Industrie française : les investissements se multiplient, Sanofi et Urgo en tête, selon le ministre
Le ministre de l'Industrie, Sébastien Martin, affirme que les investissements industriels en France se poursuivent malgré les turbulences. Le sommet Choose France – Édition France dévoilera de nouvelles annonces d'implantations et d'extensions le 17 novembre à Paris.

« Oui, l’industrie française traverse des turbulences », a reconnu Sébastien Martin, selon La Tribune Dimanche.
Lundi 17 novembre, la première édition de Choose France Édition France réunit à la Maison de la Chimie, à Paris, l’écosystème industriel tricolore autour d’annonces d’implantations et d’extensions. Le Premier ministre doit détailler la liste des projets, des tables rondes sont prévues avec plusieurs ministres, avant un dîner à l’Élysée avec le chef de l’État. Reste à savoir où vont les capitaux, et à quelles conditions.
Choose France Édition France : les perspectives d’investissement selon Sébastien Martin
« Au contraire : les investissements continuent, les implantations industrielles se multiplient, et le solde reste positif », a-t-il assuré. Le ministre fixe un cap de réindustrialisation porté par la souveraineté et la compétitivité, avec un message assumé sur la préférence européenne dans les chaînes de valeur. « Ce sommet illustre notre ambition de faire de la France une nation pleinement souveraine, compétitive et industrielle », a-t-il souligné.
La méthode est locale et opérationnelle. « Ma méthode sera de faire avec les territoires », a-t-il posé. « Nous allons relancer une dynamique de sites industriels clés en main, de vrais sites où l’industriel n’a plus que le permis de construire et son ICPE [installations classées pour la protection de l’environnement] à déposer », a-t-il précisé. Côté leviers budgétaires, cap sur la CVAE dont la suppression suit sa trajectoire d’ici 2028, volonté de prolonger le crédit d’impôt pour l’industrie verte et soutien renforcé à la décarbonation pour donner de la visibilité aux entreprises jusqu’en 2027.
Sanofi, Urgo, ArcelorMittal : projets, chiffres et conditions
Des exemples concrets jalonnent la feuille de route. « D’ici à fin 2026, Sanofi va poursuivre des projets d’envergure dans plusieurs territoires pour moderniser son outil industriel à hauteur de 700 millions d’euros et développer de nouveaux équipements dans l’intelligence artificielle pour 300 millions d’euros« , a-t-il détaillé. « Au sein de son site du Trait [Seine-Maritime], Sanofi a récemment investi 48 millions d’euros afin de poursuivre la modernisation et la transformation de son outil industriel avec un nouveau bâtiment consacré aux biotechnologies », a-t-il ajouté.
Le mouvement s’illustre aussi chez Urgo : « Urgo a aussi annoncé un investissement de 60 millions d’euros pour la construction de son cinquième site industriel français, à Andrézieux-Bouthéon [Loire], qui permettra de créer 200 emplois directs et 115 emplois indirects », a indiqué le ministre. Sur l’acier, « Ce grand industriel continue à faire le choix de la France », a-t-il dit à propos d’ArcelorMittal, tout en fixant deux prérequis pour son projet à Dunkerque : « la clause de sauvegarde doit être transposée après avoir été présentée, et le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) doit aussi être ajusté », a-t-il précisé. « J’ai bon espoir que tout cela se dénoue d’ici à la fin de l’année », a-t-il ajouté. Côté automobile, l’échéance 2035 reste un signal pour l’électrique, « mais nous sommes ouverts à des flexibilités », a-t-il expliqué, en défendant des pièces et sous-traitants européens. « Nous sommes ouverts aux capitaux étrangers. Dans le même temps, nous avons multiplié par quatre le nombre de contrôles des investissements directs étrangers », a-t-il rappelé. Quant à Lauak, « l’opération est examinée par Bercy ». Aujourdhui, la ligne est claire : protéger l’appareil productif et accélérer les projets sur le terrain.








