Assurance vie : vos unités de compte font 5,5 % en 2025, et ces 3 leviers concrets à activer peuvent sécuriser votre contrat tout en dopant le rendement
En 2025, les unités de compte ont rapporté plus du double des fonds en euros, au prix d’un risque bien réel sur votre capital. Comment organiser ETF, actifs non cotés et bonus de fonds en euros pour gagner en rendement sans perdre le sommeil ?

En 2025, les supports en unités de compte d’assurance vie ont rapporté en moyenne 5,5 %, contre 2,65 % pour les fonds en euros, d’après une étude de France Assureurs. Ces supports non garantis, exposés aux marchés financiers, ont donc plus que doublé le rendement du socle sécurisé. Fin 2025, leurs encours atteignaient 666,4 milliards d’euros, soit 32,4 % de l’épargne en assurance vie. Autrement dit, toujours plus d’épargnants ont pris le virage, parfois sans mesurer pleinement le risque pris sur leur capital.
Les actions et fonds actions ont affiché en 2025 une performance moyenne de 8,1 %, quand les fonds immobiliers en unités de compte sont restés dans le rouge, à -2,9 % après déjà -6,6 % en 2024 et -7,5 % en 2023. Sur la période 2021-2025, les fonds supports d’unités de compte ont dégagé 4,91 % par an en moyenne, mais avec de forts écarts entre catégories. Pour sécuriser ses unités de compte en assurance vie sans renoncer au rendement, tout l’enjeu est donc d’organiser ces supports autour de quelques leviers bien choisis.
Assurance vie : encadrer le risque de vos unités de compte
Les unités de compte n’offrent aucune garantie en capital, contrairement au fonds en euros qui bénéficie d’un effet cliquet. Elles peuvent délivrer de belles performances, mais aussi subir des phases de baisse parfois longues, comme l’ont montré les fonds immobiliers ces dernières années. A l’inverse, les ETF, ces fonds indiciels cotés, affichent entre 2021 et 2025 la meilleure performance annualisée des supports en unités de compte, à 10,09 %, devant les fonds actions (7,62 %). Le choix des briques à l’intérieur de la poche UC pèse donc bien plus que la simple proportion d’UC dans le contrat.
Pour Benjamin Prod’homme, associé gérant chez Cézembre Capital, la clé tient dans une construction méthodique de cette poche. « La bonne stratégie consiste à articuler trois briques : un socle de fonds en euros boosté par un taux d’unités de compte suffisant, une poche d’ETF diversifiés pour capter la performance des marchés cotés à coûts réduits, et une poche d’actifs non cotés pour aller chercher du rendement supplémentaire », explique-t-il, cité par Capital. « Cette combinaison permet de sécuriser le capital tout en dopant la performance globale du contrat sur la durée ».
ETF et actifs non cotés : les bons alliés de vos unités de compte
Dans cette architecture, les ETF forment le moteur principal de la performance. « Avec des frais de gestion souvent dix fois inférieurs à ceux des fonds actifs et des performances qui, sur le long terme, surpassent la majorité des gérants traditionnels, les ETF sont devenus un outil incontournable pour construire un portefeuille efficient », rappelle Benjamin Prod’homme. Ces fonds indiciels permettent d’exposer son contrat aux grandes classes d’actifs – actions, obligations – à coûts réduits, tout en conservant une allocation lisible. L’idée est de privilégier des ETF larges, liquides et répliqués physiquement, puis d’ajuster la part actions et obligations en fonction de son confort face aux fluctuations.
En complément, une poche d’actifs non cotés – private equity, dette privée, infrastructures – vient ajouter des moteurs de rendement moins corrélés aux marchés boursiers. « Ces contrats permettent à l’épargnant de capter des sources de rendement décorrélées des marchés cotés. Ces classes d’actifs sont aujourd’hui un levier essentiel de diversification et de résilience patrimoniale, en particulier dans un environnement géopolitique incertain », insiste Benjamin Prod’homme. Sur cinq ans, le private equity atteint ainsi 6,35 % de performance annualisée, ce qui en fait un relais de croissance pour accompagner les phases de creux des marchés cotés, au prix d’une liquidité plus faible.
Bonus de fonds en euros : comment vos unités de compte peuvent doper le rendement ?
Dernier levier pour sécuriser l’ensemble du contrat : utiliser intelligemment la relation entre unités de compte et bonus de rendement du fonds en euros. « Beaucoup d’épargnants ignorent que la part d’unités de compte dans leur contrat n’améliore pas seulement la performance globale, elle dope également directement le rendement du fonds en euros », note Benjamin Prod’homme. « Certains assureurs appliquent un système de bonification de rendement supplémentaire pouvant doubler la rémunération du fonds en euros pour aller jusqu’à 5 % nets en fonction du taux d’unités de compte ». Alors que les fonds en euros ont rapporté en moyenne 2,65 % en 2025, ce coup de pouce peut peser lourd dans le rendement global, à condition de ne pas surdimensionner la part risquée pour autant.
Avant d’augmenter ou de réduire la part d’unités de compte pour profiter de cette mécanique, un passage en revue s’impose. Pensez à vérifier :
- les frais de votre contrat (gestion, ETF, arbitrages, fonds non cotés) qui grignotent directement le rendement net obtenu ;
- les conditions de bonification du fonds en euros, pour vérifier que la part d’unités de compte exigée reste cohérente avec votre tolérance au risque et vos interets ;
- la façon dont vous diversifiez dans le temps, en mettant en place des versements programmés et des rééquilibrages périodiques afin de lisser les à-coups de marché.
En bref
- En 2025, selon France Assureurs, les unités de compte d’assurance vie ont servi 5,5 % contre 2,65 % pour les fonds en euros, tandis que leur part dans l’épargne grimpe à plus de 32 %.
- L’article détaille une stratégie en trois leviers mêlant ETF à faibles frais, actifs non cotés et bonus de fonds en euros conditionnés à un certain pourcentage d’unités de compte.
- Entre allocations types par profil, check-lists de frais et options de sécurisation, vous obtenez une méthode concrète pour encadrer le risque tout en visant un meilleur rendement global.





