Thermostat obligatoire : cette dépense bientôt imposée à tous les propriétaires avant la date butoir de 2027 ou 2030

À l’approche du 1er janvier 2027, l’obligation de thermostat programmable sème le doute chez les propriétaires. Dates clés, logements visés, coûts et exceptions possibles : ce qui change vraiment pour votre chauffage d’ici 2030.
Un courriel du promoteur, une mention en petit dans un devis de chauffage, une rumeur entre voisins… Le sujet du thermostat programmable obligatoire remonte partout, avec une même question en toile de fond : qui va vraiment devoir s’équiper, et quand exactement.
Plusieurs textes publiés depuis 2023 organisent une généralisation progressive de ces systèmes de régulation automatique de la température dans les logements. À partir du 1er janvier 2027, les bâtiments neufs devront en être équipés, puis les logements existants suivront au 1er janvier 2030, avec à la clé jusqu’à 15 % d’économies de chauffage selon l’Agence de la transition écologique (Ademe). Reste à savoir si, et quand, votre logement entre dans ce cadre.
Thermostat programmable obligatoire : qui est concerné en 2027 et en 2030 ?
Pour le neuf, la règle est désormais claire. À compter du 1er janvier 2027, les bâtiments neufs et les nouvelles parties de bâtiments pour lesquels une demande de permis de construire ou une déclaration préalable sera déposée à partir de cette date devront être équipés d’un système de régulation automatique de la température pour le chauffage. Autrement dit, dès qu’un projet de construction ou d’extension passe par un permis de construire ou une déclaration préalable déposés après cette échéance, le dispositif doit être prévu dans le projet et financé par le propriétaire, qu’il occupe le logement ou qu’il le mette en location.
Pour les logements déjà construits, l’obligation est décalée. Dans les logements existants, elle sera effective au 1er janvier 2030. Un décret du 7 juin 2023 avait initialement fixé la généralisation à 2027, mais un décret du 26 décembre 2025 a finalement reporté l’obligation d’installer un thermostat programmable à 2030 pour l’existant. Depuis 2018, l’installation d’un thermostat programmable était déjà obligatoire lors de la pose d’une chaudière neuve, ce qui fait que certains logements sont déjà en règle. Deux cas de dérogation sont prévus : lorsque l’installation est techniquement impossible, par exemple pour des appareils indépendants de chauffage dont l’alimentation en combustible n’est pas automatisée comme un poêle à bûches, ou lorsque le temps de retour sur investissement est supérieur à 10 ans, à condition qu’une étude l’atteste.
| Situation du logement | Date d’application | Déclencheur | Qui installe et paie | Exceptions possibles |
|---|---|---|---|---|
| Logement neuf ou partie neuve | À partir du 1er janvier 2027 | Permis de construire ou déclaration déposés dès 01/01/2027 | Propriétaire occupant ou bailleur | Impossibilité technique, ou retour sur investissement > 10 ans |
| Logement existant (maison, appartement) | À partir du 1er janvier 2030 | Présence d’un chauffage pouvant être régulé | Propriétaire occupant ou bailleur | Cas techniques ou économiques justifiés par une étude |
| Installation d’une chaudière neuve | Obligation déjà en vigueur depuis 2018 | Remplacement ou pose d’une chaudière de chauffage | Propriétaire | Dérogations identiques : technique ou retour sur investissement |
Quel thermostat installer, qui paie et combien cela peut rapporter ?
L’idée, derrière ce thermostat programmable obligatoire, est d’aider les ménages à mieux piloter leur chauffage. Le thermostat programmable vous « permet de réguler la température de votre logement pièce par pièce ou par zone de chauffe (plusieurs pièces de votre logement ou un étage entier, par exemple), et selon vos habitudes de vie (adaptation de la température par période jour/nuit, activités/congés, présence/absence d’une personne dans la pièce, etc.) », explique le site Service-public.fr. Le dispositif installé ne doit pas obligatoirement être connecté, c’est à dire pilotable via un smartphone ou une tablette : un simple modèle programmable via un boîtier de commande suffit, à condition de permettre une gestion fine jour/nuit et présence/absence, avec au minimum quatre allures de chauffe distinctes, confort, réduit, hors gel et arrêt.
Ce sont les propriétaires qui ont la charge de faire installer ce système, qu’ils habitent les lieux ou qu’ils soient bailleurs, tandis que les locataires doivent ensuite entretenir ces équipements. Selon l’Ademe, le coût de l’investissement varie de 60 à 250 € pour le matériel seul, auquel il faut ajouter de 150 à 300 € de frais d’installation par un professionnel. L’agence estime que la mise en place d’un tel équipement peut entraîner jusqu’à 15 % d’économies sur les factures de chauffage ; elle rappelle aussi qu’abaisser la température de consigne d’un degré, par exemple de 20 à 19 °C, représente environ 7 % d’économie d’énergie, la température de 19 °C étant recommandée dans les pièces de vie. Dans une maison chauffée à l’électricité, l’Ademe chiffre ainsi le gain possible à jusqu’à 270 € par an pour une facture de 1 800 €, et jusqu’à 210 € par an pour un chauffage au gaz d’environ 1 400 €, un argument interressant pour relativiser le coût de départ, hors cas où une étude montrerait un temps de retour supérieur à dix ans.
En bref
- Depuis les décrets de 2023 et 2025, la France prépare la généralisation des thermostats programmables dans les logements neufs et existants.
- À partir du 1er janvier 2027, les constructions neuves devront intégrer un système de régulation automatique, puis tous les logements existants seront concernés au 1er janvier 2030 avec quelques dérogations.
- Entre choix du matériel, partage des coûts propriétaire-locataire et calcul du retour sur investissement, de nombreux ménages cherchent encore comment s’y prendre sans surpayer.







