Congé naissance : ce plafond de rémunération qui va créer une très mauvaise surprise sur votre fiche de paie

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

Ce mercredi 1er juillet 2026, un congé supplémentaire de naissance entre en vigueur pour les parents français, avec 1 à 2 mois payés partiellement. Montant réel, plafond à 4 005 € et risques de perte de salaire bousculent les choix de nombreuses familles.

Congé naissance : ce plafond de rémunération qui va créer une très mauvaise surprise sur votre fiche de paie

Un nouveau congé payé s’invite dans la vie des jeunes parents à partir de ce mercredi 1er juillet 2026. Ce dispositif doit leur permettre de rester plus longtemps auprès de leur enfant tout en continuant à percevoir une partie de leur salaire, dans un contexte où la question du temps consacré aux premiers mois de la vie d’un bébé revient régulièrement dans le débat public.

Initié par le gouvernement et inscrit dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, il fait suite à une promesse d’Emmanuel Macron, qui avait appelé en janvier 2024 à un « réarmement démographique », rappelait RMC Conso. Chaque parent dispose désormais d’un nouveau droit qui vient s’ajouter aux congés maternité, paternité, d’adoption ou parental existants, mais ses règles de durée, de rémunération et de plafond soulèvent encore beaucoup de questions très concrètes pour les familles concernées.

Durée, organisation et bénéficiaires du nouveau congé supplémentaire de naissance

Concrètement, à partir du 1er juillet 2026, le congé supplémentaire de naissance offre à chaque parent un ou deux mois d’absence supplémentaires, qui viennent s’ajouter aux congés déjà prévus à la naissance. Les deux parents peuvent choisir de le prendre en même temps ou l’un après l’autre, et ils peuvent même le fractionner en deux périodes d’un mois chacune. En revanche, ce droit n’est pas transférable d’un parent à l’autre : chacun dispose de son propre quota, qu’il perd s’il ne l’utilise pas. Ce congé ne peut débuter qu’après la fin du congé de maternité, du congé de paternité et d’accueil de l’enfant ou du congé d’adoption, et doit être pris dans un délai maximal de neuf mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant dans le foyer en cas d’adoption.

Ce nouveau congé se greffe donc sur l’arsenal existant : pour la mère, un congé maternité de 16 semaines, dont 10 après l’accouchement ; pour le conjoint, un congé de naissance de trois jours ouvrables payé par l’employeur, suivi d’un congé de paternité et d’accueil de l’enfant de 25 ou 32 jours selon qu’un ou plusieurs enfants naissent. Il se veut une alternative plus courte au congé parental d’éducation, qui peut durer jusqu’aux trois ans de l’enfant mais n’est indemnisé qu’à environ 450 € par mois en cas d’activité totalment interrompue. Selon Service-public.fr, le dispositif est ouvert aux salariés du secteur privé, aux agents publics, aux travailleurs indépendants, aux salariés et non-salariés relevant du régime agricole, aux artistes-auteurs ou encore aux demandeurs d’emploi. Pour en bénéficier, il faut informer son employeur au moins un mois avant le début du congé, en précisant la date de départ, la durée choisie et, le cas échéant, le fractionnement en deux périodes ; la demande peut être envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre, en s’appuyant sur le modèle de courrier mis en ligne par le ministère du Travail.

Rémunération, plafond de 4 005 € et manque à gagner possible

Le point clé de ce congé supplémentaire de naissance reste son indemnisation. La Sécurité sociale versera 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second, mais sans appliquer ces taux à l’intégralité de la rémunération. Le calcul est limité au plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € au 1er janvier 2026 : en dessous de ce seuil, les salariés bénéficient pleinement du dispositif ; au-delà, la part du salaire excédant 4 005 € n’est pas prise en compte. Concrètement, 70 % de 4 005 € représentent 2 803,5 €, et 60 % 2 403 €, soit une indemnité maximale de 5 206,5 € sur deux mois, bien supérieure aux quelque 450 € par mois proposés dans le cadre du congé parental d’éducation. Les indemnités sont calculées, comme pour les autres congés indemnisés, sur la base des trois derniers mois de salaire, et le tableau ci-dessous illustre l’effet du plafond pour différents niveaux de rémunération.

Salaire net mensuel Salaire pris en compte Indemnité mois 1 (70 %) Indemnité mois 2 (60 %) Manque à gagner sur 2 mois
2 500 € 2 500 € 1 750 € 1 500 € 1 750 €
3 500 € 3 500 € 2 450 € 2 100 € 2 450 €
4 005 € 4 005 € 2 803,5 € 2 403 € 2 803,5 €
4 500 € 4 005 € 2 803,5 € 2 403 € 3 793,5 €
5 000 € 4 005 € 2 803,5 € 2 403 € 4 793,5 €
6 000 € 4 005 € 2 803,5 € 2 403 € 6 793,5 €

La perte de revenu devient importante pour les salariés les mieux payés. Selon les estimations présentées, un salarié rémunéré 5 000 € nets par mois pourrait perdre près de 4 800 € sur deux mois de congé, et avec un salaire de 6 000 €, le manque à gagner pourrait dépasser 6 800 €. « Sans dispositif complémentaire de l’entreprise, le manque à gagner peut représenter plusieurs milliers d’euros sur les deux mois de congé. C’est un élément qui risque d’influencer le recours au dispositif », commente Soléna Busson-Mars, porte-parole de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), interrogée par Capital. « Certaines conventions collectives ou certains accords d’entreprise pourront prévoir un maintien total ou partiel de la rémunération. Mais rien dans les textes n’impose aujourd’hui un tel complément aux entreprises », ajoute-t-elle. Malgré ces limites, l’ANDRH considère que cette réforme constitue une avancée pour le partage de la parentalité et l’égalité professionnelle, tout en estimant que son succès dépendra d’une indemnisation jugée suffisamment attractive par les familles.

En bref

  • À partir du 1er juillet 2026, un congé supplémentaire de naissance s’ajoute aux congés maternité, paternité ou d’adoption pour tous les parents éligibles, du privé comme du public.
  • Indemnisé à 70 % puis 60 % du salaire net mais dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale fixé à 4 005 €, ce nouveau congé peut être pris un ou deux mois par parent, simultanément, en alternance ou fractionné.
  • Entre gains de temps avec bébé, pertes de revenus parfois supérieures à 6 000 € et éventuels compléments d’entreprise, les familles doivent arbitrer finement avant de poser ces nouveaux mois d’absence.
À propos de l'auteur
La rédaction Bourse Inside

La rédaction Bourse Inside est un collectif de journalistes financiers, d’analystes de marché et d'experts en gestion de patrimoine. Notre mission : décrypter l'actualité macroéconomique, les marchés financiers, l'immobilier et la fiscalité pour en extraire des analyses claires, objectives et actionnables. Engagée pour la transparence et l'indépendance éditoriale, l'équipe applique une charte déontologique stricte afin de fournir à nos lecteurs une information vérifiée, sourcée et à forte valeur ajoutée.

Ses derniers articles