Anduril et EDGE révolutionnent la défense : des drones IA produits localement aux Émirats d'ici 2028, un projet à 1 milliard de dollars

Par Paul Graph - Publié le

Anduril s'associe à EDGE Group pour produire des drones intelligents aux Émirats arabes unis. Avec un centre R&D à Abou Dhabi, la production vise 2028.

Anduril et EDGE révolutionnent la défense : des drones IA produits localement aux Émirats d’ici 2028, un projet à 1 milliard de dollars

A quelques jours du salon aéronautique de Dubai, un acteur majeur de la tech-défense s’ancre au cœur du Golfe. L’américain Anduril s’allie à EDGE Group pour concevoir et fabriquer sur place une nouvelle génération de drones à intelligence artificielle aux Émirats arabes unis.

La coentreprise lancera d’abord Omen, un aéronef autonome à décollage et atterrissage vertical, avec un centre de R et D de 4 600 m² à Abou Dhabi. Les Émirats doivent acquérir les 50 premiers exemplaires, et l’entrée en production est visée d’ici fin 2028. La barre est haute.

Anduril et EDGE aux Émirats arabes unis, une production locale de drones IA

Pensé pour opérer sans piste, Omen est léger, autonome à longue portée et capable de décoller puis d’atterrir à la verticale. Sa configuration hybride facilite le déploiement en zones de guerre ou dans des régions sinistrées, tout en acceptant des charges utiles variées. La commande initiale de 50 systèmes par les forces émiraties sécurise la rampe industrielle.

Objectif affiché, remplacer des plateformes plus lourdes sur des missions spécialisées. « Il s’agit de bouleverser le domaine des patrouilles maritimes et des avions de missions spéciales, des systèmes bien plus lourds que nous visons à remplacer », a déclaré Shane Arnott, vice-président d’Anduril, lors d’une conférence de presse, selon BFMTV. Pour soutenir le programme Omen, Abou Dhabi investit près de 200 millions de dollars, soit environ 185 M€ , tandis qu’Anduril y a déjà consacré 850 millions de dollars, environ 780 M€ . L’accord donne aussi à EDGE l’accès à Lattice AI, la plateforme d’Anduril qui permet de contrôler en temps réel plusieurs appareils autonomes, et s’inscrit dans une coopération annoncée en mai lors de la visite du président américain Donald Trump.

Omen VTOL et Lattice AI, ce qui change

Au cœur du dispositif, Lattice AI agrège les données et coordonne des essaims de drones en temps réel. L’idée est d’assurer des patrouilles maritimes, des missions spéciales ou un relais de communications en contexte dégradé, avec un coût et une empreinte logistique réduits par rapport à des avions dédiés. L’entrée en production d’Omen est visée d’ici fin 2028 depuis le site de 4 600 m² à Abou Dhabi, avec une montée en puissance opérationel pour des usages défense et secours.

Le mouvement s’inscrit dans une stratégie mondiale. Le drone de combat Fury a réalisé son premier vol le 31 octobre aux États-Unis dans le cadre du programme CCA de l’US Air Force, avec des performances annoncées de 2,3 tonnes au décollage, Mach 0,95 et des vols jusqu’à 15 km d’altitude ; Anduril évoque un démarrage de production possible dès 2026 dans son usine Arsenal 1 de 465 500 m². En Europe, le partenariat avec Rheinmetall en Allemagne suscite un débat sur la souveraineté industrielle. En Asie, Taïwan a conclu avec Anduril la coproduction du missile Barracuda 500 et d’un drone sous-marin, avec un objectif résumé par Li Shih-chiang : « Notre objectif est de pouvoir fabriquer toutes les armes dont nous avons besoin pour nous protéger en cas de guerre, voire de blocus ».