Livret A sous 2% : le grand retour de ce placement garanti qui va enfin redonner du rendement à votre épargne d'ici 2027

Entre Livret A en berne, fonds en euros qui repartent et immobilier contrarié, les épargnants français doivent réagir avant 2027. Faut-il sécuriser, dynamiser ou préparer retraite et dépendance : comment arbitrer sans mettre son capital en danger ?
Entre un Livret A tombé sous les 2 %, des fonds en euros qui remontent et un marché immobilier bousculé, 2027 ne ressemblera pas aux années que les épargnants ont connues. Dans un contexte de rebond de l’inflation, laisser son argent dormir sur un compte faiblement rémunéré revient de plus en plus à perdre du pouvoir d’achat au fil des mois.
À l’horizon 2027, la question n’est plus seulement de savoir où placer son argent d’ici 2027, mais comment répartir son épargne entre liquidités, placements sécurisés, supports plus dynamiques et préparation de la retraite. D’autant qu’un nouveau produit, le Plan Épargne Dépendance, est proposé pour compléter le Plan d’épargne retraite. Une nouvelle pièce du puzzle s’invite clairement dans le débat.
Où placer son argent d’ici 2027 : ce qui change pour votre épargne
Les livrets réglementés restent utiles pour la trésorerie du quotidien, mais leur rémunération n’est plus le point fort. Le Livret A affiche un taux inférieur à 2 %, avec un passage à 1,7 % au 1er août 2026, ce qui couvre difficilement une inflation qui repart. L’épargne de précaution garde sa place, mais ce n’est plus l’endroit où espérer faire vraiment fructifier son capital.
En parallèle, les fonds en euros de l’assurance-vie reviennent sur le devant de la scène. Le rendement moyen est estimé à 3,2 % pour 2027, selon les projections, après une remontée déjà amorcée en 2026. Le capital y est garanti par l’assureur, mais ce niveau de performance n’est pas promis pour l’avenir. Côté immobilier, les prix dans l’ancien reculent légèrement (autour de -0,8 % récemment) tandis que les taux d’emprunt pourraient approcher les 4 % d’ici fin 2027, ce qui pèse sur la capacité d’achat et rend les montages plus serrés pour les investisseurs.
Comment répartir son argent d’ici 2027 selon son horizon
Pour préparer 2027, une approche simple consiste à découper son épargne en poches. Une première poche très liquide pour les dépenses imprévues à moins de douze mois, une poche de moyen terme pour les projets à un à trois ans et une poche de long terme pour l’investissement à cinq ans et plus. À chaque horizon correspondent des supports différents, avec un couple rendement/risque à accepter.
Entre livrets, assurance-vie en euros, unités de compte, immobilier via des SCPI ou encore épargne retraite, les choix sont nombreux. Le tableau ci-dessous résume le rôle principal de quelques placements d’ici 2027, leur horizon minimal, leur disponibilité et leur tendance récente.
| Placement | Rôle d’ici 2027 | Horizon minimal | Disponibilité | Tendance 2026-2027 |
|---|---|---|---|---|
| Livret A | Trésorerie, épargne de précaution | Moins de 12 mois | Retraits immédiats | Taux < 2 % (1,7 % en 08/2026) |
| Fonds en euros | Capital garanti, rendement supérieur | 3 à 5 ans | Rachats sous quelques jours | Rendement estimé 3,2 % en 2027 |
| Unités de compte | Bourse, diversification long terme | Au moins 5 ans | Rachats possibles, valeur variable | Performance liée aux marchés |
| SCPI | Immobilier locatif mutualisé | Long terme, plus de 8 ans | Liquidité limitée | Sensibles au marché immobilier |
| PER | Préparation de la retraite | Jusqu’à la retraite | Blocage hors cas de sortie | Avantage fiscal à l’entrée |
| PED (proposé) | Anticiper la dépendance | 10 à 15 ans | Sommes bloquées | Risque lié aux PME financées |
Avec cette grille, un épargnant peut conserver l’équivalent de quelques mois de dépenses sur Livret A, placer un surplus de moyen terme sur les fonds en euros et réserver la part la plus longue de son patrimoine à des unités de compte ou à l’immobilier via des SCPI, en acceptant leur volatilité ou leur moindre liquidité. L’idée n’est pas de tout miser sur un seul support, mais d’équilibrer sécurité, rendement et interets de long terme.
Retraite, dépendance : préparer aussi l’après 2027 ?
Au delà de 2027, la préparation de la retraite reste un pilier de la stratégie patrimoniale, via le Plan d’épargne retraite qui permet, sous conditions et dans certaines limites, de déduire les versements volontaires du revenu imposable. Un rapport remis au Premier ministre à l’automne 2026 va plus loin en proposant un Plan Épargne Dépendance, présenté comme un prolongement du PER au moment du départ en retraite, pour financer une éventuelle perte d’autonomie.
Ce rapport souligne : « Avec l’allongement de l’espérance de vie, la dépendance est devenue le risque le plus coûteux, le plus redouté et le moins anticipé », dans un document cité par MoneyVox. Portée par la députée Olivia Grégoire, l’idée serait de permettre de réinvestir une partie du capital du PER dans ce PED, avec des sommes bloquées pendant 10 à 15 ans, soit approximativement entre 65 et 75 ou 80 ans. Ce produit bénéficierait des « mêmes avantages fiscaux » que le PER, tout en finançant prioritairement des PME, avec un risque de perte en capital et des difficultés possibles pour récupérer son argent avant l’échéance. À ce stade, il ne s’agit toutefois que d’une proposition, qui nécessiterait une loi et ne dispose pas encore de calendrier de mise en œuvre.
En bref
- Entre 2026 et fin 2027, les épargnants français font face à un Livret A sous 2 %, au retour des fonds en euros et à un marché immobilier freiné par la remontée des taux.
- L’article propose une méthode par horizons de temps, un tableau comparatif Livret A, assurance-vie, SCPI, PER et PED ainsi que des exemples d’allocations pour équilibrer sécurité et rendement.
- Préserver son pouvoir d’achat, préparer sa retraite et anticiper la dépendance exigent néanmoins de bien mesurer risques, fiscalité et délais de blocage avant tout arbitrage d’ici 2027.








