Retraite : cette surcote parentale que vous voyez sur votre simulation sera-t-elle vraiment versée ? Les générations 1964-1965 particulièrement exposées

Par Paul Graph - Publié le

Sur votre simulation de retraite, une mystérieuse surcote parentale promet jusqu’à 5 % de pension en plus, alors que la réforme 2023 est bousculée. Est-elle vraiment maintenue et à quelles conditions pouvez-vous encore en profiter ?

Retraite : cette surcote parentale que vous voyez sur votre simulation sera-t-elle vraiment versée ? Les générations 1964-1965 particulièrement exposées

Sur votre estimation de retraite, une ligne attire l’œil et soulève aussitôt des questions : cette mystérieuse surcote parentale qui promet quelques pourcents de pension en plus. Entre réforme des retraites, reports d’âge légal et annonces de suspension, difficile de savoir si ce bonus existera vraiment au moment où votre tour viendra.

C’est exactement ce qui tracasse Avise, qui s’interroge : « La surcote parentale est-elle maintenue? Je la vois sur ma simulation de retraite. Mais comme tout change je préfère demander? », confie-t-elle dans une question relayée par le site Notre Temps. Derrière cette inquiétude très concrète se cache un mécanisme assez technique, mais potentiellement précieux.

Surcote parentale : le principe et le gain possible pour votre retraite

La surcote parentale fait partie des nouveautés issues de la réforme des retraites entrée en vigueur autour du 1er septembre 2023. L’idée : compenser la situation des parents, en particulier des mères, qui ont obtenu des trimestres de majoration de durée d’assurance pour maternité, adoption, éducation, congé parental ou enfant handicapé, mais doivent malgré tout travailler plus longtemps avec le relèvement de l’âge légal. Concrètement, ce dispositif prévoit une majoration de 1,25 % par trimestre cotisé au-delà de la durée d’assurance requise pour le taux plein, au cours de l’année précédant l’âge légal de départ à la retraite.

Autrement dit, si vous avez déjà tous vos trimestres pour le taux plein et que vous continuez à travailler de 63 à 64 ans, chaque trimestre effectué sur cette période ouvre droit à une hausse définitive de 1,25 % de votre pension de base, dans la limite de quatre trimestres, soit jusqu’à 5 % sur une année complète. Cette surcote vient s’ajouter aux trimestres déjà attribués pour les enfants, qui peuvent aller jusqu’à 8 par enfant (4 pour la naissance ou l’adoption, 4 pour l’éducation). Elle est distincte de la majoration de 10 % accordée aux parents de trois enfants ou plus, qui constitue un autre avantage et peut se cumuler.

Surcote parentale : conditions d’âge, de trimestres et générations concernées

Pour profiter de la surcote parentale retraite, plusieurs conditions doivent être réunies. Il ne suffit pas d’être parent, ni même d’avoir eu une carrière interrompue pour élever ses enfants. L’Assurance retraite rappelle qu’il faut d’abord avoir obtenu au moins un trimestre de majoration de durée d’assurance au titre d’un enfant (maternité, adoption, éducation, congé parental ou enfant handicapé), puis avoir atteint la durée d’assurance nécessaire pour le taux plein, soit 43 annuités pour les générations les plus récentes, avant d’atteindre l’âge légal. Enfin, l’âge légal de départ doit être au moins égal à 63 ans pour que la surcote s’applique sur l’année qui le précède.

La suspension partielle de la réforme est venue compliquer la donne. Avant cette suspension, les générations nées à compter de 1964 pouvaient bénéficier de la surcote parentale, leur âge légal étant fixé à 63 ans. Désormais, seules les générations nées à partir d’avril 1965 remplissent cette condition, leur nouvel âge légal restant fixé à 63 ans, tandis que les assurés nés entre avril 1964 et le 31 mars 1965 ont vu leur âge légal abaissé à 62 ans et 9 mois. En pratique, un parent né en début 1964, même avec des trimestres pour enfants et une carrière suffisament longue pour le taux plein, ne se trouve plus dans la « fenêtre » de 63 à 64 ans permettant de générer cette surcote spécifique.

La surcote parentale est-elle maintenue et comment lire votre simulation de retraite ?

Face à ces changements d’âge légal, beaucoup redoutent que le dispositif disparaisse tout simplement. L’Assurance retraite se veut pourtant claire : « Bonjour, je vous confirme que le dispositif de surcote parentale n’a pas été supprimé. », répond l’organisme à la question d’une assurée. Le mécanisme reste donc en vigueur, mais son accès dépend très étroitement de votre année de naissance, de vos trimestres liés aux enfants et du moment où vous atteignez le taux plein par rapport à votre âge légal. La surcote parentale ne permet pas de partir plus tôt, elle rémunère seulement les trimestres travaillés en plus, dans l’année qui précède l’âge légal.

Si une ligne « surcote parentale » apparaît dans votre simulation, cela signifie que, d’après les données connues (trimestres pour enfants, carrière validée), votre dossier remplit en théorie ces critères et que le calcul anticipe des trimestres effectués entre 63 et 64 ans une fois votre durée d’assurance pour le taux plein atteinte. Pour vérifier que ce bonus sera effectivement au rendez-vous, il faut donc contrôler trois points : vos trimestres de majoration pour enfants sont bien enregistrés, la date d’obtention du taux plein intervient avant l’âge légal qui s’applique à votre génération (62 ans et 9 mois ou 63 ans selon votre année et votre mois de naissance), et vous envisagez de rester en activité jusqu’à cet âge légal, au moins pendant un trimestre, voire jusqu’à quatre trimestres pour viser la hausse maximale de 5 %.

En bref

  • Depuis la réforme des retraites de 2023, la surcote parentale majore définitivement la pension de base des parents ayant des trimestres liés aux enfants.
  • Le dispositif accorde 1,25 % par trimestre travaillé dans l’année précédant l’âge légal, jusqu’à 5 %, pour les parents à taux plein dont l’année de naissance ouvre droit à cette fenêtre.
  • L’Assurance retraite confirme que la surcote parentale est maintenue, mais seuls les assurés remplissant des critères d’âge, de trimestres enfants et de carrière verront ce bonus figurer sur leur retraite.