Livret A à 1,5 %, LEP, LDDS, assurance-vie : en juin 2026, ce baromètre révèle où votre épargne sans risque s'effondre face à l'inflation

Par Paul Graph - Publié le

En juin 2026, l’inflation repart et les taux des livrets stagnent, laissant les épargnants français douter de la protection de leur cash. Entre Livret A, LEP, LDDS, comptes à terme et fonds euros, qui sauve encore vraiment le pouvoir d’achat ?

Livret A à 1,5 %, LEP, LDDS, assurance-vie : en juin 2026, ce baromètre révèle où votre épargne sans risque s’effondre face à l’inflation

Entre la remontée de l’inflation à 2,4 % en mai 2026 et des taux de livrets encore gelés, les épargnants se retrouvent à guetter chaque dixième de point. Sur le papier, l’épargne dite « sans risque » reste rassurante, mais, une fois les prix pris en compte, le rendement réel se révèle parfois négatif. Le baromètre de l’épargne sans risque met ce décalage en pleine lumière.

En juin 2026, le duo Livret ALDDS reste à 1,5 % net, le LEP grimpe à 2,5 %, les comptes à terme s’échelonnent autour de 2 à 2,7 % brut et l’assurance-vie en fonds euros affiche 2,65 % brut en moyenne sur 2025. Face à eux, l’indice des prix rogne le pouvoir d’achat, pendant que la prochaine révision des taux réglementés du 1er août se profile déjà. Le match se joue désormais à quelques dixièmes près.

Baromètre épargne sans risque : Livret A, LDDS et LEP en juin 2026

Le Livret A et le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) restent fixés à 1,5 % net depuis le 1er février 2026, totalement exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. Avec une inflation annuelle de 2,4 % en mai, l’écart est clair : le rendement réel est de –0,9 point. Concrètement, chaque tranche de 10 000 € placée perd environ 90 € de pouvoir d’achat sur un an. Un Livret A au plafond, soit 22 950 €, raporte 344 € d’intérêts annuels, mais le capital subit une perte de pouvoir d’achat estimée à 207 € sur la même période. La révision automatique du 1er août, basée sur la moyenne de l’inflation sur six mois et sur le taux interbancaire €STR, devrait porter ce taux entre 1,7 % et 1,8 % : à 1,8 %, le même Livret A plein grimperait à 413 € d’intérêts par an, soit 69 € supplémentaires. À noter que les intérêts étant calculés par quinzaine, un versement effectué avant le 16 juillet profitera immédiatement du nouveau taux à compter du 1er août.

Face à ce duo, le Livret d’Épargne Populaire (LEP) fait figure d’exception. Son taux est de 2,5 % net, intégralement défiscalisé, ce qui le place pour l’instant 0,1 point au-dessus de l’inflation. Un LEP au plafond, fixé à 10 000 €, génère ainsi 250 € d’intérêts par an tout en préservant, de justesse, le pouvoir d’achat du titulaire. L’avance se réduit toutefois : elle était de +0,3 point en avril, elle n’est plus que de +0,1 point en mai, et pourrait disparaître si les prix continuent d’accélérer. L’accès au LEP reste réservé aux foyers modestes : le revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser 22 419 € pour une personne seule (revenus 2024), un critère contrôlé chaque année par l’administration fiscale, sous peine de clôture du livret. Les projections pour le 1er août évoquent un relèvement du taux entre 3 % et 3,2 %, ce qui redonnerait une marge plus confortable au-dessus de l’inflation.

Assurance-vie, PEL, comptes à terme : quels taux face à l’inflation ?

Côté épargne logement, un PEL ouvert en 2026 garantit 2 % brut, soit 1,4 % net après prélèvement forfaitaire unique maintenu à 30 % pour ce produit. Là encore, le rendement se situe environ un point sous l’inflation actuelle. Les anciens PEL conservent le taux de leur année d’ouverture, mais ceux signés en 2011 atteignent en 2026 la durée maximale de 15 ans et sont automatiquement transformés en livrets d’épargne classiques, avec perte du taux garanti de 2,5 %. Le Compte Épargne Logement affiche 1 % brut avant impôt et verra son taux évoluer au 1er août dans le sillage du Livret A. Les livrets bancaires « ordinaires » restent nettement moins généreux : autour de 0,75 % brut en moyenne, et seulement 0,33 % brut dans les grandes banques, pendant que les super-livrets affichent un taux de base de 1,41 % brut en juin 2026. Les offres promotionnelles peuvent monter jusqu’à 5 % brut sur trois mois, mais elles sont plafonnées en montant et soumises au PFU à 31,4 % en 2026 : un taux brut de 0,50 % tombe à 0,34 % net, et une promo à 5 % revient à 3,43 % net, sur une durée très limitée.

Les comptes à terme proposent des rendements supérieurs aux livrets classiques, au prix d’un blocage de l’épargne. Selon la Banque de France, ceux de deux ans ou moins rapportent en moyenne 2,26 % brut, mais seulement 2,06 % pour les nouvelles ouvertures ; pour des durées supérieures à deux ans, le taux brut moyen atteint 2,41 %, et 2,67 % pour les nouveaux comptes à terme, avec des offres pouvant monter à 3 % brut sur quatre ans, soit environ 2,01 % net après PFU. Ces niveaux restent globalement en dessous de l’inflation actuelle. L’assurance-vie en fonds euros affiche une moyenne de 2,65 % brut en 2025 (2,6 % selon France Assureurs), soit environ 2,19 % net après 17,2 % de prélèvements sociaux, ou 2,15 % pour un rendement brut de 2,6 %. Certains contrats tirent toutefois leur épingle du jeu : 3,15 % brut à la MACSF, 3,05 % à la Maif, 3,50 % chez Garance ou encore 3,75 % pour Ampli Mutuelle. Nets de prélèvements sociaux, ces rendements tournent autour de 2,53 % à 3,11 %, et certains dépassent donc l’inflation, même si l’impôt sur le revenu éventuellement dû au moment du rachat vient encore réduire le gain réel.

En bref

  • En juin 2026, l’inflation remonte à 2,4 % tandis que Livret A, LDDS et LEP restent bloqués sur leurs taux actuels, sous l’œil de la Banque de France.
  • Les livrets réglementés, PEL, CEL, livrets bancaires, comptes à terme et assurance-vie en fonds euros offrent des rendements très contrastés, souvent inférieurs à la hausse des prix.
  • Entre LEP légèrement positif, fonds euros haut de gamme et PFU à 31,4 %, l’arbitrage de votre épargne sans risque devient stratégique avant le 1er août 2026.