Ballon thermodynamique et 21°C : pourquoi ce réflexe qui paraît logique va en réalité vous coûter plus cher sur votre facture d'électricité

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Ballon thermodynamique et 21°C : pourquoi ce réflexe qui paraît logique va en réalité vous coûter plus cher sur votre facture d'électricité

Dimanche 8 novembre à Pau, Météo-France annonce 21 °C l’après-midi et pousse de nombreux foyers à envisager de chauffer leur ballon thermodynamique plus tard. Les chiffres COP, heures pleines et heures creuses racontent pourtant une tout autre histoire.

Dimanche 8 novembre, la prévision de Météo-France annonçait un grand écart à Pau : autour de 8,2 °C à 4 heures du matin, puis 21,1 °C vers 16 heures. De quoi donner envie à certains habitants de reprogrammer leur ballon thermodynamique pour profiter de la douceur de l’après-midi plutôt que du froid nocturne.

Sur la facture, l’idée se révèle pourtant trompeuse dans la plupart des configurations. Le rendement du chauffe-eau grimpe un peu quand l’air se réchauffe, mais le prix du kWh en heures pleines reste nettement plus élevé que celui des heures creuses. Le geste paraît logique, il l’est beaucoup moins pour votre porte-monnaie.

Ballon thermodynamique : pourquoi garder la chauffe de nuit malgré les 21 °C annoncés

Un chauffe-eau thermodynamique récupère les calories de l’air pour chauffer l’eau, et son efficacité se mesure par le COP, le coefficient de performance. Pour un modèle courant de 200 litres, la fiche constructeur citée dans les données techniques indique un COP de 3,18 avec un air à 7 °C, contre 3,40 avec un air à 15 °C, soit environ 7 % de rendement en plus pour 8 °C de plus. La fiche s’arrête à 15 °C, aucun chiffre publié ne permet d’affirmer qu’un passage à 21 °C ferait bondir ce rendement.

La météo joue donc, mais moins qu’on pourrait l’imaginer. À Pau, Météo-France prévoit bien 21,1 °C à 16 heures, tout comme un après-midi très doux à Bordeaux ou Biarritz, alors que les températures nocturnes restent comprises entre 1,6 °C et 11,2 °C selon les villes. Sauf que le kWh en heures pleines coûte environ 35 % plus cher que le kWh en heures creuses au tarif réglementé de vente en vigueur depuis le 1er août 2026 : 0,2142 €/kWh en heures pleines contre 0,1589 €/kWh en heures creuses. Le redoux ne suffit pas à combler cet écart tarifaire, en particulier si votre ballon est en air ambiant dans un garage ou un cellier qui se réchauffe plus lentement que l’extérieur.

Quand chauffer l’après-midi peut s’envisager pour votre ballon thermodynamique

Le calcul du coût réel consiste à diviser le prix du kWh électrique par le COP. La nuit, en heures creuses et avec un air à 7 °C (COP 3,18), 1 kWh de chaleur revient à 0,0500 €. L’après-midi, en heures pleines et avec un air à 15 °C (COP 3,40), le même kWh de chaleur coûte 0,0630 €, soit environ 26 % plus cher. Selon l’observatoire de l’ADEME, un foyer moyen consomme 1 544 kWh de chaleur par an pour l’eau chaude sanitaire, soit autour de 4 kWh par jour : déplacer la chauffe en plein aprés-midi en heures pleines ajoute seulement 5 à 6 centimes par jour, donc moins de 20 centimes sur trois jours de redoux, mais toujours dans le mauvais sens.

Moment de chauffe Option tarifaire Temp. air / COP Prix élec (€/kWh) Coût 1 kWh chaleur (€)
Nuit Heures creuses 7 °C / COP 3,18 0,1589 0,0500
Après-midi Heures pleines 15 °C / COP 3,40 0,2142 0,0630
Après-midi Heures creuses 15 °C / COP 3,40 0,1589 0,0467
Nuit Option Base 7 °C / COP 3,18 0,2001 0,0629
Après-midi Option Base 15 °C / COP 3,40 0,2001 0,0589

Deux exceptions ressortent des données. La première concerne les foyers dont les heures creuses tombent en journée, ce que fixe Enedis avec 8 heures de prix réduit par 24 heures. Si vos heures creuses couvrent l’après-midi, le kWh de chaleur descend à 0,0467 € aprés 15 heures, contre 0,0500 € la nuit, soit à peine 1 centime d’écart par jour pour un usage moyen. La seconde exception vise l’option Base, où le prix du kWh reste à 0,2001 € en permanence : seul le COP compte, et l’après-midi revient alors à environ 0,0589 € pour 1 kWh de chaleur, contre 0,0629 € la nuit, soit autour de 2 centimes de moins par jour.

Pour savoir où vous en êtes, trois réflexes suffisent. D’abord, relire votre facture pour identifier vos plages d’heures pleines et d’heures creuses, ou leur affichage sur le compteur Linky. Ensuite, consulter la fiche technique du ballon pour relever le COP à 7 °C et à 15 °C. Enfin, comparer le rapport de prix heures pleines/heures creuses à celui des COP, en gardant en tête qu’au tarif réglementé le rapport de prix atteint environ 1,35 : il faudrait un COP d’après-midi autour de 4,29 pour rattraper cet écart. Dernier point signalé par les recommandations de l’ADEME, la consigne de température ne doit pas être abaissée pour compenser, une eau trop tiède pouvant favoriser la prolifération de légionelles.

En bref

  • Le 8 novembre 2026 à Pau, un pic annoncé à 21 °C par Météo-France relance la question du réglage d’un ballon thermodynamique entre nuit fraîche et après-midi douce.
  • En comparant COP, tarifs heures pleines/heures creuses et coût réel du kWh de chaleur, l’article montre que décaler la chauffe en journée reste le plus souvent défavorable.
  • Seules quelques situations spécifiques liées aux plages Enedis, à l’option Base et au respect d’une consigne anti-légionelles justifient d’adapter finement la programmation.
À propos de l'auteur
Gary Assouline

Journaliste, je suis responsable du pôle Audience de Reworld Media. Je rédige des articles sur Bourse Inside et sur d'autres sites du groupe comme Marie France, Pleine Vie ou Aufeminin sur les sujets de la vie quotidienne : consommation, argent, finance, société...

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