Alstom : un contrat historique en Pologne de 1,6 Md€ booste son expansion, mais le TGV M reste en suspens en France
Alstom signe un contrat historique en Pologne avec PKP Intercity pour 1,6 milliard d'euros, renforçant sa présence en Europe centrale. Quels impacts pour l'économie et l'industrie ferroviaire?

Alstom enchaîne les contrats à l’international et signe un nouveau chapitre en Europe centrale, pendant que le dossier du TGV M continue de patiner. Entre vitrine export et exigences domestiques, la balance économique se déplace.
Le groupe a annoncé un contrat historique en Pologne avec PKP Intercity pour équiper le réseau longue distance, assorti d’un long volet services. Derrière l’effet d’annonce, des usines polonaises mobilisées, des revenus étalés dans le temps et une option de volume qui peut peser lourd. A suivre.
Pologne : 42 Coradia Max, 1,6 Md€ et production locale
Le contrat d’environ 1,6 milliard d’euros couvre 42 trains Coradia Max pour PKP Intercity, une option de 30 rames supplémentaires et 30 ans de maintenance. Les rames, capables de rouler à 200 km/h, seront conçues et assemblées en Pologne, sur les sites de Chorzów et Nadarzyn. « La Pologne est au cœur de la stratégie d’innovation mondiale d’Alstom », a déclaré Andrew DeLeone, président d’Alstom Europe, selon BFM Business. « Une décennie après avoir révolutionné les voyages interurbains avec le Pendolino, nous sommes fiers de franchir une nouvelle étape avec PKP Intercity, en livrant une flotte qui incarne l’avenir du rail: plus rapide, plus écologique et plus confortable que jamais », a-t-il ajouté.
Les trains à double niveau offriront plus de 550 places, une configuration à six voitures et la possibilité de fonctionner en double traction ; ils seront aussi à double tension 3 kV/25 kV. Le volet services inclut la maintenance préventive et corrective, le nettoyage et l’appui numérique via la plateforme HealthHub, pour une maintenance dite prédictive. « Ils apporteront un nouveau standard de grande qualité sur les voies polonaises: rapides, spacieux, modernes et confortables, tout en restant accessibles dans la catégorie économique. Les citoyens en provenance des villes telles que Varsovie, Gdańsk, Łódź, Olsztyn, Wrocław, Cracovie, Białystok et Terespol pourront voyager à bord de ces trains. Nous voulons que les premiers passagers puissent profiter de ces nouveaux trains dans environ trois ans et demi », a indiqué Janusz Malinowski, PDG de PKP Intercity.
Retombées économiques : New York, Eurostar et le cas TGV M
Ces annonces jalonnent une expansion internationale déjà soutenue. Aux Etats-Unis, l’autorité des transports de l’agglomération de New York a commandé 316 voitures de banlieue pour 2,3 milliards de dollars (environ 2,1 milliards d’euros), et Eurostar a attribué un marché d’environ 1,4 milliard d’euros pour de nouveaux trains à grande vitesse. L’ensemble renforce le poids des activités de services sur la durée avec, en Pologne, un contrat de maintenance de 30 ans qui sécurise d’avantage de visibilité.
Reste un contrepoint français. Le TGV M arrivera en 2026, avec plus de deux ans de décalage sur le planning initial, et SNCF Voyageurs négocie fermement l’application des pénalités prévues par le contrat de 3,5 milliards d’euros pour 115 rames. « On doit défendre nos intérêts, ce n’est donc pas aussi binaire que ça », a expliqué Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs. « Il y a des avenants, des ajouts et à la fin, on négocie », a-t-il résumé. En attendant, l’opérateur prolonge la vie de son parc avec une opération de maintenance spéciale : 104 rames seront prolongées de deux à dix ans et les premiers travaux doivent démarrer cet automne.







