À Lyon, 13 000 logements vacants : la coopérative solidaire qui pourrait tout changer pour les plus précaires
À Lyon, près de 13 000 logements restent vacants depuis plus de deux ans. La Métropole et SNL lancent une foncière solidaire pour transformer ces espaces en logements sociaux.

Dans la Métropole de Lyon, la file d’attente pour un toit s’allonge alors que des milliers d’appartements restent vides. Sur un territoire d’1,4 million d’habitants, près de 13 000 logements ne sont plus occupés depuis plus de deux ans selon l’institut Novak, cité par la collectivité, des chiffres à manier avec prudence d’après Bruno Bernard. L’accès au logement social, lui, demeure un parcours du combattant.
Une réponse portée par les acteurs locaux prend forme. La Métropole de Lyon et Solidarités Nouvelles pour le Logement s’apprêtent à créer la Coopérative Logement d’Abord, une foncière solidaire au statut SCIC chargée d’acheter des logements vacants du parc privé, de les rénover puis de les louer à des ménages très précaires, pour des baux d’environ trois ans. Un changement d’échelle est attendu.
À Lyon, des logements vacants et la Coopérative Logement d’Abord
Les diagnostics diffèrent selon les périmètres et méthodes. UrbaLyon évalue à environ 6 400 le nombre de logements durablement vacants en 2022 sur le territoire élargi, soit près de 1,04 % du parc privé. À l’échelle de la ville de Lyon, plus de 5 600 logements vacants ont été recensés en 2024, une hausse en partie liée au passage d’un comptage par fichier Lovac à une déclaration numérique par les propriétaires, pas toujours familiers des outils. S’ajoute la vétusté du bâti, avec une forte part d’avant 1919.
La nouvelle SCIC opérera dans le tissu urbain existant : repérer, acquérir, réhabiliter et gérer les biens remis en location sociale. Objectif d’implantation, accompagnement social et loyers conventionnés cadrent l’ensemble. « des logements situés dans le tissu urbain existant pour en assurer ensuite la gestion », a précisé la métropole de Lyon, citée par Le Figaro Lyon.
Foncière solidaire à Lyon, financement, critères et partenaires
Chaque logement fera l’objet d’un diagnostic complet et d’une rénovation avant location. « Les logements seront conventionnés et viseront une performance énergétique de niveau BBC rénovation, ou un gain d’au moins deux classes au DPE pour les logements en copropriété », précise la métropole de Lyon. « L’objectif est de créer un effet levier incitant d’autres propriétaires à mettre leur patrimoine vacant au service du logement social », poursuit la collectivité.
Le tour de table combine fonds publics et capitaux solidaires. La Métropole apporte 1,3 M€, un montant égalé par les partenaires, avec près de 14 M€ mobilisables jusqu’en 2028 pour l’acquisition, la rénovation et la mise en exploitation, selon Lyon-Entreprises et Le Figaro Lyon. Aux côtés de SNL figurent des investisseurs et bailleurs comme Crédit Mutuel, Batigère, la Fédération des coopératives d’HLM, Rhône Saône Habitat, le Groupe Arcade (Société française d’habitations économiques) et Vilogia, ainsi que douze structures du territoire, dont Alynea, Habitat et Humanisme Rhône, la Fondation Aralis, la Fondation Armée du Salut, Le Mas, Les Foyers Matter et Un Chez-Soi d’abord Lyon. La foncière sera agréée en maîtrise d’ouvrage d’insertion et bénéficie d’un soutien de la Banque de Développement du Conseil de l’Europe. Le vote de création est inscrit à l’ordre du jour du conseil métropolitain du 17 novembre 2025.
Le dispostif s’appuie sur plus de 35 ans d’expérience de SNL. En Île-de-France, « 100% des logements rénovés sont dédiés à des ménages en situation de précarité dont 44% sont des familles monoparentales », avance l’organisation. À Lyon, le débat politique reste vif autour de la contrainte. « la loi ne permet pas aujourd’hui de réquisitionner les logements vacants », a reconnu Bruno Bernard. Face à cette limite juridique, la candidate LFI Anaïs Belouassa-Cherifi a relancé l’option inverse : « À Lyon, il y a environ 5 600 logements vacants dans… », a déclaré la députée, qui plaide pour la réquisition. La Métropole privilégie ici la voie du volontariat, en complément d’autres politiques locales comme Louer solidaire et la lutte contre l’habitat indigne, tandis que la loi Climat et Résilience et l’interdiction progressive de louer les logements classés G risquent d’augmenter la vacance sans rénovation.







