Français réorganisent leur stratégie d’épargne à la retraite : ils sécurisent un socle disponible, font mieux travailler le reste grâce à l’assurance-vie et n’acceptent une pincée de risque qu’à condition qu’elle améliore vraiment leur budget mensuel. Cette méthode repose sur quelques réflexes simples, que beaucoup appliquent déjà sans toujours le formuler. Reste à voir comment la mettre en place concrètement.
Pourquoi il ne suffit plus de serrer la ceinture à la retraite
Pour les nouveaux retraités, la retraite n’a rien d’une parenthèse figée. Les factures continuent, les enfants ou petits-enfants ont parfois besoin d’un coup de pouce, et l’inflation grignote mois après mois le panier moyen. Le Journal des Seniors résume bien cette nouvelle donne : « vivre avec moins » ne suffit plus, il faut apprendre à tirer le meilleur de chaque ressource disponible.
Et puis, beaucoup gardent en tête l’idée qu’investir « après la vie active » reviendrait à s’exposer à des risques inutiles ou à une erreur irréversible. Or la plupart des supports d’aujourd’hui combinent prudence, rendement correct et vraie souplesse, à condition de les utiliser dans le bon ordre : d’abord un gros coussin de sécurité, ensuite des placements qui rapportent un peu plus, sans jamais tout mettre au même endroit.
Livret A et assurance-vie : une stratégie d’épargne à la retraite très répandue
Le premier étage, c’est la trésorerie 100 % disponible. Les livrets réglementés comme le Livret A et le LDDS affichent actuellement autour de 1,5 % d’intérêt net d’impôt, quand le LEP monte à environ 2,5 % pour les ménages modestes, tout en garantissant le capital et la liquidité immédiate. « Le réflexe classique consiste à « remplir » d’abord ces produits pour couvrir les imprévus : santé, aides à la famille, ou frais liés au logement. » Leur rendement reste modeste, mais ils sécurisent plusieurs mois, parfois un an de dépenses.
Une fois ce matelas constitué, certains retraités bloquent une part de leur épargne sur des comptes à terme, mieux rémunérés mais moins souples en cas de coup dur. Pour faire travailler le reste, ils utilisent surtout l’assurance-vie : les fonds en euros y offrent un capital garanti (hors frais) et il est possible d’y programmer des retraits réguliers pour compléter la pension tout en profitant, après huit ans, d’abattements fiscaux. Une formule revient souvent : « Un mix « fonds euros + unités de compte » à hauteur limitée offre souvent le bon compromis interressant entre performance et sécurité ».
PER et non-coté : ajuster sans se mettre en danger sa stratégie d’épargne à la retraite
Beaucoup détiennent aussi un Plan d’épargne retraite. Fin 2025, 12,7 millions de personnes en avaient ouvert un, pour 141,1 milliards d’euros. Depuis la loi de 2023 sur l’industrie verte, la gestion pilotée doit y intégrer une petite part d’actifs non cotés en capital-investissement. Dans 60 Millions de consommateurs, l’expert Cyrille Chartier-Kastler rassure : « Le risque est donc limité, note Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Good Value for Money, surtout pour le PER dont les fonds sont censés (sauf exception) être conservés jusqu’à la retraite. Un peu plus de risque pour l’assurance vie puisque l’épargnant peut retirer ses fonds à tout moment. »
Un autre spécialiste se montre même optimiste : « Cette insertion dans le non-coté devrait même être bénéfique aux épargnants en dynamisant potentiellement – au même titre que les actions – la performance de leurs placements. Sur le long terme, en effet, le private equity peut procurer des rendements intéressants », explique Sébastien Roca.
En bref
- Avec des pensions parfois en recul et une inflation durable, de nombreux retraités français réorganisent leur stratégie d’épargne à la retraite pour préserver leur pouvoir d’achat.
- Entre Livret A pour le matelas de sécurité, assurance-vie en fonds en euros et unités de compte, PER et part mesurée d’actifs non cotés, l’objectif est de générer des revenus complémentaires sans prendre de risques excessifs.
- En ajustant ces différents supports étape par étape, il devient possible de dégager chaque mois un complément de pension précieux tout en gardant la main sur son capital.





