Retraites 2026 : +0,9 % sur le papier, mais ces règles de CSG pourraient faire chuter la pension nette de nombreux Français dès février
Revalorisées de 0,9 % au 1er janvier 2026, de nombreuses pensions de retraite pourraient pourtant rapporter moins une fois les prélèvements sociaux appliqués. Comment la CSG retraite 2026 peut-elle transformer cette bonne nouvelle en baisse nette ?

Comme Alain Souchon, beaucoup de retraités pourront se dire « C’est déjà ça » : leurs pensions de base seront relevées de 0,9 % au 1er janvier 2026, à hauteur de l’inflation hors tabac mesurée par l’Insee. L’idée d’une année blanche, sans aucune revalorisation, avait pourtant été inscrite dans la première version du budget de la Sécurité sociale avant d’être abandonnée, ce qui ressemblait à une vraie bouffée d’air.
La hausse sera modeste, mais concrète : 7,2 € de plus par mois pour une retraite de base de 800 €, 9 € pour une pension de 1 000 €, qui seront versés avec la pension de janvier payée le 9 février 2026 (le 2 février en Alsace-Moselle). Pour une partie des retraités, pourtant, cette revalorisation pourrait à peine compenser, voire masquer, une baisse de la pension nette liée aux prélèvements sociaux. La raison se cache dans trois lettres : CSG.
Revalorisation 2026 et CSG retraite 2026 : le grand écart
Juridiquement, les pensions de base font l’objet d’une revalorisation automatique au 1er janvier, « sur la base d’un coefficient égal à l’évolution de la moyenne annuelle des prix à la consommation, hors tabac, calculée sur les douze derniers indices mensuels », publiés par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), « l’avant-dernier mois qui précède la date de revalorisation », conformément aux articles L. 161-23-1 et L. 161-25 du Code de la Sécurité sociale. Les prix à la consommation hors tabac ont progressé de 0,9 % sur un an en novembre, ce qui explique la hausse de 0,9 % prévue sur les pensions de base en 2026.
Le texte initial du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoyait pourtant une dérogation : l’article 44 indiquait que « les pensions de retraite servies par les régimes obligatoires de base » « et leurs majorations, accessoires et suppléments » ne devaient pas augmenter le 1er janvier 2026, avant d’être réindexées de 2027 à 2030 avec 0,4 point de moins que l’inflation. À l’issue d’un compromis entre le gouvernement et une partie de la gauche, cette année blanche a disparu du texte adopté et la règle d’indexation classique s’applique donc bien pour 2026.
Ce coup de pouce de 0,9 % reste pourtant le plus faible depuis 2021, année où les pensions avaient été revalorisées de 0,4 %. Elles ont ensuite augmenté de 1,1 % au 1er janvier 2022, de 4 % au 1er juillet 2022 puis de 0,8 % au 1er janvier 2023, avant une hausse de 5,3 % au 1er janvier 2024 et de 2,2 % au 1er janvier 2025. En apparence, la mécanique semble donc fonctionner : l’inflation est compensée année après année et les retraités voient leur pension brute progresser. Ce sont les règles de calcul des prélèvements sociaux, et en premier lieu celles de la CSG retraite 2026, qui viennent changer la donne.
Barème CSG retraite 2026 : pourquoi votre pension nette peut baisser
Les retraites sont soumises à plusieurs prélèvements sociaux : la CSG, mais aussi la contribution de solidarité pour l’autonomie (CASA) et la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS). Le barème de CSG comporte quatre taux sur les pensions : 0 %, 3,8 %, 6,6 % et 8,3 %, déterminés en fonction du revenu fiscal de référence et du nombre de parts du foyer. Pour un retraité seul disposant d’une part fiscale, la CSG à 0 % s’applique ainsi jusqu’à un revenu fiscal de référence de 13 048 €, le taux réduit de 3,8 % entre 13 049 € et 17 057 €, le taux de 6,6 % entre 17 058 € et 26 470 €, puis le taux plein de 8,3 % au-delà de 26 470 €. Pour 2026, ce barème est revalorisé de 1,8 % en fonction de l’inflation 2024, alors que les pensions ont été revalorisé de 5,3 % au 1er janvier 2024 : les revenus des retraités progressent donc bien plus vite que les seuils, ce qui peut les faire « sauter » une tranche et augmenter leur taux de CSG, de CRDS et de CASA.
Pour un foyer comptant deux parts, l’exonération est possible jusqu’à un revenu fiscal de référence de 20 014 €, le taux de 3,8 % s’applique entre 20 015 € et 26 165 €, celui de 6,6 % entre 26 166 € et 40 604 €, et le taux de 8,3 % au-dessus de 40 604 €, avec des seuils relevés pour chaque demi-part supplémentaire. Les retraités qui verront leur pension nette baisser en 2026 sont ceux dont le revenu fiscal de référence 2024 les fait passer d’une tranche à l’autre : ce nouveau taux sera pris en compte dès janvier sur les pensions complémentaires Agirc-Arrco, puis en février pour les retraites de base et entre février et mars selon les caisses Cnav, Carsat ou MSA. Si vous êtes aujourd’hui au taux réduit de 3,8 %, un mécanisme de « lissage » limite toutefois le choc, car votre taux n’évolue que si la hausse de votre revenu fiscal de référence se produit deux années de suite. Pour savoir si vous risquez une baisse de pension en 2026, trois réflexes simples peuvent aider :
- repérer votre revenu fiscal de référence 2024 sur votre avis d’imposition reçu en 2025 ;
- compter vos parts fiscales et comparer ce revenu aux seuils du barème de CSG retraite 2026 ;
- mettre en regard ce nouveau taux avec celui qui s’appliquait déjà à votre pension en 2025.
En bref
- Au 1er janvier 2026, les retraites de base Cnav, Carsat ou MSA seront revalorisées de 0,9 % après l’abandon d’une année blanche initialement prévue par le budget de la Sécurité sociale.
- La mise à jour du barème de la CSG retraite 2026, fondée sur le revenu fiscal de référence 2024, peut faire basculer certains foyers vers un taux supérieur de prélèvements sociaux, réduisant leur pension nette.
- En vérifiant son revenu fiscal de référence, ses parts fiscales et le taux de CSG appliqué en 2025, chaque retraité peut évaluer s’il risque une baisse de pension en 2026 et de quel ordre.





