Retraite des mères : cette nouvelle règle va enfin corriger une injustice et vous rapporter des dizaines d'euros en plus dès septembre 2026

Par Paul Graph - Publié le

En 2026, une réforme discrète promet enfin de corriger les retraites amputées des mères aux carrières hachées. Mais seule une date clé permettra de profiter pleinement de ces euros en plus.

Retraite des mères : cette nouvelle règle va enfin corriger une injustice et vous rapporter des dizaines d’euros en plus dès septembre 2026

L’arrivée d’un enfant se traduit souvent, pour les femmes, par un temps partiel, un congé plus long que prévu ou une pause dans la carrière. Des choix de vie qui, des années plus tard, pèsent lourd sur la retraite. Longtemps, ces trajectoires hachées ont été peu reconnues par les règles de calcul, au point de laisser certaines mères avec une pension bien inférieure à celle de collègues au parcours plus linéaire.

La dernière loi de financement de la Sécurité sociale vient toutefois modifier discrètement la façon de calculer la pension des femmes ayant eu des enfants. En jouant sur le nombre d’années de revenus prises en compte, ce texte doit commencer à produire ses effets à partir de 2026 pour les pensions de base. Pour certaines assurées, le résultat pourrait se traduire par plusieurs dizaines d’euros en plus chaque mois, à condition de remplir quelques critères très précis.

Retraite des mères : ce que change le calcul sur 24 ou 23 meilleures années

« La pension de vieillesse du régime général est calculée à partir de plusieurs paramètres : le salaire de base (sur les vingt-cinq meilleures années pour ceux qui sont nés à partir de 1948), le taux, qui dépend de la durée d’assurance (cotisée ou assimilée) dans l’ensemble des régimes de retraite, et, enfin, la durée d’assurance au régime général », précise-t-on à la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (Cnav). La réforme prévoit qu’à partir des pensions prenant effet le 1er septembre 2026, le calcul du salaire annuel moyen sera assoupli pour les mères. Pour une femme qui a eu un enfant, il portera sur ses 24 meilleures années. Pour celles qui ont eu deux enfants ou plus, il sera établi sur leurs 23 meilleures années. Les années de revenu faible liées à la maternité auront donc plus de chances de sortir du calcul. Concrètement, une retraite liquidée juste avant cette date continuerait à être calculée sur 25 ans.

Ce nouveau mode de calcul vise toutes les professions : salariées du privé, agricultrices, commerçantes ou dirigeantes d’entreprise. Selon les documents de l’Assurance retraite, le gain moyen attendu tournerait autour de 1,3 % pour environ une femme sur deux, ce qui représente, pour certaines, plusieurs dizaines d’euros de plus chaque mois. Les profils les plus gagnants sont celles dont la carrière a été heurtée par des interruptions ou du temps partiel après la naissance des enfants. D’où l’intérêt de faire le point sur sa situation personelle avant de fixer sa date de départ.

Qui profitera le plus de la réforme au 1er septembre 2026 ?

Les changements ne se limitent pas au calcul des meilleures années. Dans le dispositif de carrière longue, les trimestres accordés au titre de la maternité et de l’éducation des enfants devraient être mieux intégrés. Une partie de ces trimestres, jusqu’ici écartés du compteur, pourrait être considérée comme cotisée, dans la limite de deux trimestres supplémentaires. Pour des femmes ayant commencé à travailler jeunes, cela suffirait parfois à atteindre plus vite le nombre de trimestres requis et à ouvrir un droit au départ anticipé, sans attendre l’âge légal.

Les fonctionnaires qui ont accouché après leur recrutement, à partir de 2003, ne bénéficiaient jusqu’ici que de deux trimestres par enfant sans bonification de durée de service. Comme le détaille le site Droit-finances : « Contrairement à celles ayant accouché avant cette date – qui bénéficient de 4 trimestres par enfant et d’une bonification d’un an de durée de service – ces mères ne bénéficient que de deux trimestres par enfant sans bonification de durée de service. La réforme prévoit désormais d’intégrer l’un des deux trimestres dans cette durée ». Dans certains régimes de la fonction publique, un trimestre de bonification par enfant pourrait aussi s’ajouter pour les agentes ayant eu leurs enfants pendant leur carrière.

Sources

En bref

  • À partir du 1er septembre 2026, la réforme des retraites modifie le calcul de la pension de base des mères dans les régimes CNAV, MSA et CAVIMAC.
  • Le salaire annuel moyen sera désormais calculé sur 24 meilleures années pour un enfant et 23 pour deux enfants ou plus, avec à la clé un gain moyen d’environ 1,3 % et des départs anticipés facilités via la carrière longue.
  • Entre date de départ à bien choisir, trimestres enfants requalifiés et cas particuliers de la fonction publique, les mères ont intérêt à vérifier leur situation avant 2026.