Retraite des agriculteurs : ce nouveau calcul sur vos 25 meilleures années, appliqué depuis le 1er janvier 2026, va-t-il changer votre pension ?
Dès le 1er janvier 2026, la retraite des non-salariés agricoles bascule vers un calcul sur les 25 meilleures années, aligné sur le régime général. Qui verra vraiment sa pension augmenter avec cette nouvelle règle et comment le savoir ?

Après une vie de travail rythmée par les aléas climatiques et les variations de prix, beaucoup d’agriculteurs découvrent au moment de la retraite une pension bien plus faible que prévu. La pension de base moyenne des non-salariés agricoles atteint seulement 497 € par mois, et même pour une carrière complète elle plafonne à 981 € hors complémentaire. Dans ce contexte, chaque euro compte et la façon dont la pension est calculée pèse lourd dans le résultat final.
Depuis le 1er janvier 2026, un nouveau mode de calcul vient justement changer la donne pour la retraite des agriculteurs, des conjoints collaborateurs et des aides familiaux. Désormais, la retraite de base est déterminée à partir des 25 meilleures années de revenus, et non plus sur l’ensemble de la carrière comme auparavant. Reste à voir comment cette règle s’applique concrètement à chaque parcours.
Retraite des agriculteurs : le passage aux 25 meilleures années de carrière
Jusqu’à fin 2025, la retraite de base des chefs d’exploitation et des entreprises agricoles était calculée sur toute la carrière, ce qui tirait la moyenne vers le bas en cas de longues périodes de faibles revenus. La réforme votée à l’unanimité par le Parlement le 13 février 2023 a acté un changement attendu de longue date : depuis 2026, le calcul se fait comme pour les autres salariés et indépendants, sur la moyenne des 25 meilleures années de revenus, afin d’atténuer l’impact des « mauvaises années ». En filigrane, l’objectif est de rapprocher encore le régime des non-salariés agricoles du régime général.
En France, environ 1,1 million de retraités non-salariés agricoles perçoivent aujourd’hui une pension, dont la moitié étaient chefs d’exploitation. Ce nouveau calcul concerne les agriculteurs exploitants, mais aussi les conjoints collaborateurs et les aides familiaux qui liquident leur retraite à partir de 2026. Pour les anciens retraités, rien ne change. L’âge légal de départ, le nombre de trimestres requis pour le taux plein, les règles de surcote, de décote ou de retraite anticipée restent alignés sur celles des autres salariés, le cœur de la réforme portant bien sur la façon de déterminer le revenu moyen de référence.
Poly-pensionnés, conjoints, aides familiaux : qui profite du nouveau calcul de la retraite agricole
Une particularité du monde agricole est la fréquence des carrières « hachées ». Selon la MSA, environ 75 % des exploitants sont polypensionnés, c’est-à-dire qu’ils ont cotisé à plusieurs régimes au fil de leur vie professionnelle. Dans ce cas, les 25 meilleures années sont réparties entre les régimes au prorata du temps passé dans chacun. Par exemple, si vous avez été salarié du régime général pendant 8 ans puis exploitant agricole durant 32 ans, vous totalisez 40 années de travail dont 80 % comme non-salarié agricole. Pour votre retraite agricole, on retiendra alors 20 années issues de votre carrière agricole et 5 années issues de votre activité salariée. Une mécanique qui permet de mieux valoriser les périodes les plus favorables de chaque proffession.
Le dispositif inclut aussi les conjoints collaborateurs et les aides familiaux. Le conjoint collaborateur, marié, pacsé ou en concubinage avec le chef d’exploitation, participe à l’activité sans être ni salarié ni exploitant ; pour bénéficier d’une retraite de réversion, il faut en revanche être marié. Les aides familiaux, eux, sont des membres de la famille de plus de 16 ans qui vivent et travaillent régulièrement sur l’exploitation sans percevoir de salaire. Pour tous, la faiblesse de la pension de base reste largement compensée par d’autres droits : « Le faible montant de la pension de base est majoré par le versement de la retraite complémentaire et l’existence d’autres pensions venant d’autres régimes », indique Florian Viel de la MSA. Pour mesurer l’effet du nouveau calcul sur votre propre situation, la MSA recommande de réaliser une simulation sur le site info-retraite.fr, puis de déposer une « demande unique » de retraite, idéalement cinq mois avant la date de départ souhaitée, afin que tous les régimes auxquels vous avez cotisé soient informés en même temps.
En bref
- À partir du 1er janvier 2026, la retraite de base des non-salariés agricoles est calculée sur leurs 25 meilleures années de revenus au lieu de l’ensemble de la carrière.
- Ce nouveau mode de calcul, aligné sur le régime général, vise à mieux valoriser les carrières marquées par des revenus irréguliers, y compris pour les poly-pensionnés, conjoints collaborateurs et aides familiaux.
- Entre revalorisation potentielle des pensions et règles encore techniques, l’enjeu est désormais de comprendre si votre parcours agricole fait partie de ceux qui profiteront le plus de cette réforme.







