Minage illégal : pourquoi cette saisie de 2000 machines par Interpol en Angola est un signal d'alarme pour tout le secteur crypto

Lors de l’opération Serengeti III, des autorités angolaises appuyées par Interpol ont mis la main sur plus de 2 000 machines de minage et six postes électriques illégaux. Derrière ce coup de filet, c’est tout l’équilibre entre crypto, loi locale et sécurité énergétique qui se joue.
En Angola, deux centres de minage de cryptomonnaies ont été démantelés et plus de 2 000 machines saisies dans le cadre d’une vaste opération coordonnée par Interpol en Afrique. L’enquête a aussi conduit à la mise sous scellés de six installations électriques présentées comme illégales, utilisées pour alimenter discrètement cette activité énergivore.
Annoncée le 22 octobre 2026, l’opération baptisée Serengeti III a mobilisé 21 pays entre le 29 juin et le 31 août 2026 : elle a conduit à l’arrestation de 1 462 suspects, au démantèlement de 10 909 réseaux malveillants et à la récupération de plus de 105 millions de dollars (environ 99 millions d’euros). Dans ce vaste ensemble d’affaires de fraude et de cybercriminalité, le dossier angolais occupe une place singulière, car il cible directement l’infrastructure du minage illégal de cryptoactifs et le réseau électrique qu’elle mobilise. Un signal interressant pour les exploitations de minage encore dans la zone grise.
Angola : plus de 2 000 machines de minage et six postes électriques saisis
Selon le bilan communiqué par Interpol, les autorités angolaises ont démantelé deux centres de minage fonctionnant en dehors du cadre légal du pays. Neuf suspects ont été arrêtés et plus de 2 000 appareils de minage ont été saisis, aux côtés de six stations de transformation électrique installées illégalement pour alimenter ces fermes de calcul. La valeur de cette seule infrastructure électrique dépasse 1 million de dollars (environ 940 000 euros), ce qui illustre le poids financier accordé à l’accès à l’énergie autant qu’aux machines elles-mêmes.
| Indicateur | Valeur | Détail | Source |
|---|---|---|---|
| Centres de minage démantelés | 2 | Sites de minage illégaux | Communiqué Interpol |
| Suspects arrêtés | 9 | Personnes liées aux fermes | Communiqué Interpol |
| Machines de minage saisies | 2 000+ | Appareils de minage crypto | Communiqué Interpol |
| Postes électriques saisis | 6 | Stations de transformation | Communiqué Interpol |
| Valeur des équipements électriques | > 1 M$ | Environ 940 000 € | Communiqué Interpol |
La saisie intervient alors que l’Angola a formellement interdit le minage de cryptomonnaies avec la loi n° 3/24 du 10 avril 2024, qui prohibe les activités de minage d’actifs virtuels afin de protéger le système électrique national et la sécurité énergétique. Le démantèlement simultané des centres informatiques et des postes de transformation illégaux illustre cette priorité : il ne s’agit pas seulement de couper des machines, mais aussi de neutraliser des dérivations d’énergie jugées dangereuses pour le réseau. Dans ce dossier, Interpol a apporté du renseignement et une coordination transfrontalière, tandis que les saisies concrètes ont été menées par les forces de l’ordre locales.
Serengeti III : une opération Interpol sur la cybercriminalité bien au-delà du minage illégal
Serengeti III s’inscrit dans une série d’opérations de lutte contre la cybercriminalité en Afrique, coordonnée par Interpol avec le soutien du projet GLACY-e, cofinancé par l’Union européenne et le Conseil de l’Europe. Entre le 29 juin et le 31 août 2026, les services de 20 pays africains et des États-Unis ont ainsi procédé à 1 462 arrestations, perturbé 10 909 réseaux ou infrastructures malveillants et identifié 65 929 victimes, pour un total de pertes liées aux activités criminelles supérieur à 385 millions de dollars (environ 362 millions d’euros). Plus de 105 millions de dollars (près de 99 millions d’euros) ont déjà été récupérés, tandis que des partenaires privés comme Group-IB, Kaspersky, Fortinet, Meta ou Uppsala Security ont apporté leur expertise technique. « Les réseaux de cybercriminalité opèrent sans tenir compte des frontières », a résumé Neal Jetton, directeur de la lutte contre la cybercriminalité d’Interpol, dans un communiqué de l’organisation.
Un autre volet lié aux cryptoactifs apparaît au Nigeria, où une escroquerie internationale à l’investissement promue via des applications de messagerie a généré plus de 2,4 millions de dollars (environ 2,3 millions d’euros) de flux financiers jugés suspects ; une grande partie de ces fonds aurait transité par des transactions en cryptomonnaies, et un suspect a été arrêté. Dans le même temps, d’autres enquêtes de Serengeti III ont ciblé des centres d’appels frauduleux en Ouganda, une application de prêt malveillante en Tanzanie ou encore de fausses importations automobiles au Gabon, ce qui montre que la crypto n’est qu’un des outils utilisés au sein d’un ensemble plus large de schémas de fraude. Les chiffres publiés par Interpol ou les autorités nationales ne permettent pas de connaître la part exacte des cryptomonnaies dans les 105 millions de dollars récupérés ni dans les 385 millions de pertes recensées, et les 2,4 millions mis au jour au Nigeria ne représentent qu’un dossier parmi d’autres. Plusieurs investigations restant ouvertes, le travail se concentre désormais sur l’analyse des preuves saisies, l’identification de nouveaux complices et la localisation de fonds encore dispersés.
En bref
- Entre juin et août 2026, l’opération Serengeti III coordonnée par Interpol a mobilisé 21 pays contre la cybercriminalité, avec un focus marqué sur l’Angola et son cadre répressif contre le minage.
- En Angola, deux centres de minage illégaux ont été démantelés, entraînant l’arrestation de neuf suspects, la saisie de plus de 2 000 machines et de six postes électriques valorisés à plus de 1 million de dollars, dans un pays où la loi 3/24 interdit ces activités.
- Cette affaire, complétée par un volet crypto au Nigeria, interroge autant l’usage des actifs numériques dans les schémas criminels que les tensions grandissantes entre infrastructures énergétiques, réglementation et écosystème crypto.






