Cyberattaque des supermarchés : ce Leclerc touché avec un autre équipementier relance totalement le mystère

En quelques nuits, des frigos de supermarchés français ont chauffé jusqu’à 50°C, forçant des rayons entiers à fermer. L’attaque frappe désormais un E.Leclerc équipé de systèmes Dixell, ajoutant un trouble rebond aux soupçons visant Danfoss.
En quelques nuits, ce qui ressemblait à un incident isolé s’est mué en une série de dysfonctionnements : dans des centaines de magasins, des meubles frigorifiques se sont subitement mis à chauffer, parfois jusqu’à 50°C. Les rayons frais et surgelés ont dû être vidés en urgence, des produits sont partis à la benne et des clients ont découvert des linéaires fermés au petit matin, sur fond de cyberattaque présumée contre les systèmes de froid.
Jusqu’ici, l’enquête pointait surtout des contrôleurs de température fournis par le groupe danois Danfoss. Mais ce mardi 13 octobre, un magasin E.Leclerc du Tarn a dû jeter l’intégralité de ses produits frais après une rupture de la chaîne du froid, alors que ses installations seraient équipées par la société italienne Dixell. Pour les enseignes comme pour les autorités, la cyberattaque frigos supermarchés Dixell ne ressemble plus à un simple problème de fournisseur.
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Un E.Leclerc frappé alors que ses frigos seraient pilotés par Dixell
Dans la commune de Lescure-d’Albigeois, près d’Albi, le magasin E.Leclerc a annoncé mardi matin avoir dû vider ses rayons frais. « Nous avons malheureusement été dans l’obligation ce matin de vider et jeter toute la marchandise de nos frigos pour rupture de la chaîne du froid, écrit le magasin sur sa page Facebook. Nous vous informons que la situation est sous contrôle et que les frigos seront remplis au fur et à mesure des nouvelles livraisons. »
Particularité de ce site : ses équipements de régulation seraient fournis non pas par Danfoss, jusqu’ici au coeur des soupçons, mais par Dixell, un fabricant d’origine italienne spécialisé dans les régulateurs électroniques qui pilotent température, compresseurs, ventilation ou dégivrage. Elle n’a pour l’heure pas répondu aux sollicitations rapportées par la presse, ce qui nourrit la préocupation autour d’une possible faille commune à plusieurs marques ou à un même système de supervision.
Une cyberattaque massive sur les frigos des supermarchés français
La vague d’attaques aurait débuté dans la nuit de dimanche à lundi, quand des pirates ont pris la main à distance sur des contrôleurs de froid de plusieurs grandes enseignes, dont Intermarché, Système U, Monoprix et E.Leclerc. Les équipements ont été placés en mode dégivrage, faisant grimper la température de consigne jusque vers 50°C et provoquant la fonte des surgelés. Chez Coopérative U, environ 80 magasins sur 2000 ont été touchés et certains ont constaté des « températures pouvant aller jusqu’à 80°C », avec des pertes de quelques dizaines de milliers à 200.000 euros par point de vente. Ce phénomène est « totalement inédit, inattendu et gravissime » pour Dominique Schelcher, qui parle d’une attaque contre la « nourriture des Français » et souligne que nombre de magasins « ont pu contrer l’attaque », les cas de dégâts restant « minoritaires ».
| Date | Enseigne / site | Contrôleur cité | Température relevée | Conséquences |
|---|---|---|---|---|
| Nuit de dimanche à lundi | Intermarché, Netto, Carrefour, U, Monoprix, Leclerc | Systèmes liés à Danfoss | Jusqu’à 50°C env. | Produits jetés, rayons perturbés |
| Mardi 13 octobre | E.Leclerc Lescure-d’Albigeois | Contrôleurs Dixell évoqués | Non communiqué, froid rompu | Marchandises des frigos jetées |
| Depuis l’attaque | Magasins du groupement U | Solutions Danfoss via frigoristes | Pics annoncés jusqu’à 80°C | Pertes de milliers à 200.000 € |
Face à l’ampleur des dégâts, le parquet de Paris a ouvert une enquête confiée à l’Office anticybercriminalité Ofac, et le patron d’Intermarché, Thierry Cotillard, évoque déjà des pertes de plusieurs dizaines de millions d’euros pour l’ensemble des enseignes. Le Premier ministre a demandé la mobilisation de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, l’ANSSI, dont le directeur Vincent Strubel juge « urgent » de déconnecter d’internet les contrôleurs Danfoss concernés. Le groupe explique que « la majorité des unités touchées sont des produits anciens (…) qui ont atteint leur fin de vie et ne bénéficient plus de mises à jour logicielles ou de sécurité ». Sur le terrain, Dominique Schelcher rappelle : « Mais nos magasins ne sont pas clients de Danfoss: ils le sont de frigoristes qui nous mettent à disposition les solutions de Danfoss ». La Fédération du commerce et de la distribution appelle Danfoss et ses partenaires « à une transparence totale sur la situation et à la mise en œuvre sans délai de toutes les mesures nécessaires », alors que certains équipements auraient même commencé à prendre feu.
En bref
- Depuis la nuit du 11 au 12 octobre 2026, une cyberattaque dérègle les systèmes frigorifiques de nombreuses enseignes françaises, dont Intermarché, Système U, Monoprix et E.Leclerc.
- Un magasin E.Leclerc de Lescure-d'Albigeois, équipé de contrôleurs Dixell et non Danfoss, a dû jeter tous ses produits frais après rupture de la chaîne du froid.
- Enquête du parquet de Paris, mobilisation de l’ANSSI et pistes techniques multiples laissent planer le doute sur un vecteur commun plus vaste que le seul fournisseur Danfoss.








