Livret A, LEP : l'inflation flambe mais le taux de votre épargne pourrait baisser au 1er août 2026

Par Paul Graph - Publié le

Avec une inflation repartie à 2,4 % sur un an en mai 2026, les regards se fixent sur les taux du Livret A, du LDDS et du LEP au 1er août. Entre formule officielle et arbitrage politique, jusqu’où ces livrets peuvent-ils vraiment bouger cet été ?

Livret A, LEP : l’inflation flambe mais le taux de votre épargne pourrait baisser au 1er août 2026

Entre les tickets de caisse qui grimpent et les factures d’énergie qui s’allongent, beaucoup de Français se demandent si au moins leur épargne va profiter du retour de l’inflation. Prochaine date clé en ligne de mire : le 1er août 2026, quand les taux des livrets réglementés pourront être révisés. Et les regards se tournent déjà vers le Livret A, le LDDS et le LEP.

Selon l’Insee, la hausse des prix a atteint 2,4 % sur un an en mai 2026, tirée en grande partie par l’énergie, en bond de +16,8 % sur un an. Un niveau plus élevé que prévu qui relance l’idée d’une hausse des taux au cœur de l’été. Sauf que la mécanique de calcul est loin de se limiter au seul chiffre du mois.

Taux actuels du Livret A, du LDDS et du LEP avant le 1er août 2026

Depuis le 1er février 2026, le Livret A est rémunéré à 1,5 %, tout comme le LDDS qui lui est strictement aligné. De son côté, le LEP affiche un taux plus généreux de 2,5 %. Ces niveaux servent aujourd’hui de point de départ à toute discussion sur ce qui pourrait changer au 1er août.

Dans les faits, la décision ne se prend pas au hasard. La Banque de France applique une formule réglementaire, rend un avis, puis le ministère de l’Économie arbitre. C’est ce duo qui a fixé les taux actuels au 1er février, et c’est encore lui qui dira si le Livret A, le LDDS et le LEP bougeront – ou non – au 1er août 2026.

Inflation, formule officielle et scénarios pour les taux Livret A, LEP et LDDS

Pour le Livret A et le LDDS, la règle repose sur une moyenne sur six mois entre un taux de marché de court terme, l’€STR, et l’indice des prix à la consommation hors tabac. Autrement dit, le 2,4 % de mai n’est qu’une pièce du puzzle : c’est la moyenne de plusieurs mois qui compte. Même logique pour l’indice : l’envolée de l’énergie en mai joue, mais elle se dilue dans ce lissage. C’est ce qui permet à certains calculs, publiés fin mai, d’aboutir à un taux théorique autour de 1,4 % pour le Livret A au 1er août, malgré la hausse récente.

Le LEP, lui, obéit à une mécanique un peu différente et plus protectrice pour les épargnants modestes. Son taux doit être au minimum égal au maximum entre « Livret A + 0,5 point » et l’inflation moyenne hors tabac sur six mois. Si l’inflation reste proche de 2 à 2,5 % en moyenne, le LEP a donc vocation à rester au-dessus du Livret A, même si ce dernier évolue peu. Reste que tout dépendra de la trajectoire de l’indice d’ici l’été et du choix final du ministère.

Concrètement, plusieurs trajectoires restent sur la table pour le 1er août 2026 :

  • Application stricte de la formule : avec la moyenne actuelle de l’€STR et des prix, des estimations évoquent un Livret A théorique autour de 1,4 %, ce qui irait plutôt dans le sens d’une légère baisse.
  • Maintien des taux actuels : le gouvernement peut décider de garder 1,5 % pour le Livret A et 2,5 % pour le LEP en invoquant des circonstances exceptionnelles, pour ne pas envoyer de signal négatif aux épargnants.
  • Léger coup de pouce : certains scénarios publiés évoquent un taux arrondi vers 1,8 % pour le Livret A, si Bercy souhaite mieux tenir compte de la poussée récente des prix.

Dans tous les cas, le LDDS suivra exactement le Livret A, comme aujourd’hui. Prochaine étape clé : la publication, attendue le 30 juin 2026, de l’estimation provisoire de l’inflation de juin par l’Insee, qui devrait figer une bonne partie de la moyenne utilisée pour la formule. Ensuite, il faudra patienter jusqu’à l’annonce de la décision ministérielle, habituellement à la mi-juillet, pour que les épargnants les plus interressés sachent enfin à quoi s’en tenir pour leurs livrets réglementés à compter du 1er août.

En bref

  • En France, la révision des taux du Livret A, du LDDS et du LEP est attendue pour le 1er août 2026, sur fond d’inflation à 2,4 % en mai selon l’Insee.
  • La formule de la Banque de France, basée sur une moyenne sur six mois de l’€STR et de l’IPC hors tabac, conduit à des scénarios allant d’un Livret A théorique à 1,4 % à un possible coup de pouce vers 1,8 %.
  • Entre application mécanique des règles, maintien exceptionnel des taux actuels ou geste politique en faveur de l’épargne, la décision de Bercy à la mi-juillet s’annonce décisive pour les épargnants.