Canicule : 1 Français sur 3 veut déménager, voici le nouveau critère qui fait chuter la valeur de votre logement
Un Français sur trois pense à changer de toit à cause des nuits étouffantes et des canicules répétées. De la loi sur le confort d’été aux nouveaux « refuges climatiques », ce basculement pourrait-il rebattre les cartes de l’immobilier ?

Fenêtres grandes ouvertes, volets clos en pleine journée, ventilateur qui tourne sans relâche : pour beaucoup de ménages, le logement ne protège plus vraiment des épisodes de canicule. Au point que l’idée de faire ses cartons pour chercher un appartement ou une maison plus fraîche n’a plus rien de théorique.
Selon l’Observatoire Leroy Merlin, réalisé avec l’IFOP, 36 % des Français déclarent vouloir déménager en raison des fortes chaleurs, et environ 19 millions de personnes auraient déjà dû quitter temporairement leur logement pendant un épisode de canicule. D’autres travaux, comme une étude de leboncoin, convergent vers ce seuil d’un ménage sur trois prêt à déménager à cause de la canicule. Reste à comprendre ce que recouvre exactement ce chiffre.
Canicule et immobilier : que révèle le chiffre d’un ménage sur trois ?
L’étude de l’Observatoire Leroy Merlin, menée auprès de 6 000 personnes, distingue clairement l’inconfort subi et l’intention de bouger. Elle estime ainsi qu’environ 28 % des Français, soit 19 millions de personnes, ont déjà quitté leur domicile au moins une fois, quelques heures ou quelques jours, parce qu’il y faisait trop chaud. Dans le même temps, 36 % envisagent un déménagement motivé par la chaleur, avec un pic chez les moins de 35 ans : 61 % de cette tranche d’âge y pensent, et 18 à 24 ans sont particulièrement exposés, 92 % déclarant au moins une difficulté majeure l’été et 60 % ayant déjà dû partir se mettre au frais ailleurs.
| Source / étude | Date | Échantillon | Indicateur | Résultat clé |
|---|---|---|---|---|
| Observatoire Leroy Merlin / IFOP | juillet 2026 | 6 000 Français | Ont déjà quitté leur logement | 19 M (28 %) |
| Observatoire Leroy Merlin / IFOP | juillet 2026 | Moins de 35 ans | Envisagent de déménager | 61 % |
| leboncoin immo | 18 juin 2026 | 1 752 répondants | Prêts à déménager si canicule | 34 % |
| leboncoin immo | 18 juin 2026 | PACA vs Bretagne | Envisagent sérieusement de partir | 18 % vs 1,3 % |
| Texte logement au Sénat | juillet 2026 | Parc de logements | Logements non adaptés à la chaleur | 9 sur 10 |
L’étude de leboncoin, réalisée le 18 juin 2026 auprès de 1 752 répondants, affine encore l’image. Elle indique que 34 % des personnes interrogées envisagent déjà ou pourraient envisager de déménager si les canicules s’intensifient, dont 7 % qui y pensent sérieusement. Les disparités régionales sont marquées : 18 % des habitants de Provence-Alpes-Côte d’Azur envisagent de partir pour cette raison, contre 1,3 % en Bretagne, perçue comme un refuge climatique. Mais 51 % citent la proximité de la famille, 45 % l’emploi, 43 % l’attachement à la région et 39 % des contraintes financières comme freins à un départ, ce qui montre que le « déménagement climatique » reste souvent à l’état d’arbitrage.
Confort d’été : déménager, adapter son logement ou attendre la loi ?
Face à cette montée de l’inconfort, la notion de « confort d’été » fait son entrée dans la politique du logement. Le projet de loi logement adopté par le Sénat début juillet intègre ce critère dans la définition d’une rénovation performante et dans les plans pluriannuels de travaux des copropriétés. Les amendements s’appuient sur un constat : environ 70 % des Français disent souffrir de la chaleur chez eux l’été, et neuf logements sur dix ne répondraient pas encore aux exigences de confort d’été du diagnostic de performance énergétique. Le texte prévoit aussi de faciliter la pose de protections solaires extérieures et d’assouplir l’avis des Architectes des bâtiments de France dans certains cas. « Il faut qu’on change les mentalités en France sur le confort d’été », a insisté Vincent Jeanbrun, ministre du Logement, cité par Public Sénat.
Dans le même mouvement, le projet de loi assouplit les règles applicables aux logements classés F et G au DPE, en autorisant un propriétaire à continuer de louer s’il s’engage contractuellement à réaliser des travaux, ou lorsque la rénovation est impossible, par exemple en cas de refus d’une copropriété. Pour les ménages, la question devient très concrète au moment de louer ou d’acheter : orientation des pièces, étage, isolation, présence de volets ou de stores extérieurs et possibilité de les installer, capacité à ventiler la nuit sans insécurité. Les enquêtes montrent que 46 % des Français citent la chambre comme la pièce la plus difficile à rafraîchir et qu’environ 30 millions de personnes, soit 43 %, jugent qu’il fait trop chaud la nuit, autant de signaux qui poussent certains à chercher un logement plus tempéré, quand d’autres espèrent encore pouvoir adapter leur logement pour resté, plutôt que de partir.
En bref
- En 2026, les études de l’Observatoire Leroy Merlin, de l’IFOP et de leboncoin montrent qu’environ un ménage français sur trois lie son projet de déménagement aux canicules.
- Entre départs temporaires pour fuir un logement invivable et intention de changer de région, les jeunes urbains et les habitants des zones les plus exposées basculent les premiers.
- Alors que le Sénat inscrit le confort d’été dans la loi, critères immobiliers, géographie des « refuges » et risques de fracture climatique reconfigurent silencieusement le marché.








