L'arrêt du penny aux États-Unis : quelles conséquences économiques et culturelles après 232 ans de production ?

Par Paul Graph - Publié le

Le dernier penny américain a été frappé, marquant la fin de 232 ans de production. Quels seront les impacts économiques et culturels de cette décision historique?

L’arrêt du penny aux États-Unis : quelles conséquences économiques et culturelles après 232 ans de production ?

Pièce la plus familière des caisses américaines, le penny bascule dans l’histoire. Mercredi, le service de la Monnaie a frappé le dernier 1 cent destiné à la circulation, mettant fin à 232 ans de production continue. Les usages évoluent, l’économie aussi.

« le penny joue depuis longtemps un rôle dans la vie quotidienne des Américains, des prémices du système économique jusqu’à aujourd’hui », rappelle le service de la Monnaie, selon 20 Minutes. Entre symboles et contraintes industrielles, la bascule s’annonce durable. Une question demeure : quelles conséquences économiques et culturelles concrètes ?

Fin du penny et coûts : ce que change l’arrêt de production

« Des facteurs économiques et industriels, combinés à l’évolution du comportement des consommateurs, ont rendu sa production non viable », explique le service de la Monnaie. En dix ans, produire 1 cent est passé de 1,42 centime à 3,69 centimes, entraînant une perte à chaque frappe. La pièce reste cours légal, mais sa fabrication pour la circulation s’arrête pour de bon, l’offre ayant dépassé la demande depuis longtemps.

L’administration souligne également qu’environ 300 milliards de pennies circulent déjà aux États-Unis, « ce qui dépasse largement la quantité nécessaire aux échanges ». De quoi absorber les besoins résiduels sans relancer la frappe courante. Le service de la Monnaie continuera toutefois d’en produire comme objets de collection, une transition qui préserve l’attachement au motif tout en contenant les coûts.

Un impact culturel et des précédents : des États-Unis à l’Europe

Le geste a été soutenu sur le plan politique. Donald Trump avait défendu l’arrêt de la production dès février, au nom de la réduction des dépenses inutiles. « Eliminons le gaspillage du budget de notre grande nation, même si c’est un centime par un centime », a-t-il lancé. Pour beaucoup d’Américains, le 1 cent demeure un repère culturel indispenssable, mais il glisse vers le terrain de la collection et des souvenirs, sans disparaître des paiements où il garde cours légal.

Des repères existent ailleurs. Le Canada a abandonné sa pièce d’un centime en 2012. Dans la zone euro, le coût de fabrication des pièces de 1 centime dépasse aussi leur valeur faciale, et cinq pays ont cessé ou commencé de cesser de les utiliser au quotidien avec un arrondi au multiple de cinq centimes : Finlande, Belgique, Pays-Bas, Italie et Irlande (source Wikipédia). En filigrane, un même constat économique : la très petite coupure coûte plus qu’elle ne rapporte, tandis que la circulation existante et la frappe pour collection suffisent à préserver la mémoire de la pièce de 1 cent sans alourdir la facture publique.