Votre pizza servie par un robot : l'innovation qui fait exploser le chiffre d'affaires et menace le métier de serveur

À Karachi, le restaurant italien The Sicilian a misé sur deux robots-serveurs humanoïdes pour attirer familles et curieux. Derrière Robia et Jojo, un ingénieur pakistanais rêve déjà d'en faire bien plus que de simples porteurs de pizzas.
Dans un restaurant italien de la tentaculaire Karachi, la serveuse qui se faufile entre les tables pour apporter une pizza fumante ne respire pas, ne cligne pas des yeux. Face à une famille attablée, la silhouette blanche s’arrête, se tourne vers les clients et laisse entendre une voix synthétique. La scène amuse les enfants, étonne les adultes et transforme un simple dîner en spectacle.
Au coeur de la capitale économique du Pakistan, le restaurant The Sicilian s’est doté de deux robots-serveurs humanoïdes, pensés comme une attraction mais aussi comme un test grandeur nature de nouvelles technologies de service. Les familles affluent, des curieux traversent toute la ville portuaire pour les voir à l’oeuvre, dans ce qui ressemble pour certains à un avant-goût très concret de l’avenir de la restauration.
À Karachi, des robots-serveurs qui amusent les enfants et intriguent les parents
La première à entrer en scène s’appelle Robia. Se frayant un chemin entre les tables aux néons clignotants, la serveuse robotisée dépose une pizza toute fraîche avant de lancer : « Bienvenue au Sicilian. Je m’appelle Robia », en fixant les convives de ses yeux rouges à LED. Sa tête sphérique blanche, sa visière sombre rappelant un casque de moto et le dupatta noir posé sur ses épaules donnent à ce humanoïde un air à la fois familier et futuriste.
Les enfants tendent spontanément la main pour toucher ces serveurs mécaniques pendant que leurs parents dégainent leurs téléphones pour immortaliser la scène en photos et selfies. Pour la jeune cliente Sonia Dilosker, la différence tient justement à l’absence de ressenti : « Parce que c’est une machine et qu’elle n’a pas d’émotions », dit-elle. Un autre habitué, Ahmer Zameer, insiste sur le petit plus qui le séduit particuliérement : « Le plus appréciable, c’est qu’il se présente lui-même », confie ce client enthousiaste, en précisant que le robot « vous indique également ce que vous pouvez commander ».
Un pari technologique « made in Pakistan » qui transforme The Sicilian
Derrière Robia et son jumeau Jojo se trouve Syed Osama Aziz, ingénieur pakistanais et fondateur du restaurant The Sicilian. Par le biais de sa société de robotique Cobot, il a développé ces deux humanoïdes en utilisant surtout des pièces fabriquées localement, dessinant lui-même les circuits imprimés et programmant les machines dans son propre laboratoire. « Le matériel, c’est-à-dire ce qu’il faut pour fabriquer des robots, n’est pas si facile à trouver ici, nous avons donc dû nous débrouiller », explique-t-il, alors que son atelier de fabrication est installé à Multan, dans la province du Pendjab.
| Robot | Rôle actuel | Ce que font encore les humains | Fonctions à venir | Effet sur la clientèle |
|---|---|---|---|---|
| Robia | Accueille, se présente, apporte les plats | Aident à servir, récupèrent les assiettes | Caméra, traitement d’image, mémoire des commandes | Attire enfants, déclenche photos et selfies |
| Jojo | Deuxième robot-serveur humanoïde au même poste | Même protocole, assistance du personnel | Bénéficiera des mêmes mises à jour | Renforce l’effet nouveauté en salle |
| Repères | Karachi, restaurant italien The Sicilian | Atelier à Multan (Pendjab, Pakistan) | Photos datées 2 octobre 2026 | Clients traversent la ville pour les voir |
Quand ils arrivent au restaurant, les clients voient ces robots-serveurs acheminer les plats jusqu’à leur table, mais doivent encore prendre eux-mêmes l’assiette sur le plateau ou attendre qu’un employé vienne donner un coup de main. Pour la suite, Syed Osama Aziz imagine des machines bien plus interactives : « À l’avenir, nous prévoyons d’y ajouter des fonctionnalités de traitement par caméra et de traitement d’image. Cela signifie que le robot pourra également vous reconnaître en vous regardant, qu’il se souviendra de ce que vous avez commandé la dernière fois et qu’il sera ainsi en mesure de vous faire de meilleures suggestions », développe-t-il. Sur le plan commercial, l’effet se voit déjà : « Notre activité s’est développée. Les gens viennent de très loin pour cela. C’est la première fois qu’ils voient un robot ici », raconte à l’AFP Hellen, une employée, avant de résumer l’ambiance en salle par un simple « Les gens sont ravis de voir cela ». Alors qu’en Chine et dans d’autres pays d’Asie de l’Est ces robots de service se banalisent, cette initiative de Karachi reste singulière, dans un contexte où la banque d’investissement américaine Morgan Stanley prévoit que le monde pourrait compter plus d’un milliard de robots humanoïdes d’ici 2050.
En bref
- À Karachi, au Pakistan, le restaurant italien The Sicilian utilise deux robots-serveurs humanoïdes, Robia et Jojo, conçus par l’ingénieur Syed Osama Aziz via sa société Cobot, depuis un atelier installé à Multan dans le Pendjab.
- Ces robots transportent les plats jusqu’aux tables, amusent les enfants, intriguent les parents et contribuent à une hausse de la fréquentation, tandis qu’une évolution est annoncée avec caméra, traitement d’image et mémoire des commandes.
- Dans un pays où ces technologies restent rares, cette expérience locale attire des clients de toute la ville et s’inscrit dans un mouvement plus large, alors que Morgan Stanley anticipe plus d’un milliard de robots humanoïdes d’ici 2050.






