PER 2026 : CSG à 10,6 %, fin de la déduction après 70 ans mais plafonds dopés et 5 ans pour rattraper vos versements, faut‑il encore y croire ?
En 2026, le Plan d’Épargne Retraite bascule : CSG portée à 10,6 %, fin de la déduction après 70 ans, mais plafonds relevés et report sur 5 ans. Qui gagne ou perd vraiment avec ces nouvelles règles fiscales et comment adapter sa stratégie avant la retraite ?

En 2025, plus d’un million et demi de Français ont ouvert un Plan d’épargne retraite, portant à près de 13 millions le nombre de détenteurs et à plus de 150 milliards d’euros le capital placé. Ce succès du Plan d’Épargne Retraite, pensé pour compléter la pension de base par capitalisation, tient beaucoup à son avantage fiscal à l’entrée et aux doutes persistants sur la capacité du système par répartition à assurer seul un niveau de vie confortable.
Depuis le 1er janvier 2026, ce produit star n’échappe pourtant pas au tour de vis fiscal : la CSG passe à 10,6 %, la fiscalité des gains se renforce, mais vos plafonds de déduction augmentent dans le même temps grâce au PASS 2026 à 48 060 €. Deux mauvaises et deux bonnes nouvelles se télescopent pour les détenteurs de PER, au point de rebattre les cartes entre PER, assurance vie et livrets réglementés. Et tout se joue désormais dans la façon de s’en servir.
PER 2026 : la double mauvaise nouvelle sur la fiscalité
Première alerte pour 2026 : les prélèvements sociaux sur les gains de votre PER montent en puissance. La CSG grimpe de 9,2 % à 10,6 %, ce qui fait passer le total des prélèvements sociaux à 18,6 % et le Prélèvement Forfaitaire Unique à 31,4 %. Concrètement, sur 10 000 euros de plus-values retirées, la facture fiscale passe de 3 000 à 3 140 euros, soit 140 euros de moins pour l’épargnant et autant de plus pour l’administration. Le rendement net final de votre contrat ressort donc amoindri, surtout en cas de grosses sommes sorties en capital.
Deuxième mauvaise nouvelle, plus discrète mais tout aussi structurante : la réforme de 2026 acte la suppression de la déduction fiscale des versements après 70 ans. Les stratégies de « gros versement » tardif pour effacer une partie de l’impôt sur le revenu perdent une grande partie de leur intérêt, puisque les cotisations versées au-delà de 70 ans ne viennent plus réduire le revenu imposable. Pour les épargnants proches de la retraite, le levier consiste désormais à saturer leurs plafonds de déduction entre 65 et 69 ans, avant de franchir cette barrière d’âge qui ferme la porte à ce moteur fiscal.
PER 2026 : plafonds de déduction en hausse et report sur 5 ans
Côté bonnes nouvelles, le Plan d’Épargne Retraite profite en 2026 de la revalorisation du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale, le PASS porté à 48 060 €, en hausse de 2 %. Comme le calcul des plafonds de déduction repose sur cet indicateur, votre capacité à réduire votre impôt progresse mécaniquement. Pour les salariés, le plafond utilisable augmente, ce qui autorise des versements déductibles plus élevés. Les travailleurs non-salariés ajustent eux aussi leurs versements en fonction de leurs bénéfices professionnels, le PASS venant encadrer leur limite spécifique, ce qui renforce la dimension fiscale du PER pour les TNS, surtout avec une tranche marginale d’imposition élevée.
Autre évolution favorable, le report des plafonds non utilisés s’assouplit : le délai passe désormais de trois à cinq ans. Cette extension offre une vraie marge de manœuvre pour lisser ses efforts d’épargne ou concentrer un versement important lors d’une année de revenus exceptionnels, d’une prime ou d’un héritage. En pratique, il devient possible de « rattraper » plusieurs années de plafonds disponibles et de les utiliser d’un coup sur une année où la pression fiscale est forte. L’administration fiscale actualise ces données automatiquement sur l’avis d’imposition, ce qui permet à chacun de visualiser le stock de plafonds mobilisables avant, là encore, l’échéance des 70 ans.
PER 2026 : PER ou assurance vie, que faire de ces changements ?
Pour y voir clair, certains professionnels rappellent d’abord qu’il faut distinguer les familles de placements. Margot Vauquelin, chargée de clientèle chez Axa Épargne et Protection, résume ainsi la différence de base : « Il faut différencier ici l’épargne bancaire de l’épargne assurancielle pour plusieurs raisons. Le rendement de l’assurance vie par exemple va varier en fonction de la durée de placement et du profil de risque souhaité », explique-t-elle, interrogée par le Journal des Femmes. Du côté des livrets, elle cite un produit très cadré : « Pour l’épargne bancaire, je pense au Livret d’épargne Populaire (LEP) qui a un rendement actuellement de 2,5%, sécurisé, mais qui n’est pas accessible à tous puisqu’il est conditionné à un plafond de revenus. » Dans ce paysage, le PER s’inscrit clairement comme outil de long terme, avec un horizon retraite et un blocage des fonds jusqu’à cette échéance sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi.
Face au PER, l’assurance vie garde de sérieux atouts. « L’avantage majeur de l’assurance vie c’est la transmission », souligne Margot Vauquelin, qui rappelle que ce support permet de choisir librement ses bénéficiaires et de profiter d’un cadre successoral spécifique. « C’est le placement préféré des Français », résume-t-elle, d’autant que ses gains restent taxés à 17,2 % de prélèvements sociaux sur les contrats protégés de la hausse de CSG, quand le PER subit désormais 18,6 %. Pour la retraite, elle ajoute toutefois une nuance importante : « Pour un objectif à long terme et pour préparer sa retraite, le PER avec une composition majoritairement Unités de Compte peut être pertinent, d’autant qu’il peut permettre de générer des avantages fiscaux en plus de sa rentabilité ». En pratique, beaucoup d’épargnants articulent ces produits de la façon suivante :
- garder une épargne de précaution sur des livrets réglementés pour la sécurité et la disponibilité immédiate ;
- utiliser l’assurance vie comme enveloppe centrale pour faire travailler un capital à moyen et long terme, avec une transmission souple ;
- réserver le PER 2026 à la préparation ciblée de la retraite, en profitant des plafonds revalorisés et du report sur cinq ans, ce qui reste très interressant pour les contribuables fortement imposés avant 70 ans malgré la fiscalité alourdie à la sortie.
En bref
- En France, près de 13 millions d’épargnants détenaient un Plan d’Épargne Retraite fin 2025, alors que 2026 marque un tournant fiscal majeur pour ce produit.
- En 2026, la fiscalité du PER se durcit avec une CSG à 10,6 % et la fin de la déduction après 70 ans, tandis que les plafonds de déduction augmentent et que le report des droits est porté à cinq ans.
- Entre PER, assurance vie et livrets, l’enjeu pour les épargnants consiste désormais à arbitrer et à ajuster leurs versements pour profiter au mieux de ces nouvelles règles.





