La coopération franco-ukrainienne : comment Paris et Kiev révolutionnent les technologies militaires avec des drones innovants

Par Paul Graph - Publié le

La visite de Zelensky à Paris le 17 novembre 2025 marque un tournant dans la coopération militaire franco-ukrainienne. Quels projets stratégiques sont en jeu?

La coopération franco-ukrainienne : comment Paris et Kiev révolutionnent les technologies militaires avec des drones innovants

À Paris, l’agenda s’accélère aujourdhui autour des drones : la visite de Volodymyr Zelensky, lundi 17 novembre, sert de tremplin à une coopération franco ukrainienne très ciblée sur les technologies militaires, autour d’Emmanuel Macron. Derrière les portes de l’Élysée, l’objectif est clair, mais les détails se précisent encore.

La France part de loin sur les drones, et le gouvernement veut accélérer. En début d’année, Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées, fixait la barre : « Faire en sorte qu’en 2029-2030, nous ayons, non pas rattrapé le retard, mais fait un saut technologique d’une génération pour se remettre complètement au goût du jour et être capable de conquérir un certain nombre de marchés », a déclaré Sébastien Lecornu, selon BFMTV. Avec la neuvième venue de Volodymyr Zelensky en France depuis 2022, l’Élysée entend montrer des résultats concrets. La prochaine étape se prépare.

Drones français en Ukraine : ce que Paris prépare avec Kiev

Le programme comprend plusieurs séquences, de la base de Villacoublay à l’état-major de la « force multinationale Ukraine » avant une conférence de presse commune. La présidence met le cap sur la défense et l’armement pour rapprocher l’armée ukrainienne des standards Otan. Objectif : « mettre l’excellence française en matière d’industrie d’armement au service de la défense de l’Ukraine », a fait savoir la présidence française, selon TF1 Info.

Les deux dirigeants doivent aussi se retrouver à l’Élysée pour un échange bilatéral consacré aux garanties de sécurité et aux besoins capacitaires de Kiev. Dans l’écosystème français, plusieurs acteurs du drone avancent leurs solutions, dont Parrot, ex champion européen du loisir, et Alta Ares, qui a commencé à produire des drones intercepteurs. L’ensemble doit nourrir une montée en gamme des drones français en Ukraine, avec des réponses très concrètes aux menaces aériennes et à la guerre électronique.

Usine et mur de drones : Turgis et Gaillard, Renault, Atreyd

Un projet d’usine en Ukraine est porté par Turgis et Gaillard, avec l’appui du ministère des Armées. Le ministère des Armées a sollicité Renault pour participer au montage, mais le constructeur automobile reste prudent tant que l’usine franco ukrainienne n’est qu’au stade d’étude. L’objectif : produire localement des familles de drones et accélérer la cadence, tout en capitalisant sur le retour d’expérience du front.

Sur le volet défensif, la société française Atreyd, fondée par Jean-Marc Pizano, a livré à l’Ukraine un mur de drones, un essaim formant un rideau destiné à intercepter les attaques. Atreyd met en avant un coût par interception de « quelques milliers de dollars par interception », a indiqué l’entreprise dans Business Insider. Soit l’équivalent de quelques milliers d’euros. Sur le terrain, l’enjeu de saturation reste central : l’armée russe lance des salves massives, et la dernière attaque de la nuit du 14 novembre a fait au moins quatre morts à Kiev. Moscou a par ailleurs affirmé que « Environ huit drones ont été dirigés, cela ne fait aucun doute, vers la centrale nucléaire de Novovoronej », déclare Alexeï Likhatchev, selon TF1 Info. Les drones ont été abattus, mais « certains débris sont tombés et ont endommagé le dispositif de distribution », a-t-il ajouté.