Crédit immobilier : le seuil de 4% sur 20 ans est franchi, voici le surcoût de plusieurs milliers d'euros pour votre projet

En novembre 2026, les banques relèvent encore leurs barèmes et certains crédits immobiliers sur 20 ans dépassent désormais les 4%. Entre ménages modestes plus exposés et meilleurs dossiers encore courtisés, les conditions d'accès au prêt se transforment brutalement.
En novembre 2026, les candidats à l’achat découvrent un paysage du crédit une nouvelle fois durci. Après une rentrée déjà marquée par des relèvements de barèmes, les banques augmentent encore leurs taux et, sur 20 ans, certains prêts frôlent ou dépassent désormais la barre symbolique des 4%.
Les relevés de Pretto, CAFPI, Meilleurtaux et Vousfinancer montrent que les taux moyens sur 20 ans se situent autour de 3,6% à 3,8% hors assurance, avec des écarts de plus en plus marqués selon les établissements et les profils. Pour un emprunteur qui vise un taux immobilier en dessous de 4% sur 20 ans en novembre 2026, la qualité du dossier, le courtier choisi et la marge de manœuvre en négociation deviennent déterminants, au point de redessiner complètement les conditions d’accès au crédit.
Taux immobilier : les nouveaux barèmes des banques en novembre 2026
Les données publiées début novembre par les réseaux de courtage confirment la poursuite de la hausse sur toutes les durées. Chez CAFPI, les taux moyens obtenus en octobre s’élèvent à 3,40% sur 15 ans, 3,61% sur 20 ans et 3,75% sur 25 ans, avec des augmentations pouvant atteindre 0,17 point en un mois. Pretto fait état de taux moyens de 3,56% sur 15 ans, 3,76% sur 20 ans et 3,85% sur 25 ans pour novembre, soit une progression comprise entre 0,06 et 0,11 point selon la durée. Le baromètre Meilleurtaux actualisé au 2 novembre affiche 3,58% sur 15 ans, 3,71% sur 20 ans et 3,80% sur 25 ans, tandis que Vousfinancer se situe à 3,60%, 3,8% et 4% respectivement. Ces moyennes reposent sur les barèmes transmis par les banques et ne prennent pas en compte le coût de l’assurance emprunteur.
| Courtier | 15 ans | 20 ans | 25 ans | Période |
|---|---|---|---|---|
| Pretto | 3,56% | 3,76% | 3,85% | début nov. 2026 (barèmes) |
| CAFPI | 3,40% | 3,61% | 3,75% | oct. 2026 (dossiers signés) |
| Meilleurtaux | 3,58% | 3,71% | 3,80% | 2 nov. 2026 (baromètre) |
| Vousfinancer | 3,60% | 3,8% | 4,0% | début nov. 2026 (barèmes) |
Taux moyens constatés sur la base des barèmes bancaires, hors assurance emprunteur.
Au‑delà de 4% sur 20 ans : profils concernés, coût et raisons de la hausse
Pour les dossiers déjà présentés en banque, les courtiers signalent aussi une progression des taux effectivement obtenus. « Les taux moyens négociés sont également orientés à la hausse : 3,60% sur 15 ans, 3,8% sur 20 ans et 4% sur 25 ans », indique le courtier Vousfinancer dans un communiqué. Selon Pretto, les ménages disposant de moins de 40 000 euros de revenus nets annuels avant impôts obtiennent désormais un taux moyen de 4,07% sur 25 ans, contre 3,97% pour ceux gagnant entre 40 000 et 80 000 euros, alors que les emprunteurs dépassant 120 000 euros de revenus annuels se voient proposer en moyenne 3,53% sur 25 ans, soit 0,54 point de moins que les profils les plus modestes. « Certaines banques prêtent désormais à plus de 4% sur 20 ans, quand d’autres, plus rares, permettent encore de décrocher un crédit proche de 3,5% à condition d’avoir un excellent dossier. Ainsi, les écarts entre les banques et les profils s’accroissent », explique Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer, citée par MoneyVox. Les meilleurs profils continuent toutefois d’accéder à des barèmes nettement inférieurs, avec des taux « les plus attractifs » chez CAFPI à 3,10% sur 15 ans, 3,25% sur 20 ans et 3,45% sur 25 ans, quand Meilleurtaux évoque des taux de 3,60% sur 15 ans, 3,70% sur 20 ans et 3,85% sur 25 ans, et des exellents dossiers capables d’obtenir 3,35% sur 15 ans et 3,55% sur 20 ou 25 ans.
La remontée des taux immobiliers a un impact direct sur le budget des ménages. D’après les simulations de Pretto, un emprunt de 250 000 euros sur 20 ans au taux de 3,76% entraîne une mensualité d’environ 1 484 euros hors assurance ; la hausse enregistrée en novembre ajoute 13 euros par mois, soit un surcoût total proche de 3 115 euros sur la durée du prêt. Sur 25 ans, CAFPI estime que la dernière augmentation de taux renchérit la mensualité d’environ 23 euros pour un capital identique de 250 000 euros, toujours hors assurance. Pour une mensualité de 1 000 euros sur 25 ans, le courtier calcule qu’en un an, la surface finançable a reculé de 5,75 m² à Rennes (soit une baisse de 10,61%), de 4,97 m² à Reims et de 3,90 m² à Marseille, ce qui illustre la perte de pouvoir d’achat immobilier liée à la montée vers des conditions proches ou supérieures à 4% sur 20 ans.
L’origine de cette tension se trouve en grande partie sur les marchés obligataires : le 21 octobre, le taux auquel l’État français emprunte à 10 ans, l’OAT 10 ans, a franchi la barre des 5%, avec un pic rapporté jusqu’à 5,13% le 22 octobre, un niveau inédit depuis 2002. Cet indicateur sert de référence aux banques pour fixer leurs barèmes, aux cotés des décisions de la Banque centrale européenne, des règles du Haut Conseil de stabilité financière et du taux d’usure calculé par la Banque de France, fixé à 5,4% pour les prêts immobiliers à taux fixe de 20 ans et plus au 1er octobre 2026. Certaines enseignes, comme le Crédit Mutuel du Sud-Ouest et le Crédit Agricole Île-de-France, ont d’ailleurs relevé leurs taux dès la seconde moitié d’octobre, de 0,25 point le 19 octobre pour la première et de 0,20 point deux jours plus tard pour la seconde, selon Pretto. « Les banques ont choisi de défendre leurs volumes dans un marché peu dynamique, plutôt que de gonfler leur marge sur le crédit », explique Pierre Chapon, cofondateur de Pretto, qui observe encore des marges de manœuvre : sur les offres de prêts sur 25 ans finalisées au cours des 30 derniers jours, ses clients ont en moyenne obtenu un taux inférieur de 0,18 point au barème initial proposé par leur banque.
En bref
- Début novembre 2026, les baromètres de Pretto, CAFPI, Meilleurtaux et Vousfinancer affichent des taux moyens autour de 3,6% à 3,8% sur 20 ans, hors assurance.
- Certains emprunteurs, surtout les ménages modestes, voient déjà leurs crédits dépasser 4% sur 20 ans, avec une perte de pouvoir d'achat immobilier mesurée en m² et un budget mensuel alourdi.
- Entre OAT 10 ans au-dessus de 5%, taux d’usure relevé à 5,4% et marges de négociation encore possibles, l'accès aux meilleurs barèmes se resserre et impose des stratégies plus fines.










