Tourisme mondial 2025 : l'Afrique et l'Asie en tête, découvrez les facteurs de croissance qui bouleversent le secteur

Par Paul Graph - Publié le

En 2025, le tourisme mondial affiche des performances contrastées selon les régions. Quels facteurs expliquent ces écarts et qui en sont les leaders?

Tourisme mondial 2025 : l’Afrique et l’Asie en tête, découvrez les facteurs de croissance qui bouleversent le secteur

Et si la carte du voyage en 2025 ne racontait pas la même histoire selon qu’on regarde les volumes ou la vitesse de croissance ? Le regain du secteur se confirme, mais l’accélération n’est pas la même partout, loin de là.

Les premiers bilans 2025 montrent un tourisme international qui repart, porté par des moteurs structurels et un trafic aérien en hausse. « Face aux défis mondiaux, le tourisme international continue de faire preuve d’un élan et d’une résilience remarquables », souligne Zurab Pololikashvili, le secrétaire général d’ONU Tourisme, selon PAX Nouvelles. La suite se joue dans les écarts régionaux.

Tourisme mondial 2025 : volumes en hausse, croissance confirmée

Au premier trimestre 2025, les arrivées internationales ont dépassé 300 millions, soit +5 % par rapport à 2024 et +3 % par rapport à 2019. Sur le premier semestre, environ 690 millions de voyageurs ont été recensés, soit +5 % sur un an et environ +4 % au-dessus des niveaux prépandémiques. L’Europe s’impose en volume avec près de 340 millions d’arrivées au S1.

Côté valeur, les recettes touristiques mondiales ont atteint en 2024 un niveau record d’environ 2 000 milliards de dollars (environ 1 860 milliards d’euroshausse de 11 % sur un an. Les capacités suivent : selon l’IATA, le trafic aérien international (RPK) et la capacité (ASK) ont augmenté de 7 % entre janvier et juin 2025, tandis que les taux d’occupation hôteliers mesurés par STR sont restés élevés, à 69 % en juin 2025 et 71 % en juillet. L’élan a donc bien progresé, ou plutôt a progresé.

Régions et pays : Afrique en tête, Asie Pacifique en rebond, Europe en volume

Les performances sont contrastées. En Afrique, les arrivées ont grimpé de +9 % au T1 2025 par rapport à 2024, et dépassent de +16 % 2019. L’Asie Pacifique a rebondi de +12 % au T1, pour atteindre 92 % des niveaux de 2019, avec des résultats marquants en Asie du Nord Est (+23 %). Les Amériques affichent +3 % au S1 2025, tirées par l’Amérique du Sud (+14 %) quand l’Amérique du Nord et les Caraïbes sont stables (0 %). Le Moyen Orient recule de 4 % au S1 2025, mais reste 29 % au-dessus de 2019 après un rebond exceptionnel.

En Europe, 125 millions de touristes au T1 (+2 % vs 2024) confirment la domination en volume. Les sous-régions évoluent différemment : Europe centrale et orientale +8 % au T1 (mais encore en deçà de 2019) ; Europe méridionale méditerranéenne +2 %. Côté pays, les plus fortes hausses au S1 2025 reviennent au Japon et au Vietnam (+21 %), au Maroc (+19 %), à la République de Corée (+15 %), puis au Mexique et aux Pays Bas (+7 %). La France (jusqu’en mai) et l’Espagne signent aussi +5 %. « Cela nous rappelle également notre grande responsabilité de veiller à ce que cette croissance soit durable et inclusive, et de travailler en ce sens avec toutes les parties prenantes locales », ajoute le secrétaire général.

Quels facteurs de croissance expliquent ces écarts en 2025 ?

Le cadre de fond compte autant que la conjoncture. D’après le Global Travel Report présenté au WTM de Londres, le tourisme mondial devrait croître en moyenne de +3,5 % par an sur dix ans, au-dessus d’un PIB mondial à +2,5 % en projection, pour peser plus de 12 % de la richesse mondiale à l’horizon 2035. On observe aussi un retour aux séjours plus longs, après la période des escapades courtes et fréquentes.

Des moteurs structurels tirent la demande et éclairent les différences régionales :

  • Élargissement de la classe de voyageurs : en 2025, près de la moitié des ménages mondiaux pourraient financer un voyage selon Visa et Oxford Economics ; un tiers de ces voyageurs réaliserait au moins un séjour international annuel, avec plus de 5 300 dollars de dépenses sur place (environ 4 930 €).
  • Marchés émergents en essor : leurs dépenses pèseraient 45 % des 1,5 trillion de dollars de revenus du tourisme transfrontalier en 2025 (environ 1 395 Md€). Les Chinois atteindraient 255 Md$ (environ 237 Md€), devant les États Unis à 134 Md$ (environ 125 Md€) ; le Canada à 31 Md$ (environ 29 Md€).
  • Vieillissement des voyageurs : les 65 ans et plus compteraient pour 13 % des voyages internationaux en 2025, avec des séjours plus longs et un panier plus élevé, y compris pour le tourisme médical décrit comme en forte expansion.
  • Connectivité accrue : plus de 2 500 nouvelles routes aériennes en cinq ans et 340 aéroports prévus d’ici 2025 facilitent les liaisons, pendant que la généralisation du numérique fluidifie le choix et l’achat.

Reste la question prix et confiance. Les experts interrogés par ONU Tourisme pointent des coûts élevés de transport et d’hébergement, une inflation touristique attendue à 6,8 % en 2025 (après 8 % en 2024), et des tensions qui pèsent sur la demande. L’indice de confiance s’améliore néanmoins pour septembre à décembre 2025, à 120 (contre 114 pour mai à août), et la prévision annuelle demeure sur une hausse des arrivées de 3 % à 5 %. Pour l’heure, la dynamique reste bien orientée.