Radiologie : pourquoi les salaires des médecins libéraux et hospitaliers font débat, grève massive en cours
Les radiologues en France voient leurs salaires au cœur des débats, entre baisses de tarifs et grèves. Quels sont les écarts entre libéral et hôpital ?

Pourquoi la radiologie cristallise autant le débat sur les salaires médicaux ? Derrière les images qui guident chaque diagnostic se cachent des rémunérations qui font parler, entre cabinets libéraux et hôpital public. Le sujet revient en tête de l’actualité, porté par des statistiques, des rapports et des mobilisations.
Ce lundi, entre 70 à 80 % des médecins radiologues libéraux sont en grève pour dénoncer des baisses de tarifs décidées par l’Assurance Maladie à la mi octobre, selon leur syndicat. Jean-Philippe Masson, président de la Fédération nationale des médecins radiologues, a expliqué qu’une interprétation de scanner coûtera bientôt 26 euros au lieu de 29 euros jusqu’à présent. Dans le même temps, les derniers chiffres de la Drees et les travaux de l’Igas et de l’IGF éclairent le niveau du salaire des radiologues et ses écarts selon le mode d’exercice. La question qui revient est simple.
Salaire des radiologues, libéral et hôpital
Selon la Drees (publication de décembre 2024 sur l’année 2021), les radiologues libéraux touchent en moyenne 212 700 euros net par an, soit 17 725 euros par mois. Pour situer, les anesthésistes libéraux sont à 191 700 euros net annuels et les cardiologues à 163 000 euros net, quand les radiothérapeutes culminent à 417 500 euros par an. Dans les rapports utilisés par l’Igas et l’IGF, l’ordre de grandeur pour les radiologues varie entre 188 400 et 212 700 euros en 2021.
Le milieu d’exercice pèse lourd. D’après Hello Work, un radiologue hospitalier perçoit envrion 8 800 euros net par mois, contre 15 833 euros net par mois pour un libéral. Les portails d’emploi reflètent parfois d’autres niveaux, car fondés sur les offres : Jobted avance un salaire moyen de 125 600 euros brut par an pour la profession. Ces écarts tiennent aux définitions (brut vs net d’activité libérale), au volume d’actes et aux charges de structure.
Tarifs, rentabilité et salaires : ce que disent Assurance Maladie, IGF et IGAS
Dans leur état des lieux publié en 2025, les inspections pointent une « rémunération des radiologues deux fois supérieure à celle des autres médecins spécialistes », ont écrit l’Igas et l’IGF, selon Actu.fr. Elles évoquent des économies potentielles de 500 millions d’euros par an en rapprochant les rémunérations et en freinant les dépassements d’honoraires, avec en toile de fond l’attractivité de l’hôpital.
L’Assurance Maladie parle de « les niveaux élevés de rentabilité (du secteur de la radiologie) qui dépassent largement ceux d’autres secteurs économiques », dans un rapport publié en juin. Elle y mentionne une rentabilité opérationnelle moyenne supérieure à 15 % en 2022 pour plusieurs secteurs, dont la radiologie. La Fédération nationale des médecins radiologues conteste ces lectures et dénonce « une analyse à la fois injuste, partiale et dangereuse pour la profession et surtout pour la santé publique », arguant des besoins de financement des plateaux techniques et de la continuité de l’imagerie sur le territoire.







