Dépenses de santé : la facture cachée qui grimpe à 290 euros par an pour les Français de plus de 70 ans

Publié le Par
Dépenses de santé : la facture cachée qui grimpe à 290 euros par an pour les Français de plus de 70 ans

En 2023, une étude de la Drees révèle qu’au-delà de 70 ans, le reste à charge santé peut grimper à près de 290 euros par an. Derrière cette moyenne, des écarts vertigineux interrogent la protection réelle des patients les plus fragiles.

Comment savoir ce qu’il restera vraiment à payer pour sa santé une fois la Sécurité sociale et la mutuelle passées ? Derrière chaque consultation, examen ou paire de lunettes se cache une addition souvent difficile à anticiper. Une nouvelle étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée le 5 novembre 2026, se penche précisément sur ce « reste à charge » laissé aux ménages après les remboursements.

En 2023, les dépenses de santé présentées au remboursement atteignent en moyenne 3 154 euros par personne et par an, mais tout n’est pas intégralement pris en charge. Selon la Drees, après l’Assurance maladie obligatoire et les complémentaires santé, il reste encore 146 euros à payer chaque année en moyenne, pour des soins qui varient beaucoup selon les profils. Derrière cette moiyenne relativement modeste se cachent pourtant de fortes disparités : les restes à charge augmentent nettement avec l’âge, jusqu’à atteindre près de 290 euros par an chez les 70 ans et plus, alors que 80 % des Français s’en sortent avec une somme bien plus faible. Une fracture silencieuse que les chiffres de l’étude permettent de mieux cerner.

Les chiffres clés de la Drees sur le reste à charge santé

La Drees calcule ce reste à charge à partir des soins présentés au remboursement de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), en s’appuyant sur le modèle de microsimulation Ines-Omar, fondé notamment sur les données du Système national des données de santé (SNDS). En 2023, la dépense de santé individualisable atteint 3 154 euros par personne : 81 % sont financés par l’AMO et 15 % par les complémentaires santé, le solde restant directement à la charge des patients. Concrètement, cela représente 612 euros après le seul remboursement de l’Assurance maladie, puis en moyenne 146 euros par an une fois la complémentaire intervenue pour 97 % des Français couverts. « Un reste à charge élevé peut survenir en cas d’hospitalisations répétées ou prolongées, ou en cas de recours à des biens médicaux ou à des spécialistes exerçant une liberté tarifaire », note la Drees dans son étude, citée par MoneyVox.

Selon les chiffres publiés, le reste à charge moyen provient surtout de dépenses liées à la liberté tarifaire : dépassements d’honoraires des médecins ou suppléments facturés sur certains actes et équipements médicaux, pour environ 120 euros par an. Les participations forfaitaires et franchises médicales pèsent autour de 20 euros, et le solde, d’environ 10 euros, correspond au ticket modérateur et au forfait journalier hospitalier lorsque la complémentaire santé ne couvre pas totalement ces montants. La Drees précise que son chiffrage se limite aux soins présentés à l’Assurance maladie obligatoire ; d’autres travaux, comme les Comptes de la santé, aboutissent à un reste à charge moyen plus proche de 280 euros en intégrant des dépenses qui ne donnent pas lieu à remboursement par l’Assurance maladie.

Reste à charge : l’âge fait tout… jusqu’au cap des 70 ans

Au-delà des moyennes globales, l’étude montre que le reste à charge santé 70 ans 290 euros Drees s’inscrit dans une progression très nette avec l’âge. Après remboursements de l’AMO et de la complémentaire, le reste à charge annuel s’établit en moyenne à 80 euros pour les 20 à 39 ans, 150 euros entre 40 et 59 ans, 220 euros entre 60 et 69 ans et 290 euros pour les personnes de 70 ans ou plus. Le RAC après assurance maladie croît avec l’âge, « mais moins fortement que les dépenses de santé dans leur ensemble » car « les personnes âgées consomment des soins mieux remboursés, en moyenne, par l’assurance maladie, notamment à l’hôpital, et bénéficient en plus grand nombre du dispositif d’exonération au titre d’une ALD (affection longue durée) ». En revanche, « Les seniors bénéficient, en moyenne, de moins bonnes garanties de la part de leur complémentaire santé », la Drees reliant ce constat à la perte fréquente des contrats collectifs d’entreprise au moment du passage à la retraite. Les montants moyens par tranche d’âge se résument ainsi :

Tranche d’âge Reste à charge annuel moyen (€/an) Lecture rapide
20-39 ans 80 € Reste à charge faible
40-59 ans 150 € Près du niveau moyen
60-69 ans 220 € Hausse sensible avec l’âge
70 ans ou plus 290 € Niveau le plus élevé
Ensemble de la population 146 € Moyenne tous âges confondus

Les moyennes cachent toutefois des situations très contrastées. Selon la Drees, 80 % des assurés supportent un reste à charge annuel après complémentaire d’environ 40 euros seulement, tandis que 20 % font face à près de 580 euros, et que 10 % des personnes dépassent les 910 euros par an. Les personnes atteintes d’une affection longue durée (ALD) ne sont pas épargnées : leur reste à charge atteint en moyenne 240 euros, et 20 % d’entre elles déboursent autour de 870 euros par an, malgré l’exonération du ticket modérateur sur les soins liés à la maladie. Ces montants reflètent l’addition de séjours hospitaliers répétés, d’équipements coûteux comme les prothèses dentaires ou auditives, et de consultations auprès de spécialistes aux honoraires élevés.

En bref

  • Publiée le 5 novembre 2026, l’étude de la Drees calcule qu’en 2023 les dépenses de santé présentées au remboursement atteignent 3 154 € par personne pour un reste à charge moyen de 146 €.
  • Le reste à charge après Sécu et mutuelle grimpe avec l’âge jusqu’à 290 € par an après 70 ans, tiré par les dépassements d’honoraires et les équipements médicaux comme l’optique, le dentaire ou les prothèses auditives.
  • Derrière la moyenne, de fortes inégalités apparaissent, avec 80 % des assurés autour de 40 € mais 10 % au-delà de 910 € et des patients en ALD qui restent exposés à des montants élevés.
À propos de l'auteur
Gary Assouline

Journaliste, je suis responsable du pôle Audience de Reworld Media. Je rédige des articles sur Bourse Inside et sur d'autres sites du groupe comme Marie France, Pleine Vie ou Aufeminin sur les sujets de la vie quotidienne : consommation, argent, finance, société...

Ses derniers articles