Assurance-vie : ces unités de compte très populaires qui vous font perdre des milliers d'euros de performance en silence

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

Séduits par les bonus et la promesse de meilleurs rendements, des millions de Français ont basculé en unités de compte. Mais derrière cette vague, des choix de supports contestés font naître une perte de chance silencieuse pour leur épargne.

Assurance-vie : ces unités de compte très populaires qui vous font perdre des milliers d’euros de performance en silence

Des millions de Français ont accepté de prendre davantage de risques dans leur assurance-vie, séduits par les promesses de rendement des unités de compte et les bonus temporaires proposés pour y transférer une partie de leur épargne. Sur le papier, ces supports doivent permettre de dépasser les rendements en berne des fonds en euros et de profiter sur la durée de la performance des marchés actions.

Les dernières données de Good Value for Money montrent pourtant qu’une grande partie de ces placements ne tient pas ses promesses : certaines mauvaises unités de compte assurance-vie affichent, sur longue période, des résultats très en retrait par rapport aux actions pures. Une véritable « perte de chance » se dessine pour les épargnants, sans qu’ils en aient toujours conscience.

Des rendements moyens décevants derrière la montée en puissance des UC

Sur dix ans, les unités de compte en assurance-vie ont rapporté en moyenne 2,53 % par an, contre 1,85 % pour les fonds en euros. L’écart semble favorable aux UC, mais le contraste devient frappant dès que l’on se concentre sur les UC investies majoritairement en actions : ces dernières auraient permis d’obtenir 6,57 % par an sur la même période. « Il y a une perte de chance pour les épargnants en raison de la nature des UC qui leur sont vendues », constate Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Good Value for Money, cité par adcf.org. Sur quinze ans, l’étude rappelle que la performance cumulée des UC moyennes atteint 40,8 %, quand le CAC 40 dividendes réinvestis (CAC 40 GR) progresse dans le même temps de 206,8 %.

Période Support Perf. annuelle Perf. cumulée
10 ans UC moyennes 2,53 %/an
10 ans Fonds en euros 1,85 %/an
10 ans UC actions 6,57 %/an
15 ans UC moyennes 40,8 %
15 ans CAC 40 GR 206,8 %

Derrière ces écarts se cache la nature des supports choisis. L’étude souligne que le marché de l’assurance-vie pousse trois grandes familles d’unités de compte qui sous-performent de façon récurrente : les fonds structurés, la gestion flexible et la gestion profilée. Entre 2011 et 2025, les UC en actions ont dégagé une performance annuelle moyenne de 6,53 %, quand la gestion profilée ou flexible se limite à 2,02 % et les fonds obligataires datés à 1,61 %. « Le marché vend beaucoup trop de fonds structurés, de gestion flexible et de gestion profilée », résume Cyrille Chartier-Kastler. « Si les épargnants avaient opté pour des UC en actions, ils auraient performé de +6,57 % par an, même dans le cadre de l’assurance-vie, où la couche globale de frais est élevée. »

UC vendues par défaut, PER à horizon : comment limiter la perte de chance

Good Value for Money décrit un problème de conseil plus que d’offre : les UC en actions existent dans la quasi-totalité des contrats, y compris sous forme d’ETF indiciels à frais réduits, mais les distributeurs privilégient souvent des supports intermediaires sur lesquels ils perçoivent davantage de rétrocessions. L’étude étend le diagnostic aux plans d’épargne retraite individuels, où la gestion profilée à horizon s’impose progressivement. Sur un horizon de 30 ans, les profils prudents et dynamiques en PER affichent respectivement 5,52 % et 7,50 % de rendement annuel, quand les UC en actions seules atteignent 9,82 % et qu’un simple mix 80 % actions et 20 % fonds en euros aurait généré 8,39 % par an. « On peut se demander l’utilité de la gestion flexible et des 12 % de fonds en euros à cet horizon de temps », regrette Cyrille Chartier-Kastler.

Pour les détenteurs d’assurance-vie ou de PER, l’enjeu devient de regarder précisément ce qui se cache derrière la mention « unités de compte ». L’étude invite à vérifier la part réelle d’actions dans l’allocation, à identifier la présence de gestion flexible, profilée ou de produits structurés qui ajoutent des frais sans apporter de surperformance, et à réserver les fonds en euros à la poche la plus sécurisée du contrat. Les bonnes UC existent, en particulier les ETF et fonds indiciels actions, mais l’épargnant doit s’assurer que sa poche dynamique y est effectivement exposée, sous peine de transformer un placement censé dynamiser son capital en source durable de perte de chance.

En bref

  • Entre 2010 et 2025, les données de Good Value for Money révèlent que les unités de compte moyennes des assurances-vie françaises ont largement sous-performé les actions pures.
  • L’étude pointe en particulier les fonds structurés, la gestion flexible et la gestion profilée, massivement vendus par défaut et responsables d’une perte de chance importante pour les épargnants.
  • En examinant la composition réelle de leurs contrats et la part d’actions via ETF ou fonds indiciels, les titulaires d’assurance-vie et de PER peuvent reprendre la main sur leur poche dynamique.
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