Assurance vie : ce choix de support entre fonds en euros à 2,6 % et unités de compte à 8,5 % peut tout changer pour votre épargne à long terme

Par Paul Graph - Publié le

Entre fonds en euros et unités de compte, le choix de vos supports d’assurance vie pèse lourd sur vos gains futurs. Comment arbitrer sécurité et rendement sans mettre en danger votre projet ?

Assurance vie : ce choix de support entre fonds en euros à 2,6 % et unités de compte à 8,5 % peut tout changer pour votre épargne à long terme

Entre deux contrats d’assurance vie qui affichent la même fiscalité, les résultats à long terme peuvent être radicalement différents. La raison tient souvent en un détail que beaucoup d’épargnants survolent : le choix du support d’investissement, c’est-à-dire la façon dont votre argent est réellement placé derrière le contrat.

Depuis la remontée des taux, les fonds en euros ont retrouvé des couleurs, avec un rendement moyen de 2,6 % en 2024 pour les contrats en fonds euros, et certains fonds qui visent autour de 3 % voire plus de 4 % pour les meilleurs. En parallèle, une large gamme d’unités de compte a affiché en 2025 une performance moyenne de 8,5 %, frais de gestion déduits, hors prélèvements sociaux et fiscaux, mais sans garantie du capital. Le tri commence par bien comprendre ces fameux supports.

Fonds en euros et unités de compte : les deux grands supports d’assurance vie

Le fonds en euros est le pilier sécuritaire de l’assurance vie. Il est composé en grande partie d’obligations – souvent plus de 70 % de dettes d’États ou d’entreprises – ce qui permet de garantir votre capital, quelles que soient les variations des marchés. En 2024, le rendement moyen d’une assurance vie en fonds euros était de 2,6 % hors prélèvements sociaux et fiscaux, avec des fonds dynamiques qui ont offert des taux plus élevés. Certaines formules euro-croissance garantissent aussi le capital, mais uniquement à une échéance fixée, avec une durée minimale de 8 ans.

Face à lui, les unités de compte (UC) servent de moteur de performance. Elles permettent d’investir sur des actions, des titres monétaires, des indices, des obligations, des supports immobiliers (SCPI, SCI, OPCI) ou encore des fonds patrimoniaux, des fonds d’actions thématiques, des obligations convertibles, des fonds monétaires ou de dette privée. Le capital n’y est pas garanti et la valeur de vos parts varie au gré des marchés. Il est conseillé de conserver ce type de support au moins 8 ans pour lisser les fluctuations. La performance moyenne de 8,5 % enregistrée en 2025 sur une grande gamme d’unités de compte illustre le potentiel, mais aussi la forte dispersion entre les meilleurs et les moins bons fonds.

Contrat monosupport ou multisupport : quel impact sur vos investissements ?

Avec un contrat monosupport, tous vos versements sont investis sur un unique fonds en euros. L’avantage est la simplicité : aucune question d’allocation à se poser, un capital entièrement garanti et un risque quasi nul. En contrepartie, votre rendement reste limité à celui du fonds en euros, même si les taux ont remonté. Ce type de contrat convient plutôt à une épargne très prudente ou à un horizon de placement court, quand l’objectif premier est de ne pas perdre d’argent.

Le contrat multisupport ouvre davantage de possibilités. Il permet de répartir vos versements entre fonds en euros et unités de compte, puis de modifier cette répartition dans le temps via des arbitrages. Une partie seulement du capital est garantie, le reste dépend des marchés, mais le potentiel de performance est plus élevé. Parmi les supports en unités de compte, l’immobilier occupe une place particulière : les SCPI offrent un rendement régulier mais supportent des frais d’entrée souvent compris entre 4 et 12 %, ce qui impose un horizon long pour les amortir. Certaines SCI accessibles en assurance vie ne facturent pas de frais d’entrée et visent des rendements de l’ordre de 3 % par an, tout en restant rachetables comme les autres supports du contrat.

Comment choisir et répartir vos supports d’investissement assurance vie ?

Choisir ses supports revient à aligner son contrat avec sa vie réelle. Avant de regarder la dernière performance à la mode, il faut clarifier votre profil de risque, votre horizon de placement et vos projets : épargne de précaution, achat immobilier dans quelques années, préparation de la retraite, transmission. Trois questions simples aident à faire le tri :

  • Quel est l’horizon prévu pour cet argent : moins de 3 ans, entre 3 et 8 ans, plus de 8 ans ?
  • Acceptez-vous de voir la valeur de votre contrat baisser temporairement, et jusqu’à quel niveau sans paniquer ?
  • Votre patrimoine global est-il déjà très sécurisé (livrets, immobilier résidentiel) ou au contraire déjà exposé aux marchés ?

Concrètement, plus votre horizon est court, plus la part de fonds en euros a vocation à être majoritaire, en particulier pour une vraie épargne de précaution. Sur un horizon de plusieurs années, l’ouverture progressive à des unités de compte obligataires, patrimoniales ou immobilières permet de chercher davantage de rendement tout en restant mesuré. Pour un projet très long terme, les unités de compte actions peuvent monter en puissance. Dans tous les cas, prendre le temps de lire la documentation de chaque support (objectif du fonds, indicateur de risque, historique de performance, frais) et vérifier régulièrement l’adéquation de votre contrat avec vos projets évite bien des mauvaises surprises. Sur le plan fiscal, l’assurance vie devient plus intéressante après 8 ans, sans blocage des sommes : vous pouvez effectuer des rachats quand vous le souhaitez, avec des règles fiscales simplement plus favorables au fil du temps.

En bref

  • Avec la remontée des taux, les fonds en euros d’assurance vie offrent autour de 2,6 % en 2024 tandis que les unités de compte affichent en moyenne 8,5 % en 2025, au prix d’un risque accru.
  • Entre contrat monosupport sécurisé et contrat multisupport mêlant fonds en euros, unités de compte financières et immobilières, l’allocation doit refléter horizon de placement, tolérance au risque et patrimoine global.
  • En s’appuyant sur quelques repères simples – profil prudent ou dynamique, durée de placement, analyse des frais et des supports – l’épargnant peut bâtir une répartition cohérente et ajustable dans le temps.