Après avoir prédit 2 crises majeures, ce célèbre milliardaire explique pourquoi votre Bitcoin ne vaudra plus rien
Alors que le Bitcoin stagne entre 60 000 et 80 000 dollars, Jeremy Grantham, cofondateur de GMO, annonce sur CNBC son extinction lente sur plusieurs décennies. Ses trois accusations clés contre la cryptomonnaie ravivent le débat entre finance et blockchain.

Quand le cours du Bitcoin s’essouffle, les annonces de sa « mort » refont surface. Depuis plusieurs semaines, le prix du Bitcoin évolue dans une fourchette comprise entre 60 000 et 80 000 dollars, soit environ 56 000 à 75 000 € , sans tendance claire. Selon les données enregistrées sur la chaîne, cette hésitation s’accompagne de mouvements de capitaux importants vers les plateformes de négociation, signe d’investisseurs à fleur de peau. C’est dans ce contexte chahuté qu’un grand nom de la finance traditionnelle vient de signer un nouvel avis de décès pour la première cryptomonnaie.
Le stratège financier Jeremy Grantham, milliardaire britannique et cofondateur de la société de gestion américaine GMO, active depuis 1977, s’est à nouveau exprimé sur le sujet. Dans une rare interview accordée à la chaîne financière CNBC, centrée sur un marché américain qu’il jugeait surévalué par l’engouement pour l’IA, l’investisseur a été interrogé sur le rôle actuel du Bitcoin. Sa réponse tient en une phrase : « Avec le temps et au fil des décennies, je pense que le Bitcoin finira par disparaître lentement, pas de façon spectaculaire, mais dans une indifférence croissante », a-t-il expliqué sur CNBC.
Jeremy Grantham prévient : le Bitcoin disparaîtra lentement
Ce milliardaire, stratège et analiste financier, cofondateur de GMO, société américaine de gestion d’actifs active depuis 1977, s’est fait connaître pour avoir anticipé l’éclatement de la bulle Internet post-2000 puis la crise des subprimes de 2008. Il alerte désormais sur ce qu’il voit comme une nouvelle bulle portée par l’engouement pour l’intelligence artificielle sur les marchés américains. Interrogé sur la place du Bitcoin dans cet environnement, il le décrit comme un actif sans valeur ni véritable intérêt économique. Pour lui, la cryptomonnaie emblématique repose sur un principe de « Proof of Work inutile, [qui] ne vaudra jamais rien », poursuit-il.
Dans cette grille de lecture, le Bitcoin échoue sur trois critères que Jeremy Grantham juge décisifs. D’abord, l’actif ne génère ni revenus, ni dividendes, ni flux de trésorerie identifiables, ce qui rend selon lui toute valorisation fondamentale impossible. Ensuite, il ne jouerait pas le rôle de réserve de valeur que ses défenseurs lui prêtent, en raison de sa volatilité extrême et de ses corrections à répétition, y compris après son dernier plus-haut historique où le marché a déjà connu un recul d’environ 50 % par rapport au sommet. Enfin, il rappelle que le Bitcoin ne parvient pas à s’imposer comme moyen de paiement du quotidien, ce qui, à ses yeux, le cantonne à un actif purement spéculatif dont le prix dépend surtout de l’appétit au risque des investisseurs.
Trois critiques pour juger le Bitcoin, dans un marché sous pression
Les arguments de Jeremy Grantham résonnent dans un contexte de marché tendu pour le Bitcoin. D’après la société d’analyse on-chain CryptoQuant, plus de 550 000 bitcoins ont récemment été transférés vers deux grandes plateformes d’échange : environ 220 000 BTC vers Binance et 330 000 BTC vers OKX. En théorie, une telle hausse des dépôts sur les exchanges traduit une volonté accrue de vendre pour limiter les risques, même si ces jetons peuvent aussi servir de garantie ou de réserve de liquidité. Parallèlement, les ETF Bitcoin au comptant ont enregistré pour le seul mois de juin des sorties nettes de l’ordre de 4 milliards de dollars, soit près de 3,7 milliards d’euros, un chiffre présenté comme un record mensuel, ce qui nourrit les trois critiques formulées par l’investisseur, résumées dans le tableau ci-dessous.
| Argument de Grantham | Ce qu’il affirme | Données récentes citées | Ce qui pourrait l’infirmer |
|---|---|---|---|
| Pas de revenus | Bitcoin ne produit ni revenus ni dividendes | Aucun cash-flow, seulement variations de prix | Usages générant des flux financiers récurrents |
| Pas réserve de valeur | Volatilité trop forte pour protéger l’épargne | Range 60–80 k$ et drawdown d’environ 50 % | Stabilisation des cours sur plusieurs cycles |
| Pas moyen de paiement | Peu utilisé pour les dépenses courantes | Dépôts > 550 k BTC sur les exchanges | Hausse claire de l’usage en paiement |
En miroir de ces signaux de tension, certains indicateurs techniques et de structure montrent pourtant un écosystème loin de l’agonie. La puissance de calcul mobilisée pour sécuriser le protocole atteint un niveau record de 1,3 zettahash par seconde, signe que le mécanisme de Proof of Work attire toujours des investissements massifs en matériel et en électricité. Les dernières preuves de réserves publiées par les plateformes Bybit et OKX font état d’une hausse d’environ 10,22 % et 10,67 % de leurs stocks de bitcoins, à respectivement 49 309 et 123 056 unités, ce qui traduit une préférence marquée pour l’actif phare par rapport à l’ether et aux stablecoins. Entre la prophétie d’une disparition progressive et ces chiffres de marché, chacun doit replacer la sortie de Jeremy Grantham dans son propre horizon de temps.
En bref
- Fin juin 2026, alors que le Bitcoin oscille entre 60 000 et 80 000 dollars, Jeremy Grantham détaille sur CNBC sa vision d’un actif en sursis.
- Le cofondateur de GMO juge que Bitcoin ne génère aucun revenu, ne protège pas l’épargne, échoue comme moyen de paiement et voit sa fragilité confirmée par les flux vers exchanges et ETF.
- Entre sa dénonciation d’un Proof of Work inutile et des indicateurs techniques encore records, l’avenir réel de la première cryptomonnaie reste plus nuancé que sa prophétie.






