Retraités : ces biens immobiliers à l’étranger peuvent vous faire perdre jusqu’à 1 000 € d’ASPA par mois en 2025 sans que vous le sachiez

Par Paul Graph - Publié le

En 2025, un pied-à-terre au Portugal ou une maison de famille en Italie peut faire fondre vos aides de minimum vieillesse. Jusqu’où l’ASPA prend-elle en compte vos biens immobiliers à l’étranger et comment éviter une mauvaise surprise ?

Retraités : ces biens immobiliers à l’étranger peuvent vous faire perdre jusqu’à 1 000 € d’ASPA par mois en 2025 sans que vous le sachiez

Une petite maison blanche au Portugal, un appartement avec balcon en Espagne, une vieille bâtisse familiale en Italie… Pour beaucoup de Français, la retraite rêvée se joue désormais à l’étranger. Mais derrière cette carte postale, une question s’impose : ces biens immobiliers à l’étranger restent-ils vraiment sans effet sur vos aides une fois à la retraite, en particulier sur le minimum vieillesse rebaptisé ASPA ?

Car en 2025, la période hivernale rime avec factures qui montent, fêtes à préparer et calculs budgétaires serrés. Dans ce contexte, apprendre qu’un appartement loué à Lisbonne ou une maison de famille en Toscane peut faire fondre jusqu’à près de 1 000 € d’aides par mois a de quoi inquiéter. La façon dont les caisses regardent votre patrimoine a clairement changé.

ASPA : pourquoi vos biens immobiliers à l’étranger sont désormais scrutés

Impossible aujourd’hui de compter sur un « patrimoine hors radar ». Les caisses de retraite et les organismes qui versent l’allocation de solidarité aux personnes âgées ou l’ASI tiennent compte de tout le patrimoine immobilier du bénéficiaire, qu’il soit situé en France ou au bout de l’Europe. Les échanges d’informations entre pays se sont intensifiés, ce qui rend très difficile l’existence d’une maison « invisible » au bord du lac de Côme ou en Andalousie.

La logique n’est pas nouvelle, mais son application s’est resserrée. Les formulaires de 2025 mentionnent clairement les « biens immobiliers en France ou à l’étranger ». Oublier de signaler un bien hors de France expose désormais à des régularisations avec remboursement d’ASPA ou d’ASI, à des pénalités en cas de fraude avérée, voire à des poursuites dans les cas les plus lourds. Déclarer reste bien moins risqué que laisser penser que l’on ne possède rien.

Comment vos biens à l’étranger peuvent faire chuter l’ASPA et l’ASI

L’ASPA et l’allocation supplémentaire d’invalidité reposent sur une étude complète des ressources et du patrimoine. Elles peuvent représenter, ensemble, plus de 1 000 € par mois pour certains profils. Seule la résidence principale échappe au calcul : tout autre bien, en France ou à l’étranger, entre en ligne de compte dès qu’il s’agit de patrimoine immobilier.

Pour un bien à l’étranger, deux cas se présentent. S’il est loué, les revenus locatifs (après certaines charges) s’ajoutent à vos ressources, comme pour un appartement situé en Bretagne. S’il n’est pas loué, la caisse applique un revenu fictif de 3 % de la valeur du bien, ajouté chaque année à vos ressources. Avec une maison de 200 000 €, ce revenu théorique atteint 6 000 € par an, soit 500 € par mois. De quoi faire franchir le plafond de ressources ASPA fixé en 2025 à 12 411,44 € par an pour une personne seule et 19 268,80 € pour un couple, et réduire fortement, voire annuler, le montant versé.

Comment éviter de perdre jusqu’à 1 000 € d’ASPA à cause d’un bien à l’étranger ?

Dans la pratique, les effets peuvent être spectaculaires. Une personne seule avec une pension française de 700 € par mois et un petit appartement loué à Lisbonne pour 400 € se retrouve avec 1 100 € de ressources mensuelles : le seuil de l’ASPA est atteint ou dépassé, l’aide devient symbolique ou disparaît. Un couple avec 1 000 € de revenus et une maison de famille en Toscane non louée, estimée à 200 000 €, voit 500 € de revenu fictif s’ajouter chaque mois : le droit à l’aide subsiste, mais le complément versé se réduit nettement, ce qui pèse directement sur le reste à vivre.

Pour limiter la casse, quelques réflexes s’imposent à tout retraité interressé par l’ASPA biens immobiliers à l’étranger :

  • déclarer systématiquement tout bien immobilier hors résidence principale, y compris les maisons héritées ou peu utilisées à l’étranger ;
  • faire estimer régulièrement la valeur de ces biens pour que le calcul des 3 % repose sur un montant réaliste ;
  • conserver actes de propriété, évaluations et quittances de loyer pour répondre en cas de contrôle ;
  • envisager, si le bien déséquilibre vos aides, une vente, une mise en location ou un don familial, après conseil auprès de la CARSAT, d’un service social ou d’un professionnel du patrimoine.